L'annulation de la visite de François Fillon au Salon de l'Agriculture a marqué le top départ d'une journée folle durant laquelle se sont...
Folle journée de campagne pour Fillon
L'annulation de la visite de François Fillon au Salon de l'Agriculture a marqué le top départ d'une journée folle durant laquelle se sont...
Par Nadège PULJAK
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Publié le
L'annulation de la visite de François Fillon au Salon de l'Agriculture a marqué le top départ d'une journée folle durant laquelle se sont succédé fausses rumeurs et vrais lâchages, le candidat annonçant lui-même sa prochaine mise en examen et sa volonté d'"aller jusqu'au bout".
08H00: Des dizaines de journalistes et photographes sont massés devant l'entrée du Pavillon 1 du Salon, Porte de Versailles. Le candidat est attendu pour un petit-déjeuner avec des responsables du monde agricole. Ses équipes sont déjà sur place.
08H10: Stupeur quand un communiqué, laconique, annonce que la visite est "reportée". "Un nouveau rendez-vous sera communiqué ultérieurement". L'incrédulité prévaut. "C'est une blague?", demandent des journalistes.
08H15: Le vice-président du parti Laurent Wauquiez apprend la nouvelle en direct sur LCI. "J’attends des explications", bredouille-t-il.
08H20: Jérôme Chartier, fidèle parmi les fidèles de François Fillon, est sur France Inter. Et lui aussi apprend la nouvelle par la presse. "J’espère que ce n’est pas pour une raison de sécurité". "Je ne vais pas me livrer à des spéculations", dit-il, prudent.
Arrive au même moment au Salon Dominique Bussereau. Ce sont les journalistes qui lui annoncent la nouvelle. "J'irai voir les vaches tout seul", lâche l'ancien ministre de l'Agriculture.
Effervescence. Les rumeurs fusent. Fillon va-t-il renoncer ? S'accrocher ? Sur Twitter en milieu de matinée, un faux compte Le Parisien annonce le "retrait" de Fillon au profit de "Baroin"... "Penelope Fillon serait en garde à vue", assure un élu LR. Personne d'autre ne confirme cette "info"... tout aussi fausse que la précédente. "Penelope va très bien, elle est chez elle à Paris", assure l'entourage de l'ex-Premier ministre.
- "Tout ce qu'il ne fallait pas faire" -
François Fillon au salon de l'agriculture à Paris le 1er mars 2017
AFP
Fillon a téléphoné à Nicolas Sarkozy et Alain Juppé. Le maire de Bordeaux précise à l'AFP qu'"à ce stade de la journée", il n'a rien à dire de plus. La formule intrigue. Pendant ce temps, Fillon, à son QG, consulte ses troupes.
09H46: un nouveau communiqué annonce une déclaration à la presse à 12H00. Dès 10H00, les journalistes se ruent devant le bâtiment, sous la pluie.
La veille, Thierry Solère, porte-parole de Fillon, s'est cassé le pied en glissant sur le trottoir. Plâtré jusqu'au genou, il répond au téléphone... mais n'en sait pas plus que les autres.
"Fillon est, comme toujours, très secret", confie un élu LR à l'AFP. Le suspense continue. Le candidat cherche à scénariser la séquence.
Selon des sources LR, certains ténors consultés dans la matinée par le candidat lui ont conseillé de renoncer, notamment Gérard Larcher, président du Sénat et longtemps l'un de ses plus fervents soutiens, et Bruno Le Maire. "C'est à toi de décider", lui dit au téléphone Nicolas Sarkozy. Dans la même veine, Juppé lui lance: "Tu devrais te retirer mais ta décision t'appartient. Je ne ferai rien pour te fragiliser". "Si tu as la force de continuer, il faut réorienter ta campagne", lui conseille Valérie Pécresse.
12H30: fin du suspense. Avec une demi-heure de retard, François Fillon arrive et annonce sa convocation chez les juges le 15 mars, avec prochaine mise en examen. "Je ne céderai pas, je ne me retirerai pas", martèle le candidat, en dénonçant un "assassinat politique".
14H50: Il se rend finalement au Salon de l'Agriculture, entouré d'élus LR. D'autres l'ont déjà lâché en rase campagne: Bruno Le Maire annonce à l'AFP qu'il démissionne de ses fonctions auprès de lui. Motif: François Fillon a renoncé à se retirer comme il l'avait promis en cas de mise en examen, dénonce l'ex-ministre, qui a, lui, "le respect de la parole donnée". Ses proches décident d'en faire autant, notamment Frank Riester et Arnaud Robinet.
"Quel cynisme!", réagit un ténor LR, en rappelant que Le Maire avait lui aussi fait embaucher son épouse comme assistante à l'Assemblée. Le camp Fillon "l'a mauvaise"...
"Mais franchement, ce qu'ils ont fait ce matin chez Fillon, politiquement, c'est tout ce qu'il ne fallait pas faire. Personne n'était au courant. C'est encore une connerie imaginée par Anne Méaux. Fillon a relancé le plan B...", se lamente une source LR.
Fin d'après-midi: nouveau lâchage, l'UDI décide de "suspendre" sa participation à la campagne de François Fillon. La vice-présidente LR de l'Assemblée, la sarkozyste Catherine Vautrin, demande le retrait de Fillon et réclame "un autre candidat".
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