Marine Le Pen a ouvert la porte à une « réflexion » au sein du FN sur la question de la sortie de l’euro. Une question qui, selon elle, a « inquiété considérablement les Français » lors de sa campagne. Florian Philippot a, lui, encore menacé de quitter le parti si la reprise en main de la souveraineté monétaire était abandonnée.
FN : l’euro de la discorde
Marine Le Pen a ouvert la porte à une « réflexion » au sein du FN sur la question de la sortie de l’euro. Une question qui, selon elle, a « inquiété considérablement les Français » lors de sa campagne. Florian Philippot a, lui, encore menacé de quitter le parti si la reprise en main de la souveraineté monétaire était abandonnée.
« J'ai bien conscience que le sujet de l'euro a inquiété considérablement les Français, de manière presque irrationnelle, c'est un fait ». Le mea culpa de Marine Le Pen, hier soir sur TF1, semble être le prélude à de fortes turbulences au sein du Front National. Mettant fin au suspense de sa candidature à l’élection législative d’Hénin-Beaumont, la présidente frontiste en a aussi profité pour battre sa coulpe sur les « ratés » de l’entre-deux-tours. Son débat avec Emmanuel Macron ? « Raté », justement selon elle, mais aussi trop « abrupt », avec « peut-être trop de fougue, trop de passion ».
Sur le fond, l’eurodéputée a aussi esquissé un possible revirement à venir sur cette question épidermique de la sortie de l’euro, déjà amendée dans la précipitation après l’accord de gouvernement conclu avec Nicolas Dupont-Aignan, une semaine avant le second tour. « La transition de la monnaie unique à la monnaie commune européenne n’est pas un préalable à toute politique économique » soulignait le projet d’accord. « Nous aurons une monnaie nationale comme tous les autres pays et nous aurons ensemble une monnaie commune. Voilà, c'est aussi simple que ça (...) Moi, je pense que l'euro est mort » avait, par la suite, explicité la candidate dans le journal Les Échos. Un « entre-deux » difficilement compréhensible et loin d’être payant une semaine plus tard dans les urnes.
« Ça voudrait dire que le Front National deviendrait européiste, fédéraliste (…) c’est inimaginable »
Par conséquent jeudi soir, Marine Le Pen, annonce qu’une « réflexion », une « discussion » sur le sujet de la souveraineté monétaire seront au programme du prochain congrès du FN qui se tiendra après les législatives. Le vice-président du FN, Florian Philippot pourfendeur de la monnaie unique a déjà menacé de quitter le parti si la question était abandonnée, réitère l’ultimatum ce vendredi (voir la vidéo). « (Garder l’Euro) ça voudrait dire que le Front National deviendrait européiste, fédéraliste (…) c’est inimaginable parce que sinon ce n’est plus le Front National » a-t-il affirmé.
Philippot finit par dire qu'il partira si l'euro est retiré du programme du Front national
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Sur Europe 1, l’ex-directeur de campagne de Marine Le Pen, le sénateur FN, David Rachline a affirmé quant à lui qu’il n’était « pas le partisan de la monnaie des banques (l’Euro), qui cause de graves problèmes », mais était « partisan de la monnaie de l'emploi ».
« Il y a une nécessité, c'est d'entendre le message des Français, nous n'avons pas réussi à les convaincre »
À l’instar du député Rassemblement Bleu Marine, Gilbert Collard, qui souhaite mettre la question de la souveraineté monétaire de côté, Nicolas Bay, secrétaire général du Front National, a estimé ce vendredi qu’il ne fallait « pas que cette proposition apparaisse comme centrale dans notre projet ». « On peut évoluer sur cette question-là. Il y a une nécessité, c'est d'entendre le message des Français, nous n'avons pas réussi à les convaincre » a-t-il ajouté.
« Florian Philippot montre, pour le moment, qu’il est prêt au rapport de force »
« Globalement au Front National, personne n’aime l’Euro. Après, c’est simplement une question de hiérarchie. Il se trouve qu’électoralement c’est une question très risquée note le journaliste Dominique Albertini coauteur d’« Histoire du Front national » (ed. Tallandier) « Marine Le Pen est obligée de constater que malgré des années de campagnes centrées autour de ce point, l’opinion n’a pas été convaincue. De son côté, Florian Philippot montre, pour le moment, qu’il est prêt au rapport de force. On verra lors du prochain congrès s’il est prêt à s’adapter ».
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