Fonction publique: l’institut Montaigne doute des objectifs de Fillon et Macron
La pleine application des réductions d'effectifs promises par François Fillon et Emmanuel Macron dans la Fonction publique paraît...

Fonction publique: l’institut Montaigne doute des objectifs de Fillon et Macron

La pleine application des réductions d'effectifs promises par François Fillon et Emmanuel Macron dans la Fonction publique paraît...
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

La pleine application des réductions d'effectifs promises par François Fillon et Emmanuel Macron dans la Fonction publique paraît difficilement atteignable, notamment car elle dépend en partie de la politique des collectivités locales, affirme mercredi l'Institut Montaigne.

Le candidat LR à l'élection présidentielle veut supprimer 500.000 postes de fonctionnaires et contractuels en cinq ans, par le non remplacement des départs à la retraite. Le représentant d'En Marche! vise 120.000 départs non remplacés parmi les fonctionnaires d'État et territoriaux.

Selon les calculs de l'Institut Montaigne, l'économie réalisée serait de 14 milliards d'euros à l'issue du mandat de M. Fillon (7,5 milliards réalisés par l’État, 3,1 par les collectivités et 3,4 par le secteur hospitalier) et de 3,17 milliards (1,55 par l’État, 1,62 par les collectivités) du côté de M. Macron.

Toutefois, "ces deux mesures apparaissent ambitieuses" dans la mesure où "leur mise en œuvre risque de se heurter au principe de libre administration des collectivités, garantie par la Constitution", relève l'organisme de réflexion réputé libéral.

L'objectif de M. Macron dans la fonction publique territoriale (environ 70.000 postes supprimés, soit un départ non remplacé sur deux) "semble peu réaliste sans mise en œuvre par l'État de mesure financière ou réglementaire coercitive", ce qu'il a semblé exclure, écrit l'institut.

Il met par ailleurs en garde contre "un recours accru à l'externalisation" ou aux contractuels, qui gommerait en partie les économies réalisées, et contre l'impact possible "sur le niveau de service rendu à la population" au niveau local principalement.

L'Institut Montaigne s'interroge également sur "la faisabilité" des économies espérées par M. Fillon, dans la mesure où la "réduction très rapide" du nombre de fonctionnaires "conduira probablement à un recours plus important, au moins temporairement à des contractuels".

En outre, le report à 65 ans du départ à la retraite, voulu par le candidat de droite, "minorerait temporairement le flux des départs à la retraite dans la fonction publique", note-t-il dans son analyse.

Enfin, les efforts demandés aux collectivités comportent un "risque de conflit social à grande échelle" qu'il convient de prendre en considération.

La France comptait environ 5,6 millions de fonctionnaires fin 2015, contrats aidés inclus, selon l'Insee. La fonction publique d'État comptait 2,47 millions de personnes, la territoriale 1,98 million et l'hospitalière 1,18 million (+0,3%).

Partager cet article

Dans la même thématique

French Prime Minister Sébastien Lecornu Chairs Crisis Cell in Marseille Over Heatwave
6min

Politique

« La chaleur monte encore d’un cran » : la canicule inquiète l’exécutif, entre feux de forêt record et passages aux urgences en hausse

Pour la première fois, le gouvernement a déployé ce vendredi le plan Orsec de lutte contre les catastrophes et accidents pour faire face aux chaleurs extrêmes dans les départements en vigilance rouge canicule. Les températures vont encore grimper ce week-end, renforçant les inquiétudes sur les fronts de l’hôpital et des feux de forêt.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
9min

Politique

Présidentielle 2027 : le PS enterre la primaire ouverte et fragilise Olivier Faure

Après avoir été mis en minorité par les députés socialistes sur la stratégie à adopter lors de la motion de censure déposée par les Écologistes en pleine canicule, Olivier Faure a essuyé un deuxième revers, cette fois devant les militants de son propre parti. En rejetant sa proposition de primaire ouverte, le PS fragilise son premier secrétaire et ouvre une nouvelle phase de la course à la présidentielle. Au centre de toutes les interrogations désormais, la place que choisira d’occuper Raphaël Glucksmann.

Le

Paris: Debat reforme des retraites au Senat
5min

Politique

Sénatoriales : Guillaume Gontard va quitter la présidence du groupe écologiste, après six années passées à sa tête

Après le prochain renouvellement sénatorial du 27 septembre prochain, Guillaume Gontard quittera la présidence du groupe écologiste qu'il occupe depuis 6 ans. L'élu de l'Isère n'est pas renouvelable, mais a décidé de passer la main à la rentrée prochaine. Il se dit fier du travail accompli et « d'avoir pu instaurer une parole écologiste qui compte » au sein de la Haute Assemblée.

Le