C’est une page qui se tourne. Après l’examen cet après-midi, et le rejet plus que probable des deux dernières motions de censure de LFI et le RN, le budget devrait enfin être adopté à l’Assemblée nationale. Sébastien Lecornu voit enfin la lumière au bout du tunnel, et s’apprête à se consacrer à de nouveaux dossiers, en attendant la présidentielle de 2027. Premier changement en ligne de mire : un léger remaniement du gouvernement, à commencer par la ministre de la Culture Rachida Dati, qui a annoncé son intention de se dédier à la campagne municipale à Paris. Mais ce n’est pas tout.
Calmer l’ire agricole
Celui qui a essuyé des mobilisations agricoles, pour dénoncer la signature du traité avec le Mercosur et la stratégie de lutte contre l’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse, va devoir se consacrer au projet de loi d’urgence agricole. Annoncé mi-janvier, le texte, réclamé par de nombreux syndicats, s’articulera autour de plusieurs priorités : l’eau, la prédation et les moyens de production. Il devrait être présenté à l’issue du salon de l’Agriculture, qui s’achèvera le 1er mars, pour un débat au Sénat en mai ou juin, indique une source parlementaire.
Budget de la défense
Autre sujet brûlant pour l’ex-ministre des Armées : l’actualisation de la loi de programmation militaire 2024-2030. Sa successeure, Catherine Vautrin, a déclaré en décembre que le texte devrait être présenté au Parlement « au premier trimestre 2026 ». Il prévoit une rallonge budgétaire de 3,5 milliards d’euros en 2026, pour un effort total de 36 milliards d’euros sur la période, conformément au souhait d’Emmanuel Macron. La question de la défense a d’ailleurs fait l’objet d’un débat, en vertu de l’article 50-1 de la Constitution, devant les deux Chambres.
Lutter contre le narcotrafic
Réactivée par l’assassinat du frère d’Amine Kessaci, la lutte contre le narcotrafic doit faire l’objet d’un « plan de douanes massifs » dans les ports et les aéroports. A l’occasion d’une réunion interministérielle, Emmanuel Macron a demandé à Sébastien Lecornu et la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, de « rendre ce plan dans un mois ».
Fin de vie
Sur la table, le dossier de la fin de vie devrait aussi occuper le Premier ministre. Une proposition de loi qu’Emmanuel Macron entend également voir entériner d’ici le terme de son mandat. Celui-ci se découpe en deux volets : l’un sur les soins palliatifs, le second sur l’introduction d’une aide à mourir. Si le premier fait relativement consensus au Parlement, le second a agité la Chambre haute. Après le détricotage de la copie par le Sénat, le texte doit repartir à l’Assemblée en février. Yaël Braun Pivet espère une adoption définitive « avant l’été », a-t-elle indiqué lors de sa cérémonie de vœux le 22 janvier.
L’avenir de la Nouvelle-Calédonie
Au menu également : la Nouvelle-Calédonie. Dans le sillon de l’accord de Bougival, signé le 12 juillet 2025, un nouvel accord dit « Elysée-Oudinot » a été conclu le 19 janvier dernier. Cette étape doit relancer le processus d’évolution institutionnelle dans l’archipel, au point mort depuis plusieurs mois, avec le retrait du principal mouvement indépendantiste, le FLNKS, des discussions. Avec cet accord, le gouvernement espère l’adoption d’un projet de loi constitutionnelle au printemps. Celui-ci devrait être examiné au Sénat fin février, avant sa présentation à l’Assemblée, puis au Parlement réuni en Congrès à Versailles en mars ou en avril. Dans une audition devant les sénateurs le 22 janvier, la ministre des Outre-Mer, Naïma Moutchou, a indiqué que les élections provinciales, déjà reportées à juin, devront se tenir « avant la fin de l’année ». Le calendrier s’annonce ainsi chargé.
Un nouveau plan logement
Le 23 janvier, Sébastien Lecornu a annoncé l’inauguration d’un plan « Relance logement », « l’une des premières préoccupations des Français », lors d’un déplacement à Rosny-sous-Bois, aux côtés de son ministre du logement, Vincent Jeanbrun. Ce dispositif ambitionne de construire deux millions de logement d’ici 2030, dont 125 000 dans le parc social. Le gouvernement table ainsi sur la construction de 400 000 logements par an.
Consacrer « le grand acte de décentralisation »
Dernier dossier sur la pile, et pas des moindres : « le grand acte de décentralisation » promis par le locataire de Matignon aux collectivités territoriales, à sa nomination en septembre. Une voie soutenue par le Sénat, et son président, Gérard Larcher, qui a fait parvenir à Sébastien Lecornu une contribution de la Chambre haute. En novembre, au congrès des maires, le Premier ministre a dessiné les contours d’un méga-décret, censé simplifier la vie des élus locaux. Le calendrier du projet de loi de décentralisation reste, pour l’heure, assez flou. Dans un entretien au Télégramme le 16 décembre, la ministre de l’Aménagement du territoire, Françoise Gatel, imaginait une finalisation du texte « en début d’année ».