Fonds Marianne : « Dans n’importe quel autre pays européen, Madame Schiappa aurait démissionné du gouvernement », affirme Rémi Féraud

Alors que le rapport, accablant, de la commission d’enquête sénatoriale sur le fonds Marianne a été adopté le 7 juillet, les élus du Palais du Luxembourg attendent désormais des conséquences politiques. C’est en tout cas ce qu’a demandé Rémi Féraud durant la séance des questions d’actualité au gouvernement, fustigeant un « fiasco ».
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

 « Coup politique suivi d’une grande désinvolture, sélection des dossiers bâclée et opaque, précipitation dans l’élaboration du cahier des charges comme de l’appel à candidatures. Fait du prince concernant l’attribution ou la non-attribution des subventions », énumère le sénateur socialiste de Paris, Rémi Féraud pour résumer les griefs exposés par le rapport de la commission d’enquête sur le fonds Marianne. Dans sa question, le sénateur Féraud a tenu à rappeler qu’il s’agissait d’un « détournement inacceptable et qui doit être dénoncé ».

 « Faire prévaloir le principe de responsabilité politique, une exigence démocratique, une exigence républicaine »

 « Quelles conséquences politiques le gouvernement compte-t-il en tirer ? » Une question répétée à deux reprises par Rémi Féraud qui interroge Sonia Backès, ministre déléguée à la Citoyenneté, sur la reprise des recommandations de la commission d’enquête par le gouvernement. Peu satisfait par la réponse de la ministre, le sénateur Féraud insiste et s’étonne à voix haute de l’absence de conséquence politique. Pour rappel, le cabinet de Marlène Schiappa aurait directement participé à l’attribution de subventions à certaines associations sans que ces dernières ne réalisent des productions à la hauteur des fonds octroyés. La ministre aurait également personnellement écarté le dossier de SOS Racisme à cause d’un contentieux personnel entre Marlène Schiappa et l’association. « Dans n’importe quel autre pays européen, Madame Schiappa aurait démissionné du gouvernement », fustige Rémi Féraud qui ajoute qu’il est « temps de faire prévaloir le principe de responsabilité politique, c’est une exigence démocratique, une exigence républicaine ». Une question à laquelle un futur remaniement pourrait répondre, davantage que les propos de Sonia Backès.

 « Nous partageons l’objectif de lutte contre la propagande islamiste, mais votre réponse n’est pas convaincante »

Pour défendre l’action du gouvernement, Sonia Backès a tenu à mettre en avant la « réactivité du gouvernement dès les premières alertes » en référence à l’enquête lancée par l’Inspection générale de l’administration. Sans chercher à commenter le fond de l’affaire, la ministre déléguée à la Citoyenneté rappelle l’importance de « sécuriser cette politique publique de lutte contre les séparatismes », précisant que « quinze des dix-sept associations du fonds Marianne ont fait un travail remarquable ». Un faux débat pour Rémi Féraud. « Nous partageons l’objectif de lutte contre la propagande islamiste, mais votre réponse n’est pas convaincante », tance le sénateur de Paris.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Marine Le Pen came to support the candidate of the Rassemblement National during a visit to La Fleche in the Sarthe region.
14min

Politique

« Ce n’est pas acquis, mais probablement à notre portée » : quelles sont réellement les chances du RN d’avoir un groupe au Sénat ?

Pour les sénatoriales, le RN espère créer son premier groupe à la Haute assemblée. « C’est un objectif qu’on s’est donné mais qui n’est pas si simple à atteindre », reconnaît le vice-président du RN, Sébastien Chenu. Le RN pourrait-il louper le groupe de peu ? On fait le point, département par département, sur les possibilités de victoires du RN. Mais en cas de difficultés, le RN a déjà noué quelques « contacts » avec des sénateurs d’autres groupes qui pourraient faire le transfert…

Le

The back-to-school campus of the Republicans party – Pavillon Baltard, Nogent-sur-Marne, 2026-09-12
4min

Politique

Logement : Bruno Retailleau propose de déduire de l’impôt, les intérêts d'emprunt pour un prêt immobilier, en fonction du nombre d'enfants

Face à la hausse des prix, notamment de l’énergie, et aux appels à la mobilisation contre la vie chère, le thème du pouvoir d’achat s’impose dans cette précampagne présidentielle. Lors d’une conférence de presse, mardi après-midi, Bruno Retailleau a rappelé ses principales mesures pour faire baisser le prix de l’essence, de l’énergie, et faire que le travail paye plus. En ce qui concerne le logement, le sénateur veut relancer le secteur en permettant de déduire de l’impôt, les intérêts d’emprunt pour un prêt immobilier en fonction du nombre d’enfants.

Le

La prochaine élection présidentielle aura lieu les 18 avril et 2 mai 2027 (source au sein de l’exécutif)
7min

Politique

Sondage : Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe se disputent le second tour face à Marine Le Pen

Le Monde a sorti ce dimanche la troisième vague de son enquête en partenariat avec le Cevipof, Le Monde, la Fondation Jean Jaurès et l’Institut Montaigne sur la présidentielle. Regain d’intérêt pour la campagne et désir de radicalité dessinent une configuration où, pour l’instant, Marine Le Pen est en tête et Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe se disputent l’accès au second tour.

Le

Bloche
11min

Politique

Violences sexuelles dans le périscolaire : que retenir de l'audition de Patrick Bloche au Sénat ?

L'ancien premier adjoint chargé de l'éducation, de la petite enfance et des familles à la mairie de Paris entre 2017 et 2024 puis premier adjoint, Patrick Bloche, est entendu ce mardi par la commission d'enquête sénatoriale sur le périscolaire en France, après son ancienne maire Anne Hidalgo. L'actuel édile de la capitale, Emmanuel Grégoire, doit à son tour être auditionné mercredi 16 septembre.

Le