FN: Le Pen sanctionne Philippot en lui retirant des responsabilités
Nouveau cran majeur dans le conflit au FN: Marine Le Pen a retiré mercredi à Florian Philippot son portefeuille de la stratégie...

FN: Le Pen sanctionne Philippot en lui retirant des responsabilités

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Public Sénat

Par Guillaume DAUDIN

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Nouveau cran majeur dans le conflit au FN: Marine Le Pen a retiré mercredi à Florian Philippot son portefeuille de la stratégie et de la communication en le maintenant vice-président, le sanctionnant pour avoir refusé de quitter la tête de son association "Les Patriotes."

La décision est tombée en soirée, via un communiqué: la présidente du parti a "décidé" ne lui laisser qu'une vice-présidence "sans délégation", ce qui le laissera membre de droit des plus hautes instances du parti.

Motif affiché de la sanction: le refus de M. Philippot de "mettre un terme au conflit d'intérêts résultant de sa double responsabilité de vice-président du FN chargé de la stratégie et de la communication et de président de l’association politique +les Patriotes+" lancée mi-mai dans la foulée de la présidentielle.

Quelques minutes plus tôt, M. Philippot avait campé sur sa position sur CNews, refusant de "quitter +Les Patriotes+" ou "renoncer à (s)es convictions" après une dernière mise en garde de Mme Le Pen mercredi matin.

"Et si on veut me démettre et m'empêcher de travailler à la refondation du FN, il faudra le faire. Je le regretterai amèrement", a lancé le vice-président.

L'eurodéputé a dénoncé à la télévision un "prétexte" au moment où, engagé dans un débat de "refondation" depuis la présidentielle, "le FN est en train de changer complètement de ligne, de faire un retour en arrière absolument terrifiant, qui affole des milliers de personnes".

Au-delà du réel conflit de personnes, certains frontistes espèrent affaiblir les options idéologiques défendues par M. Philippot. L'élu de Grand Est est farouchement anti-euro et veut un discours portant aussi bien sur les questions sociales, sociétales que sécuritaires, quand d'autres sont plus libéraux économiquement et plaident pour un parti focalisé sur la lutte contre l'immigration et "l'islamisme".

Mais la sanction est aussi et surtout la suite logique de plusieurs mois de conflit croissant entre la présidente du FN et celui qui était jusque-là considéré comme son bras droit et son alter ego idéologique.

-- Un "divorce" ? --

Lundi, déjà, en bureau politique, Marine Le Pen l'avait mis en garde: "C'est comme un divorce, ça peut se passer bien ou mal. Tu seras triste, je serai triste, mais le Front s'en remettra", avait-elle dit en substance, selon deux participants.

Dans l'entourage de Marine Le Pen, on mettait en avant mercredi soir le caractère "proportionné" de la mesure à l'égard du chef d'orchestre du "marinisme" depuis 2011, principale figure d'ouverture d'un parti qui a tenté ces dernières années de se "dédiaboliser" et obtenu des résultats électoraux croissants avant une présidentielle et des législatives 2017 pas à la hauteur de ses espérances.

"+Marine+ a l'esprit large, elle essaie toujours de trouver un consensus. Mais personne ne comprend la fébrilité de Florian Philippot... Tout le monde a été très patient avec lui mais il ne veut pas faire le moindre geste" et "nie le processus de refondation qui vient de démarrer" et doit aboutir à un congrès en mars, s'est encore agacée cette source à l'AFP.

Céder, s'étranglait au contraire une source proche de l'énarque dans l'après-midi, "serait un suicide politique! Ca veut dire quoi, on doit se prosterner c'est ça ?"

Alors que 14 conseillers régionaux FN de région Grand Est ont aussi contesté, dans un courrier anonyme lundi à la direction du parti, la gestion du groupe FN régional par M. Philippot, sa lieutenante Sophie Montel a cité à l'AFP l'adage : "Quand on veut se débarrasser de son chien, on dit qu'il a la rage".

M. Philippot voit déjà diminuer ces derniers temps le nombre de ses soutiens internes, déjà considéré comme réduit: plusieurs cadres locaux le soutenant comptent rendre leur carte.

"S'il y avait un sondage interne, 90% des frontistes demanderaient le départ de M. Philippot", estime un proche de Marine Le Pen. Rien à voir, assurent plusieurs marinistes, avec Bruno Mégret, le "félon" qui avait quitté le FN en 1998 avec la moitié de ses cadres.

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