Force de l’ordre dans les établissements : depuis 20 ans, les mêmes annonces
Christophe Castaner n’exclut pas la présence « de forces de l’ordre dans les établissements ». Une annonce semblable à bien d’autres. Depuis plus de 20 ans, les plans d’action contre les violences à l’école se succèdent et se ressemblent. Archives.

Force de l’ordre dans les établissements : depuis 20 ans, les mêmes annonces

Christophe Castaner n’exclut pas la présence « de forces de l’ordre dans les établissements ». Une annonce semblable à bien d’autres. Depuis plus de 20 ans, les plans d’action contre les violences à l’école se succèdent et se ressemblent. Archives.
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Le plan d’action contre les violences à l’école sera présenté mercredi en Conseil des ministres. Mais d’ores et déjà, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, accompagné des ministres de l’Éducation et de la Justice, a indiqué la possible « présence physique des forces de l’ordre dans les établissements » (voir notre article).

Appelé à réagir rapidement après la vidéo virale montrant un élève d’un lycée de Créteil braquant sa professeure avec un pistolet (qui se révélera factice), le gouvernement ressort la vieille antienne de la présence des forces de l’ordre à l’école, remède contre la violence scolaire.

1992 : premier plan d’envergure contre la violence à l’école

Le 27 mai 1992, une circulaire fixant le premier plan d’envergure contre la violence à l’école, signée par Jack Lang alors ministre de l’Éducation, instaure pour la première fois des partenariats entre l'éducation nationale, la police et la justice. « Dans les zones définies comme étant prioritaires, la constitution de groupes opérationnels comprenant des interlocuteurs permanents : responsables de ZEP (zone d'éducation prioritaire) et de chacun des établissements scolaires concernés, policiers, gendarmes, magistrats du Parquet, représentants des services sociaux du conseil général et de la DDASS, permettra, après l'établissement d'un diagnostic de sécurité sur la situation interne à l'établissement et celle de ses abords immédiats, de mettre en place des plans d'actions concrètes » détaille devant le Sénat, le ministre de l’Intérieur socialiste, Paul Quiles.

Un an plus tard, la cohabitation est passée par là. François Bayrou, tout nouveau ministre de l’Éducation nationale, indique au journal de 20H de France 2 vouloir faire rentrer « des appelés » dans les établissements difficiles. « C'est-à-dire ceux qui jouent le rôle de grands frères qui sont là et qui aident, entourent, encadrent (…) Pour l’instant, ils sont très bien accueillis et ça marche très bien » assure-t-il. (voir la vidéo à partir de 8 minutes 30).

 

Des « adjoints de sécurité » dans les établissements

De 1997 à 2000, le ministre socialiste de l’Éducation nationale, Claude Allègre veut prendre à bras-le-corps le problème, avec plusieurs phases d’un plan contre la violence à l’école. Sept ministères sont concernés dont l’Intérieur, la Justice et la Défense. Cette fois-ci les efforts sont concentrés dans neuf zones prioritaires. 25 000 emplois nouveaux sont prévus (assistants sociaux, emplois jeunes, CPE…) parmi lesquels 8 000 « adjoints de sécurité » recrutés par Beauvau pour réprimer les violences ou trafics de drogues aux abords des établissements.

Claude Allègre veut également renforcer les sanctions à l’encontre des mineurs. « Toute agression sur un enseignant sera poursuivie que l’enseignant porte plainte ou pas (…) Je veux désormais qu’on ne tolère rien en ce qui concerne les manquements à la politesse, à la citoyenneté, à la violence » explique-t-il sur France 2.

 

Pendant la campagne présidentielle 2007, le sujet est évoqué par les deux favoris pour le second tour. Ancien ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy avait proposé l’expérimentation dans le collège Edouard-Manet de Villeneuve-la-Garenne en 2004, de la présence permanente d’un policier.

2007. La proposition de Ségolène Royal : l'encadrement militaire pour les jeunes délinquants

Partisane de « l’ordre juste », Ségolène Royal propose « de retirer des collèges, les élèves qui y font la loi et qui pourrissent la totalité d’un établissement scolaire » pour « les placer d’office dans des internats-relais de proximité ». Pour les plus de 16 ans, ils seront placés dans « des systèmes d’encadrement à dimension militaire, avec des actions humanitaires ». L’idée sera reprise en 2011 par Nicolas Sarkozy, alors président de la République. (voir le sujet)

L'encadrement militaire des mineurs délinquants : de Ségolène Royal à Eric Ciotti
02:02

 

Ce vendredi, le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, a lui, évoqué le renforcement des « institutions spécialisées » pour les élèves difficiles.

2010. « S’il doit y avoir la présence de la police, il faut qu’il y ait la présence de la police »

En 2010, interrogée dans le cadre des « états généraux de la sécurité à l’école », la Secrétaire d’État à la politique de la ville, Fadela Amara, affirme que « dans certains établissements scolaires, quand il y a des actes de violences qui viennent de l’extérieur, (…) il faut faire du sur-mesure. S’il doit y avoir la présence de la police, il faut qu’il y ait la présence de la police ».

Violences scolaires : Fadela Amara n’exclut pas « la présence de la police » et de caméras
00:26

 

Dans le contexte de menace terroriste, François Hollande lance à la fin janvier 2015 l'« acte II de la refondation de l'école ». Parmi les mesures proposées, la création « d’une réserve citoyenne » amenée à intervenir dans les écoles. 6 000 personnes vont s’inscrire, mais seulement quelques centaines seront sollicitées.

 

 

 

 

 

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