Fonds Marianne : la commission des Finances du Sénat lance son enquête

Avant les questions d’actualité au gouvernement, le président socialiste de la commission des Finances, Claude Raynal, est revenu sur l’utilisation controversée du « fonds Marianne », lancé pour lutter contre le séparatisme après l’assassinat de Samuel Paty. Le sénateur confirme le lancement d’une mission d’information qui devrait se transformer en commission d’enquête.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Le fonds Marianne constitue-t-elle un « scandale d’Etat » ? « Je ne me prononce pas en ces termes », répond Claude Raynal. Le président socialiste de la commission des Finances du Sénat confirme pourtant que le Sénat – et notamment sa commission – va lancer un travail d’enquête sur le sujet : « J’ai demandé un certain nombre de documents pour éclairer le débat. La commission des Finances vient de donner son accord pour une mission d’information et peut être que demain, la Conférence des Présidents validera une mission de contrôle financier, donc une commission d’enquête. C’est à l’issue de ce travail que l’on pourra tirer des conclusions. »

La commission des Finances a effectivement demandé à l’unanimité ce mercredi matin « les prérogatives attribuées aux commissions d’enquête », explique un communiqué de la commission. La Conférence des Présidents se réunira ce mardi 9 mai pour lui accorder, ou pas, ces pouvoirs, alors que l’opposition comme la majorité sénatoriale semblent y être a priori favorables.

« Quand on veut intéresser les jeunes à la République, on ne commence pas par critiquer ses élus »

Claude Raynal précise la démarche qu’auront les sénatrices et sénateurs sur le sujet : « Nous allons travailler sur l’ensemble du processus : comment les associations ont été désignées, comment les travaux ont été suivis, quels ont été les paiements et difficultés financières de certaines associations… ? Il y a la question des éléments de langage de nature plus politique qui interrogent également. »

Certaines associations financées par ce fonds Marianne ont en effet produit des contenus s’attaquant à diverses personnalités politiques, comme Anne Hidalgo ou Jean-Luc Mélenchon, parfois durant des campagnes électorales. « Quand on veut intéresser les jeunes à la République, on ne commence pas par critiquer ses élus, tout simplement. Il y a beaucoup à dire sur ces attaques. Des remarques ont été faites par les gestionnaires de ce fonds, mais les fonds ont été versés et on n’a pas vu de changement dans leur affectation », détaille le président de la commission des Finances du Sénat.

Claude Raynal ne souhaite tout de même pas braquer la focale uniquement sur Marlène Schiappa, qui avait été à l’initiative de la constitution de ce fonds en tant que ministre déléguée chargée de la Citoyenneté : « Elle est concernée en tant que ministre ayant compétence sur son administration, il y a toujours une responsabilité des ministres, mais je ne m’avance pas à ce stade.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Current affairs question session with the government – Politics
4min

Politique

Sénatoriales 2026 : le Parti socialiste lance ses troupes dans la bataille pour conserver sa place de second groupe au Sénat

À un peu plus de trois mois du renouvellement de la moitié du Sénat, le Parti socialiste a dévoilé une première vague de 73 candidats et chefs de file dans les départements concernés par le scrutin du 27 septembre 2026. Fort de son implantation locale consolidée lors des dernières municipales, le PS entend défendre ses positions et préserver sa place de deuxième groupe de la Haute Assemblée.

Le

Chômage après une rupture conventionnelle : le Sénat rétablit la réduction de la durée d’indemnisation
5min

Politique

Centres communaux d’action sociale : un amendement du Sénat fait craindre « une casse du système de solidarité »

Un amendement de la droite sénatoriale soutenu par le gouvernement dans le cadre de l’examen du projet de loi de Simplification des normes, prévoit de rendre facultative la création de centres communaux d’action sociale (CCAS). La majorité sénatoriale défend le principe de libre administration des collectivités, quand la gauche dénonce une future casse du système de solidarité.

Le