Frontex : le garde-frontière européen reste vigilant face à la pandémie
Auditionné par les sénateurs, le directeur de Frontex, l’agence européenne pour la surveillance des frontières, Fabrice Leggeri, a rassuré sur la gestion des flux migratoires en pleine crise sanitaire. Il a toutefois alerté sur une forte réduction budgétaire.

Frontex : le garde-frontière européen reste vigilant face à la pandémie

Auditionné par les sénateurs, le directeur de Frontex, l’agence européenne pour la surveillance des frontières, Fabrice Leggeri, a rassuré sur la gestion des flux migratoires en pleine crise sanitaire. Il a toutefois alerté sur une forte réduction budgétaire.
Public Sénat

Par Alizé Boissin

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le rendez-vous entre les sénateurs et Fabrice Leggeri, directeur exécutif de Frontex, était prévu bien avant l’arrivée de la pandémie du Covid-19 en Europe. Il devait servir de point d’étape au développement de cette agence européenne de garde-frontières entre les États membres de l’Union Européenne (UE).  Mais le coronavirus n’aura pas obtenu l’annulation de l’audition : « bien au contraire, elle tombe à point nommé » affirme le sénateur Jean Bizet, président de la commission des affaires européennes au Sénat, à l’origine de la rencontre, « tant la crise sanitaire questionne les flux migratoires. »

En introduction, Fabrice Leggeri a confirmé faire face à « deux crises de fond ». Le changement d’attitude de la Turquie, « qui menace d’ouvrir les frontières vers l’Union Européenne et de mettre sur les routes grecques les migrants irréguliers », et la pandémie du Covid-19.

Flux migratoires réduits  

Fabrice Leggeri
Fabrice Leggeri, directeur de l'agence Frontex
European Parliament / Emilie Gomez

Inquiets sur le fonctionnement de l’agence Frontex pendant la pandémie, Fabrice Leggeri a rassuré au téléphone les sénateurs : « Nous assurons une continuité de nos services ». D’après ses chiffres, près de 900 garde-frontières sont sur le terrain, « contre 1200 normalement ». Des gardes qu’il assure avoir équipés en masques de protection : « Il était hors de question de les envoyer sans équipement ».

Le directeur de Frontex a aussi été questionné sur les flux de migrants actuels. Il a assuré qu’ils étaient moins nombreux, mais qu’il était encore « trop tôt » pour connaître les conséquences de la crise sanitaire sur la cartographie des flux migratoires à long terme. Fabrice Leggeri reste d’abord préoccupé sur l’après-confinement : « Au moment où nous sortirons de la crise et, où, des pays hors de l’Union Européenne seront au pic de l’épidémie (…) il faudra que l’Europe renforce son outil sanitaire à l’extérieur de ses frontières sinon la crise sanitaire sera très importante ».

Enfin, concernant les dispositions mises en place pour les personnes entrantes sur le territoire, il a assuré que la quarantaine était la règle, afin de ne pas propager le virus.

Frontière gréco-turque « sous contrôle »

Fabrice Leggeri a également été questionné sur la gestion des migrants bloqués entre la Turquie et la Grèce.

Pour rappel, fin février, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé ouvrir ses frontières terrestres afin d’obtenir un appui de l’Union Européenne en Syrie. De son côté, la Grèce, porte méditerranéenne de l’UE, tente de résister à l’arrivée massive de migrants en situation irrégulière.

« Cela reste évidemment la priorité » assure le directeur de l’agence européenne. 600 garde-frontières sont actuellement en place du côté de la Grèce, et d’après le directeur « 1.700 ont réussi à franchir la frontière terrestre », sur les 20.000 personnes bloquées, « les choses sont largement sous contrôle ». Une opération saluée par l’ensemble des sénateurs.

Budget menacé

Enfin, le directeur a fait part aux sénateurs de son inquiétude face à une forte réduction budgétaire depuis 2019. « Depuis la présidence finlandaise, en 2019, on nous propose de réduire le budget de moitié, pour arriver à 6 milliards d’euros, c’est 50% de moins pour défendre les frontières extérieures ».

Avant de saluer les sénateurs depuis le siège de Frontex, à Varsovie, le directeur s’est montré optimiste : « L’Europe peut ressortir plus forte de cette crise, si on lui donne les moyens budgétaires pour le faire ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Frontex : le garde-frontière européen reste vigilant face à la pandémie
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

Frontex : le garde-frontière européen reste vigilant face à la pandémie
4min

Politique

Déserts médicaux : « Il existe des différences d’espérance de vie entre les départements » alerte Karine Daniel sénatrice socialiste de Loire-Atlantique

Au Clos-Toreau, quartier populaire du sud de Nantes, les habitants se battent depuis deux ans pour obtenir l’ouverture d’un centre de santé. A l’approche des élections municipales, la question des déserts médicaux s’impose dans la campagne comme un sujet de préoccupation récurrent, comme en témoigne cet habitant de Nantes dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
6min

Politique

Référendum sur l’immigration, primauté du droit national : le projet de Bruno Retailleau est-il faisable ?

En annonçant sa candidature à la présidentielle, le patron des Républicains a promis de « renverser la table » en redonnant la parole aux Français par des référendums sur l’immigration et la justice ou encore en redonnant la primauté du droit national sur les normes internationales. Un programme qui nécessite de réviser la Constitution. Il y a quelques années, le sénateur de Vendée avait déposé une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, avant de la retirer faute d'avoir pu réunir une majorité au Sénat.

Le