François Fillon : le rassemblement, c’est maintenant ?

François Fillon : le rassemblement, c’est maintenant ?

Nouvel organigramme, alliance programmatique et électorale avec l’UDI, après les nombreux départs de la semaine dernière, François Fillon refonde son comité de campagne autour des sarkozystes et des centristes.
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A quelques jours de sa convocation chez les juges et d’une possible mise en examen, François Fillon se devait de resserrer ses rangs pour s’éviter une nouvelle crise de légitimité. C’est ce qu’il espère chose faite, avec la présentation ce jeudi d’une partie de l’organigramme de son nouveau comité de campagne. Finie l’hypothèse Baroin comme recours en cas de nouveau tangage, le sénateur maire de Troyes  est désormais en charge du rassemblement politique. D’autres sarkozystes entourent le candidat LR. Le patron des députés LR, Christian Jacob accompagne le président du groupe LR du Sénat, Bruno Retailleau au poste de coordinateur de la campagne. Luc Chatel est lui porte-parole et président du comité de soutien. « D’autres désignations auront lieu la semaine prochaine » précise le communiqué. Celles-ci devraient intervenir dès lundi matin lors d’une conférence de presse de François Fillon. « Il y avait autour de la table des personnalités issues de toutes les sensibilités qui sont avec lui (François Fillon) qui veulent faire campagne, qui l’ont appelé à retourner sur le terrain, à être combatif » a déclaré Luc Chatel à la sortie du comité politique, ce jeudi.

 Un certain nombre sont partis (…) mais ils sont les bienvenus, ils doivent revenir

Autour de François Fillon, on veut dorénavant  gommer l’image  d’un candidat soutenu par « un noyau de militants et de sympathisants LR radicalisés » que fustigeait Alain Juppé, lundi, en référence à la manifestation du Trocadéro. Après  ce qui se voulait être une démonstration de force défensive, l’offensive passe par le rassemblement. « Un certain nombre sont partis la semaine dernière mais ils sont les bienvenus, ils doivent revenir. Ils reviennent….Il y a eu ce moment d’interrogation, il ne faut pas être dans le déni. Mais tous, aujourd’hui, ont envie de gagner » a considéré Christian Jacob. Le sénateur sarkozyste Alain Houpert qui fut l’un des premiers avec le député Georges Fenech, à demander le retrait de François Fillon ne semble pas avoir entendu le message.

« Je ne suis pas au courant de ce nouvel organigramme. Personne ne m’a appelé. Pour rassembler, il faudrait peut-être contacter les gens. Je ne vais quand même pas aller au siège de campagne pour avoir des infos. Nous sommes à peu près 400 parlementaires LR. Je ne pense pas que ce soit si compliqué de les appeler ».  Alain Houpert

« Les centristes vont apporter leur contribution »

Le rassemblement avec le centre était aussi au programme de la matinée. Peu avant le comité politique, une dizaine de parlementaires UDI étaient reçus au siège de campagne. Après le renouvellement du soutien à François Fillon du bureau exécutif de l’UDI mardi soir, Philippe Vigier, président du groupe UDI de l’Assemblée nationale, François Zocchetto, son homologue au Sénat, ou encore Hervé Morin président du parti Les Centristes (ex Nouveau Centre) ont planché sur l’accord programmatique et électoral.

« Les centristes vont apporter leur contribution. Ils l’ont apportée dans le projet (…) Il y a un certain nombre d’éléments dans le projet : sur l’Europe, sur l’école, sur l’environnement, sur la santé et d’autres thématiques encore où la contribution des centristes est indispensable ». Philippe Vigier 

Le député UDI, Charles de Courson, président d’une commission d’enquête sur l’affaire Cahuzac  a fait des propositions au candidat LR en matière de transparence. « Cela porte notamment sur l’interdiction appliquée aux parlementaires d’embaucher un membre de sa famille. Ensuite, l’inéligibilité sera appliquée tant qu’une condamnation est inscrite au casier judiciaire nº2 du candidat. Enfin, un candidat devra présenter un certificat de virginité fiscale pour se présenter » détaille-t-il à l’Union ardennais. L’accord électorale entre UDI et LR concerne « 70 circonscriptions à peu près éligibles. Il est quasiment bouclé. Il sera signé dans les prochaines heures » annonce Philippe Vigier. Le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde sera lui reçu vendredi par François Fillon.

« J’ai encore le Trocadéro en travers de la gorge »

Cela suffira-t-il à faire revenir  le parti centriste dans le giron des Républicains ? Les soubresauts de ces derniers jours ont laissé des traces dans ce parti dont « la caractéristique » selon François Zocchetto est « sa diversité ». Sur Public Sénat, Hervé Morin a qualifié de « déstabilisation » et de « putsch qui n'a pas de sens » le retrait du soutien de Jean-Christophe Lagarde à François Fillon la semaine passée. Pour Loïc Hervé, sénateur UDI, l’heure n’est pas encore venue pour un retour au bercail.  « J’ai encore le Trocadéro en travers de la gorge. Dimanche on nous stigmatise. On parle de socialo-centristes et jeudi on devrait faire copain-copain ? » s’aggace-t-il.

Jeudi prochain, le lendemain de sa convocation chez les juges, François Fillon sera en meeting à Caen. Quelques jours pour voir si « la fin des chapelles » et des courants à droite, mot d’ordre de Luc Chatel ce jeudi, ne se fissure pas une nouvelle fois.

Reportage vidéo de Jérôme Rabier et Stéphane Hamalian

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