Fonds Marianne : revivez l’intégralité de l’audition de Marlène Schiappa devant les sénateurs

C’est le moment fort de la commission d’enquête sénatoriale. Marlène Schiappa était auditionnée ce mercredi 14 juin à 10 heures par les parlementaires. L’ancienne ministre déléguée en charge de la Citoyenneté, à l’origine du lancement du fonds en 2021 a du s’expliquer sur son rôle dans la sélection de plusieurs associations dont l’utilisation de fonds publics pour lutter contre les discours séparatistes, pose question. Sans convaincre les sénateurs.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L’actuelle secrétaire d’Etat à l’Economie sociale et solidaire est sur le gril des questions des sénateurs ce mercredi 14 juin à 10 heures. Au lendemain de perquisitions chez plusieurs acteurs-clés de ce dossier, Marlène Schiappa va devoir expliquer son rôle dans la sélection de plusieurs associations bénéficiaires du Fonds Marianne.

Initialement doté de 2,5 millions d’euros, ce fonds visait « à financer des personnes et des associations qui vont porter des discours pour promouvoir les valeurs de la République et pour lutter contre les discours séparatistes, notamment sur les réseaux sociaux et les plateformes en ligne », avait expliqué Marlène Schiappa en annonçant sa création, six mois après l’assassinat de l’enseignant Samuel Paty. Deux ans plus tard, le Sénat cherche notamment à savoir de quelle manière l’exécutif et l’administration ont décidé d’attribuer telle ou telle subvention.

En mars 2023, une enquête menée conjointement par l’hebdomadaire Marianne et la cellule investigations de France Télévision s’interroge sur l’importance des sommes allouées à deux associations et l’utilisation faite de cet argent : l’« Union des sociétés d’éducation physique et de préparation au service militaire » (USEPPM) et « Reconstruire le commun ». Selon ces médias, l’USEPPM, sélectionnée pour une subvention de 355 000 euros, aurait essentiellement utilisé l’argent versé pour rémunérer ses deux dirigeants, dont l’ancien journaliste Mohamed Sifaoui, à hauteur de 120 000 euros. La seconde association, « Reconstruire le commun », financée pour sa part à hauteur de 333 000 euros par le Fonds Marianne, se voit reprocher d’avoir utilisé en partie cette somme pour produire des contenus politiques en plein contexte électoral, pendant la campagne présidentielle puis celle des législatives.

Mi-avril, Mohamed Sifaoui, l’un des deux responsables de l’USEPPM, dont le domicile a été perquisitionné hier, avait assuré qu’il avait été encouragé à postuler « par les membres du cabinet de Mme Schiappa et par elle-même ».

Au fil des auditions au Sénat, des témoignages ont montré que celui-ci a été reçu à plusieurs reprises, avant-même le lancement du fonds, au cabinet de la ministre.

Sébastien Jallet, directeur de cabinet de Marlène Schiappa au moment de la création du Fonds Marianne, a aussi reconnu que la ministre était bien intervenue pour refuser une subvention de 100 000 euros préconisée par son administration à SOS Racisme, pour des raisons « d’un historique de relation » compliqué.

Après plusieurs reports, Mohamed Sifaoui sera auditionné jeudi 15 juin à 9 heures par la commission d’enquête. Sonia Backès, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur et des outre-mer, chargée de la Citoyenneté, sera également entendue par la commission d’enquête ce mercredi à 16H30, puisqu’elle a récupéré au sein du gouvernement le portefeuille ministériel qu’occupait Marlène Schiappa en 2021.

 

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Iran Israel Usa : U.S. and Israeli Forces Strike Tehran as Part of Major Military Offensive
7min

Politique

Iran : « Les institutions iraniennes peuvent continuer de fonctionner quand bien même leurs dirigeants seraient éliminés »

Après la confirmation de la mort du guide suprême ce dimanche 1er mars, l’Iran rentre dans l’après-Khamenei. Que prévoient les institutions iraniennes pour remplacer le guide suprême ? Le régime peut-il tenir après avoir perdu son chef ? Qui pourrait émerger pour le remplacer ? La chercheuse Amélie M. Chelly, auteure de Iran : autopsie du chiisme politique (Ed. du Cerf), répond à nos questions.

Le

President Donald Trump Returns to the White House, Washington, District of Columbia, United States – 01 Mar 2026
8min

Politique

Guerre en Iran : comment Donald Trump peut-il justifier l’intervention auprès des Américains ?

En participant aux côtés de Israel à l’opération militaire en Iran, Donald Trump pourrait déconcerter son électorat qui a voté pour la promesse de la fin des guerres américaines au Moyen-Orient, coûteuses en hommes et en deniers publics. Depuis le début des frappes samedi matin, le président américain et son administration peinent à justifier cette opération tout en n’excluant pas l’envoi de troupes au sol. Rédhibitoire pour une bonne partie de la population américaine.

Le