François Bonneau « Les régions ne doivent plus être les sous-traitants de l’État »
Président de la région Centre Val de Loire et président délégué de Région de France, François Bonneau a été auditionné en visioconférence par la délégation aux entreprises du Sénat, présidée par la sénatrice LR du Rhône Élisabeth Lamure. L’occasion d’aborder le rôle des régions dans le plan de relance post Covid 19.

François Bonneau « Les régions ne doivent plus être les sous-traitants de l’État »

Président de la région Centre Val de Loire et président délégué de Région de France, François Bonneau a été auditionné en visioconférence par la délégation aux entreprises du Sénat, présidée par la sénatrice LR du Rhône Élisabeth Lamure. L’occasion d’aborder le rôle des régions dans le plan de relance post Covid 19.
Public Sénat

Par Flora Sauvage

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Quel doit être le rôle des régions dans la politique de relance qui va être menée pour sortir de la crise ? Une chose est sûre, pour François Bonneau, « les régions ne peuvent pas être considérées comme des sous-traitants de l’État, où les décisions seraient prises à Paris avant d’être appliquées ensuite par les territoires ».

500 millions d’euros

Interrogé par la présidente de la délégation aux entreprises, Élisabeth Lamure, sur la capacité d’investissements des régions, François Bonneau a tenu à rappeler qu’elles participent au fonds de solidarité nationale à hauteur de 500 millions d’euros.

État impuissant

Pour la présidente de la délégation aux entreprises, la crise du Covid 19 a démontré la réactivité des régions face à un État « impuissant », notamment dans la recherche de matériel de protection individuel type masques, gants et surblouses. À titre d’exemple, la région Centre Val de Loire a acheté 3 millions de masques pour équiper les 1700 entreprises locales car « l’État était insuffisant pour répondre aux besoins des soignants », selon François Bonneau.

Fonds complémentaires

Au-delà du PGE, le prêt garanti par l’État, un « pivot » de la relance économique dans les territoires, 15 régions ont mis en place des fonds complémentaires pour aider les entreprises en difficulté. Des fonds mis en œuvre avec la banque des territoires qui permettent de consolider la trésorerie et d’opérer le redémarrage des entreprises implantées localement.

Relocalisations

Interrogé sur la question de la souveraineté nationale, par la sénatrice centriste du Pas de calais Catherine Fournier, pour qui « le manque de masques a été la partie visible de l’iceberg », François Bonneau a appelé de ses vœux une réflexion sur la relocalisation industrielle.  Pour le président délégué de Régions de France, il faut « accueillir des industries pharmaceutiques et favoriser leur réimplantation dans nos territoires ».

Discussions

Impuissantes face à des coûts de main-d’œuvre plus élevés qu’en Chine, les régions devront se tourner vers les « biotechnologies du médicament, et vers une recherche et développement pointue » pour être compétitives. Selon François Bonneau, il est important « d’avoir une discussion claire » avec les grandes multinationales du médicament.

Politique de relance

S’agissant de la politique de relance qui doit être opérée, pour le président délégué de Régions de France ce n’est « ni dans un libéralisme échevelé qui a pour corollaire l’impuissance du politique, ni dans une affirmation hors sol du politique qu’on va pouvoir retrouver un équilibre économique ».

Décentralisation

Selon François Bonneau, qui plaide pour une grande politique de décentralisation, « il ne faut pas venir vers les collectivités comme si elles étaient des sous-traitants de l’action de l’État, il faut écrire ensemble la stratégie industrielle de la France ». C’est un nouveau paradigme de l’action publique qu’il va falloir dessiner.

Partager cet article

Dans la même thématique

François Bonneau « Les régions ne doivent plus être les sous-traitants de l’État »
2min

Politique

Municipales 2026 : « On ne peut pas critiquer la vie politique si on n’y participe pas », estime Albane Gély, primo-votante

Les élections municipales qui auront lieues le 15 et 22 mars prochains seront pour certains la première occasion de voter. Invitée dans l’émission Dialogue Citoyen, Albane, étudiante en droit et philosophie, témoigne de l’importance pour elle de voter, une exception chez les 18-25 ans qui n’étaient que 30% à s’être déplacés lors des dernières élections municipales. Une élection organisée juste avant la période de confinement.

Le

François Bonneau « Les régions ne doivent plus être les sous-traitants de l’État »
3min

Politique

Alain Duhamel : « Les Français sont dans un état de défiance que je trouve totalement disproportionné »

Il a connu Pompidou, interviewé Valéry Giscard d’Estaing, mis sur le grill François Mitterrand et, pour ainsi dire, vu naître politiquement tous les autres présidents de la Cinquième République. Voilà cinquante ans qu’Alain Duhamel ausculte la politique française avec une tempérance devenue sa marque de fabrique. La retraite ? Impensable pour l’éditorialiste qui publie Les Politiques, portraits et croquis (éditions de l’Observatoire) dans lequel sont scrutées 63 personnalités politiques avec beaucoup de franchise. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde un regard, il revient sur les souvenirs marquants de sa carrière et analyse le climat politique des dernières années.

Le

6min

Politique

Royaume-Uni : Keir Starmer face à « la défiance » de son propre camp, après de nouvelles révélations entre Jeffrey Epstein et l’ancien ambassadeur britannique à Washington

Le Premier ministre essuie les conséquences de sa décision de nommer Peter Mandelson en tant qu’ambassadeur à Washington en 2024, alors que ses liens avec Jeffrey Epstein étaient déjà connus. Après la publication de nouveaux fichiers sur le financier américain, la pression s’accentue contre Keir Starmer, déjà fragilisé depuis le début de son mandat.

Le

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?
8min

Politique

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?

Le ministère de l’Intérieur a déclenché les foudres des Insoumis en classant ce mouvement pour la première fois à l’extrême gauche, dans une circulaire adressée aux préfets en vue de la catégorisation des candidats et des listes. Ce n’est pas la première fois que la place Beauvau est critiquée pour ses choix.

Le