Visite de Bruno Le Maire en Guadeloupe
Minister of Economy, Finance and Industrial and Digital Sovereignty Bruno Le Maire during a visit of France's Caribbean island of Guadeloupe Visite du Gd Port Maritime de Guadeloupe Caraibes//SCHEIBER_simax1332/Credit:MOREL-SIMAX/SIPA/2305251710

Financement de campagne : une enquête ouverte contre le micro parti de Bruno Le Maire

En 2016, alors candidat à la primaire LR, Bruno Le Maire avait lancé un micro parti « Avec BLM » pour financer sa campagne. Or, comme le révèle Mediapart, certains prêts n’ont pas été remboursés et pourraient s’apparenter à des dons déguisés. Ce qui est interdit par le code électoral. Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

C’est une affaire qui pourrait fragiliser un peu plus le gouvernement. Le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire est dans le viseur de la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE)

Comme le révèle Mediapart ce lundi, une enquête a été ouverte par le parquet de Paris pour des factures non réglées par son micro parti « Avec BLM » crée en vue de la primaire LR 2016, au cours de laquelle Bruno Le Maire avait fini cinquième avec 2,4 % des voix. Son micro parti avait à l’époque récolté 2 millions d’euros.

Après cet échec cuisant, Bruno Le Maire a eu du mal à éponger les dettes de ce microparti, mis en sommeil après les échéances électorales. Mediapart précise que, sur « plus d’une dizaine » de prestataires non payés, les plus grosses dettes annulées émanent de deux spécialistes de la communication politique : Experian (facture de 24.990 euros non réglée) et Catch Digital Strategy (9.000 euros). Interrogé par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), le microparti avait notamment justifié les dettes annulées par le dépassement du délai de prescription légal de cinq ans. En effet, selon l’article L52-7-1 du code électoral, la durée des prêts ne peut excéder cinq ans. Le candidat bénéficiaire doit adresser chaque année à la CNCCFP un état du remboursement du prêt.

Les enquêteurs vont donc devoir déterminer si ces dettes annulées ne sont pas des dons illégaux. Une enquête a été ouverte pour « participation au financement d’un parti politique par une personne morale par dons ou fourniture d’avantages à un prix inférieur à ceux habituellement pratiqués » et pour « acceptation par le parti politique de ces mêmes avantages », a précisé le parquet. Ces infractions sont passibles de trois ans d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende, conformément à l’article L113-1 du code électoral.

Des investigations qui tombent au plus mal pour le ministre qui a récemment présenté un cap budgétaire destiné à désendetter la France en réduisant ses dépenses publiques. D’autant qu’elles s’ajoutent à une liste déjà fournie de piliers de la majorité visés par des enquêtes judiciaires.

Plusieurs figures proches du Président, du secrétaire général de l’Elysée Alexis Kohler au garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti en passant par le ministre des Armées Sébastien Lecornu ou François Bayrou, sont mises en cause dans d’autres dossiers pénaux.

Le ministre du Travail, Olivier Dussopt sera notamment jugé du 27 au 30 novembre prochains pour favoritisme, soupçonné d’avoir arrangé l’attribution d’un marché public daté de 2009-2010 au groupe de traitement de l’eau Saur lorsqu’il était maire d’Annonay (Ardèche).

Les comptes de campagnes électorales du président Emmanuel Macron, lui-même, intéressent aussi la justice : deux informations judiciaires ont été ouvertes par le Parquet national financier (PNF) sur des soupçons de financement illégal de ces campagnes et sur les liens entre des proches du président et des membres du cabinet de conseil McKinsey, qui auraient pu œuvrer gratuitement lors de la campagne présidentielle de 2017.

 

 

 

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Paris : Emergency closed-door meeting political party leaders organised by Macron
3min

Politique

Présidentielle 2027 : les Écologistes reportent l'heure du choix à décembre, Marine Tondelier toujours en lice

Réunis en conseil fédéral, les Écologistes ont adopté, selon le résultat communiqué lundi 21 septembre, à 69,44 %, une motion actant un vote des adhérents en décembre sur leur stratégie présidentielle. D’ici là, Marine Tondelier reste la candidate du parti, tandis que la direction ouvre des négociations avec les autres forces de gauche.

Le

Blois: Olivier Faure closes the Socialist Party s Summer University
7min

Politique

Glucksmann qualifié de « stagiaire » par Ségolène Royal : la primaire est-elle une machine à perdre ?

La campagne de la primaire PS/Place Publique a à peine commencé, et déjà le piège de la division apparaît. Ségolène Royal a usé d’un qualificatif peu amène à l’encontre du favori, Raphaël Glucksmann. Elle a été rappelée à l’ordre par la commission d’organisation de la primaire. C’est toute la dualité de ce processus de sélection « censé lancer une dynamique » d’un camp tout en « maximisant les divisions », note Pierre-Nicolas Baudot, politiste, spécialiste de la gauche.

Le

Financement de campagne : une enquête ouverte contre le micro parti de Bruno Le Maire
9min

Politique

« Faire la transition vers une IA durable constitue un impératif environnemental, mais peut aussi devenir un facteur de compétitivité pour la France », selon un rapport du Sénat

Consacré à l’empreinte environnementale de l’IA et dans la continuité des travaux de 2020 de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable, le Sénat publie ce lundi 21 septembre les conclusions de son rapport présenté par les rapporteurs Guillaume Chevrollier (LR), Damien Michallet (LR) et Simon Uzenat (PS).

Le