Les nouvelles lignes TGV, qui relient Paris à Bordeaux en 2H04 et à Rennes en 1H25, ont été inaugurées samedi, à la veille de leurs débuts...
France: les LGV vers Bordeaux et Rennes inaugurées en grande pompe
Les nouvelles lignes TGV, qui relient Paris à Bordeaux en 2H04 et à Rennes en 1H25, ont été inaugurées samedi, à la veille de leurs débuts...
Par Julie CHABANAS
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Les nouvelles lignes TGV, qui relient Paris à Bordeaux en 2H04 et à Rennes en 1H25, ont été inaugurées samedi, à la veille de leurs débuts commerciaux, mais des menaces pèsent sur le projet de prolongement au sud vers Toulouse et Dax.
C'est la première fois que deux LGV sont inaugurées en même temps et ces liaisons étaient très attendues par les capitales bretonne et girondine. Les gares se sont refait une beauté pour accueillir les 4 millions de voyageurs supplémentaires que la SNCF espère attirer sur ces lignes d'ici 2019.
Le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot (C), lors de l'inauguration de la ligne Paris-Bordeaux, le 1er juillet 2017 à Bordeaux
AFP
Le train inaugural pour Bordeaux, le premier à partir en début de matinée, est arrivé à destination avec à son bord le président de la SNCF, Guillaume Pepy, les ministres de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, et des Transports, Élisabeth Borne.
Il a été suivi d'un second train, arrivé en début de soirée à Rennes, où avait notamment pris place le président Emmanuel Macron après un bain de foule et des selfies avant le départ à la gare Paris-Montparnasse.
Ce voyage vers la Bretagne a nécessité une grosse organisation avec trois TGV: un premier pour ouvrir la voie afin de déjouer d'éventuels obstacles, le deuxième avec le président et un troisième pour fermer la voie.
Des gens attendent devant la gare de Bordeaux le 23 janvier 2017
AFP/Archives
Durant le trajet, M. Macron a tenu à rassurer les agents SNCF présents, en leur affirmant qu'il ne fallait "pas avoir peur de l'ouverture à la concurrence" du rail en France, prévue par Bruxelles à partir de 2019, et que la "richesse" de l'entreprise publique était son "réseau national".
Lors de la première cérémonie d'inauguration, qui se tenait sur les bords de la Garonne à Bordeaux, les élus locaux se sont inquiétés pour le prolongement vers le sud de la LGV, qui mettrait Toulouse à 3 heures de Paris, contre 4h20 à partir du 2 juillet.
Emmanuel Macron s'est néanmoins montré réservé, lors d'un discours à Rennes, sur la mise en chantier de nouvelles LGV dans les prochaines années.
Distance entre les grandes villes en fonction du temps de trajet en train.
AFP
"Le combat que je souhaite engager pour les années à venir, ce sont les transports du quotidien", a-t-il affirmé, ajoutant qu'il n'entendait pas "relancer de grands projets nouveaux mais financer le renouvellement des infrastructures", sans toutefois explicitement évoquer le projet de prolongement.
Le tribunal administratif de Bordeaux avait annulé jeudi une partie de la déclaration d'utilité publique, mettant en péril l'ensemble du projet. Élisabeth Borne a annoncé que l’État ferait appel, tout en réaffirmant elle aussi la priorité aux trains du quotidien.
"Il faudra hiérarchiser les priorités, il faudra aussi réfléchir à des modes de financement", a-t-elle indiqué à la presse en marge de l'inauguration.
- 2.700 km de LGV -
Les TGV vont en Bretagne et en Aquitaine depuis près de 20 ans, mais la LGV pour Rennes s'arrêtait un peu avant Le Mans (Sarthe), celle pour Bordeaux prenait fin à Tours-Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire) et les trains circulaient ensuite sur voie classique.
Grâce à un décroché à hauteur de Sablé-sur-Sarthe (Sarthe), des trains directs circuleront désormais entre Rennes, Laval, Angers et Nantes.
Evolution des temps de parcours entre Paris et les grandes villes françaises, incluant les temps après la mise en service des nouvelles lignes TGV inaugurées samedi 1er juillet.
AFP
La ligne entre Le Mans et Rennes, construite en partenariat avec Eiffage, a coûté 2,8 milliards d'euros, plus 600 millions pour les aménagements complémentaires (travaux en gare, signalisation, etc...).
Le budget de Tours-Bordeaux s'élève à 7,8 milliards d'euros, plus 1,2 milliard pour les aménagements, avec un montage inédit: un partenariat public-privé (PPP) avec une filiale du groupe Vinci pour la construction, mais aussi pendant 50 ans pour l'exploitation, une première.
Concrètement, les opérateurs, pour y faire circuler leurs trains, paieront les péages non pas au gestionnaire d'infrastructure SNCF Réseau mais à Lisea, consortium mené par Vinci. La SNCF a déjà annoncé qu'il lui en coûtera 90 millions d'euros pour cette demi-année.
Par ailleurs, pour cette ligne, le gestionnaire d'infrastructure SNCF Réseau court toujours après 350 millions d'euros. Parmi les 33 collectivités locales qui participent au financement, à hauteur de 1,3 milliard d'euros, certaines ont suspendu leurs versements.
Une autre LGV doit être inaugurée cette année, le contournement Nîmes-Montpellier, à l'automne. La France comptera alors 2.700 kilomètres de LGV.
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