Le gouvernement français sera mardi sous les feux simultanés de deux motions de censure, de la droite et de la gauche, qui exigent des...
France: le gouvernement sous les feux simultanés de deux motions de censure
Le gouvernement français sera mardi sous les feux simultanés de deux motions de censure, de la droite et de la gauche, qui exigent des...
Par Loïc VENNIN
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Le gouvernement français sera mardi sous les feux simultanés de deux motions de censure, de la droite et de la gauche, qui exigent des explications sur l'affaire Benalla, du nom de l'ancien collaborateur du président accusé de violences.
Les motions de censure, qui entraînent la chute d'un gouvernement si elles sont adoptées, sont assez fréquentes en France: il y a en a eu plus de 100 depuis 1958. Mais c'est la première fois que l'opposition a recours à cette procédure depuis la victoire écrasante d'Emmanuel Macron en 2017. C'est également la première fois depuis 1980 que deux motions sont débattues simultanément.
Dans l'histoire, une seule motion de censure a été adoptée, en 1962, faisant chuter le gouvernement de Georges Pompidou. Celles qui seront débattues mardi à l'Assemblée nationale, chambre basse du Parlement français, n'ont aucune chance d'aboutir: LR (opposition de droite) ne réunit que 103 députés et la gauche 63, ne pouvant donc pas rassembler la majorité requise de 289 voix qui ferait chuter le gouvernement.
Mais là n'est pas le but poursuivi. Dans un mot d'ordre quasi identique face à une "crise institutionnelle", les deux motions veulent contraindre le gouvernement à "s'expliquer" et dénoncer un "verrouillage" empêchant "la vérité" d'émerger sur l'affaire Benalla, du nom de l'ancien collaborateur du président Macron, Alexandre Benalla, poursuivi pour violences contre des manifestants le 1er mai à Paris.
Ce même mardi, Christophe Castaner, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement et délégué général du parti présidentiel LREM, sera auditionné par la commission des lois du Sénat sur l'affaire Benalla.
La révélation de l'affaire est la plus grave crise politique que M. Macron essuie depuis son élection en 2017. Et elle ne montre aucun signe d'apaisement : lundi, la justice a ouvert une nouvelle enquête pour d'autres violences commises le 1er mai à Paris, quelques heures avant les heurts pour lesquels Alexandre Benalla a déjà été inculpé.
- "Instrumentalisation politique" -
Les deux motions de censure émanant de la droite et de la gauche - un fait exceptionnel - présentent une chance inespérée pour les oppositions de renaître de leurs cendres, après la victoire en 2017 des soutiens du président.
C'est le Premier ministre qui répondra aux discours des deux députés présentant les motions, dès 13h00 GMT : le premier du parti Les Républicains, pour celle de droite, et l'autre du Parti communiste pour celle de gauche.
Edouard Philippe "répondra factuellement et calmement, tout en tenant un discours offensif", indiquent ses services, selon qui "ce sera aussi l'occasion de souligner la vacuité de certaines polémiques".
Le pouvoir n'a eu de cesse de tenter de minimiser l'affaire Benalla, assurant qu'il ne s'agissait que d'une "dérive individuelle", et non pas d'"une affaire d'Etat", selon les mots de M. Philippe il y a une semaine.
Mais l'opposition entend faire feu de tout bois. Premiers à dégainer jeudi dernier, Les Républicains dénoncent dans leur motion "des manquements graves dans le fonctionnement de nos institutions (...) aux niveaux les plus élevés de l'Etat".
Leur patron à l'Assemblée nationale Christian Jacob juge que "le gouvernement a failli" face à une "dérive monarchique" du président, à qui il demande de "s’adresser solennellement aux Français".
Galaxie des personnes présumées impliquées dans l'affaire Benalla, du nom de l'ex-collaborateur de l'Elysée qui a frappé un manifestant lors du 1er mai
AFP
Emmanuel Macron est sorti il y a une semaine de son silence, lançant que "le seul responsable de cette affaire, c'est moi et moi seul!". Depuis, il a évoqué une "tempête dans un verre d'eau", et cherche à tourner la page, alors qu'il recule dans plusieurs sondages.
Ses troupes ont dénoncé une "instrumentalisation politique" dans le but pour les détracteurs du président d'y trouver "l'antidote à leur coma profond". La motion de censure est une exagération, estiment ainsi les pro-Macron: "Tenter de faire tomber un gouvernement et des réformes parce qu'un chargé de mission (Alexandre Benalla, ndlr) a dérapé ?", a tweeté Gabriel Attal, le porte-parole de LREM, le parti présidentiel.
La motion ne va pas "tout régler" mais peut "au moins rétablir l'ordre républicain", selon Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI (gauche radicale) qui avait été le premier à proposer la motion de censure. Olivier Faure, numéro un du Parti socialiste, y voit "une alerte" pour le gouvernement.
Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.
Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.
A l’heure de la manipulation des algorithmes et du recours croissant à l’intelligence artificielle sur les plateformes numériques, des experts alertent le Sénat sur la multiplication d’ingérences d’origine étrangères en Europe. Avec pour objectif de déstabiliser les périodes électorales, à coups de désinformation et d‘altération de la confiance envers les institutions.
Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après des débuts plutôt bienveillants, la relation va vite se tendre sur les collectivités, avant qu’elle ne se dégrade sur le projet de réforme constitutionnelle, qui finira enterré.