Fin du droit du sol à Mayotte : Défavorable à la mesure, Rachid Temal demande un « Plan Marshall »
Ce 11 février, le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin a annoncé une révision constitutionnelle pour supprimer le droit du sol dans le département de Mayotte. Une mesure qui accède aux demandes de l’extrême droite et qui ne s’attaque pas au problème de fond selon le sénateur socialiste du Val d’Oise, Rachid Temal.
« Objectivement, c’est une honte ce qu’il se passe », s’indigne Rachid Temal (PS) après l’annonce de Gérald Darmanin de modifier la constitution pour remettre en cause le droit du sol à Mayotte. Le département français est confronté à des flux migratoires massifs en provenance de l’archipel des Comores. Le droit du sol permet à un enfant né en France de parents étrangers de demander la nationalité française à sa majorité s’il a résidé au moins 5 ans sur le territoire national entre l’âge de onze ans et sa majorité. Depuis 2018, Mayotte fait déjà l’objet d’une exception. Pour bénéficier du droit du sol, les parents de l’enfant né à Mayotte doivent avoir été présents en France de manière régulière depuis au moins trois mois.
« Ne faisons pas croire comme essaye l’extrême droite qu’il suffit d’être né en France pour obtenir un passeport »
« Je ne vois pas de raison de voter cette disposition-là », explique le sénateur du Val d’Oise qui reconnaît néanmoins l’existence d’une situation difficile à Mayotte. Alors que l’exécutif a annoncé vouloir entamer une révision de la Constitution pour appliquer cette restriction du droit du sol, Rachid Temal dénonce des « effets d’annonce » et partage ses doutes sur les chances du projet d’aboutir. Considéré comme une rupture d’égalité entre les citoyens français, le sénateur socialiste souligne que cette mesure « ravit surtout la droite et l’extrême droite ». Un choix « superflu, pour ne pas dire dangereux ». Pour modifier la Constitution, les deux assemblées doivent voter le texte dans les mêmes termes, la proposition doit ensuite être votée à la majorité des ⅗ par le Congrès. L’autre solution consiste à organiser un référendum.
« Ne faisons pas croire comme essaye l’extrême droite qu’il suffit d’être né en France pour obtenir un passeport », prévient Rachid Temal. Sans majorité, le gouvernement pourrait avoir du mal à faire voter le texte dans les mêmes termes à l’Assemblée nationale et au Sénat. Par ailleurs, la majorité à la chambre haute avait fortement remanié le texte sur l’immigration pour y introduire des dispositions relatives à la restriction du droit du sol, en décembre dernier. Le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau, a saisi l’occasion pour demander une véritable refonte du droit du sol au niveau national.
Rachid Temal demande à prendre en compte la « question économique et sociale »
Le sénateur socialiste a également appelé le gouvernement à prendre en compte la situation à Mayotte de manière globale, et d’apporter une réponse à la « question économique et sociale ». Si ce dernier affirme qu’il faut « évidemment être très dur sur l’immigration », Rachid Temal estime qu’il ne s’agit « pas que d’une question sécuritaire ». L’élu du Val d’Oise plaide également pour un « Plan Marshall pour Mayotte ». « Il y a unequestion de services publics de qualité à Mayotte que nous ne rendons pas et c’est scandaleux pour la République », assure Rachid Temal. En effet, l’Etat rencontre des difficultés à remplir ses missions dans le département de l’océan Indien.« Il n’y a pas d’eau potable pour tout le monde », rappelle le sénateur socialiste qui attire l’attention sur l’extrême précarité des habitants de l’île et de l’archipel des Comores. « A Mayotte, les enfants vont à l’école soit le matin, soit l’après-midi et n’ont pas d’école pendant la journée, parce qu’ils n’ont pas assez de locaux », rapporte Rachid Temal.
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.
Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.