Trois jours après la défaite de sa tante Marine Le Pen à la présidentielle, la jeune étoile montante de son parti, Marion Maréchal-Le Pen, 27...
FN: « séisme » au parti, Marion Maréchal-Le Pen se retire un temps de la vie politique
Trois jours après la défaite de sa tante Marine Le Pen à la présidentielle, la jeune étoile montante de son parti, Marion Maréchal-Le Pen, 27...
Par Guillaume DAUDIN et Thibauld MALTERRE
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Publié le
Trois jours après la défaite de sa tante Marine Le Pen à la présidentielle, la jeune étoile montante de son parti, Marion Maréchal-Le Pen, 27 ans, s'éloigne temporairement de la vie politique, affaiblissant l'extrême droite avant les législatives.
"Je regrette profondément", a twitté Marine Le Pen, "désertion", a fustigé Jean-Marie Le Pen, le co-fondateur du Front national et grand-père de la jeune députée, tandis que les militants exprimaient leur inquiétude sur les réseaux sociaux.
La décision de Marion Maréchal-Le Pen de ne pas briguer en juin un nouveau mandat législatif dans le Vaucluse, un des bastions de l'extrême droite dans le sud du pays, s'inscrit dans une lutte d'influence au sein du Front national: la plus jeune députée de France avance souvent des positions plus radicales que sa tante sur les sujets de société, l'identité et l'immigration.
Et certains voyaient en elle une alternative alors que la légitimité interne de Marine Le Pen a été affaiblie par sa défaite sévère face à Emmanuel Macron (élu avec 66,10% des voix), même si elle a rassemblé un nombre historique de suffrages au second tour de la présidentielle (10,6 millions).
"Je sais que ma décision entraînera de l'incompréhension et de la déception pour certains (...) Bien que cela soit un véritable déchirement affectif pour moi, je n'aurais jamais fait ce choix s'il ne m'apparaissait pas juste et nécessaire", explique sur son compte Facebook celle que tous appellent "Marion" au FN, en invoquant des raisons "personnelles et politiques".
Marion Maréchal-Le Pen à Paris, le 29 avril 2017
AFP
Pour autant, "je ne renonce pas définitivement au combat politique", ajoute-t-elle.
Jean-Marie Le Pen a dénoncé mercredi au quotidien Le Figaro la "désertion" de sa petite-fille, "une des vedettes les plus aimées et admirées du mouvement".
Le positionnement libéral-conservateur de la jeune blonde élancée, souriante, catholique pratiquante et proche des milieux traditionalistes et anti-avortement, l'a rendue très populaire, notamment dans le sud de la France.
A plusieurs reprises, la députée, mère d'une petite fille de deux ans, avait laissé poindre son envie de se lancer dans une carrière dans le privé et de passer plus de temps avec sa famille, mais aussi sa lassitude quant aux relations compliquées avec sa tante Marine et avec son éminence grise, le vice-président Florian Philippot.
"Comme dirigeante politique, je regrette profondément la décision de Marion mais hélas, comme maman, je la comprends", a twitté mercredi Marine Le Pen.
- 'Séisme' -
Fin mars, la patronne de l'extrême droite avait affirmé que, si elle était élue présidente, elle ne nommerait pas sa nièce ministre, pour éviter les suspicions de népotisme et à cause de son inexpérience supposée. Elle l'avait aussi jugée "assez raide".
Plusieurs élus du FN ont dit à l'AFP redouter un "séisme" à venir: la jeune élue était vue par beaucoup comme une porte d'entrée sur l'électorat de droite traditionnel, alors que Marine Le Pen a échoué à convaincre les indécis pendant sa campagne présidentielle et notamment les électeurs de droite déçus de l'élimination de leur candidat François Fillon au premier tour.
"Dans le Sud ça va être compliqué, les gens vont pas forcément comprendre", redoute un élu. "On va perdre énormément d'adhérents et de militants qui sont là pour elle", a abondé un autre.
La présidente du FN, Marine Le Pen (G) et sa nièce Marion Maréchal-Le Pen, le 15 octobre 2016 à Nice
POOL/AFP/Archives
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Mais sur les réseaux sociaux, la nouvelle inquiète les partisans du Front national. "Le départ de m'inquiète énormément sur la nouvelle ligne du . À mon avis il ne va pas rester beaucoup de valeurs...", affirme ainsi un twittos.
"Je regrette d'autant plus votre décision (...) que j'espérais que vous prendriez la tête du parti pour y insuffler un peu plus d'intelligence", commente un sympathisant sur la page Facebook de la jeune élue, précisant qu'il va rendre sa carte d'adhérent.
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