François Fillon promet une campagne sans « zigzags »
François Fillon a présenté ses vœux à la presse et aux parlementaires de droite sans revenir sur le fond de ses propositions. Le candidat de la droite indique qui précisera et complétera ses objectifs mais ne « biaisera » pas.

François Fillon promet une campagne sans « zigzags »

François Fillon a présenté ses vœux à la presse et aux parlementaires de droite sans revenir sur le fond de ses propositions. Le candidat de la droite indique qui précisera et complétera ses objectifs mais ne « biaisera » pas.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Dans son nouveau QG plein a craquer du XVème arrondissement de Paris, le candidat des Républicains a présenté ses vœux aux parlementaires et aux journalistes. Un discours d’une dizaine de minutes au cours desquelles, François Fillon est resté droit dans ses mocassins malgré les critiques qui commencent à poindre au sein même de son propre camp. Honneur aux journalistes, c’est d’abord à eux que s’adressent les premiers mots du candidat LR. « Je ne doute pas que notre relation sortira renforcée de ce compagnonnage, même si je sais que je ne suis pas pour vous un client facile. Vous devrez faire avec ma réserve et mes sourcils broussailleux. Dur travail ! ».

« Pas le candidat de l’establishment »

La plaisanterie passée, François Fillon reprend ses habits de « candidat de la vérité » et lance cette injonction sous la forme d’un plaidoyer pro domo. « Les leçons de la primaire doivent être méditées : méfiez-vous des scénarios écrits d’avance » lance celui qui a longtemps été présenté comme troisième homme de la primaire, puis favori de la présidentielle. « Il y a deux mois, je n’étais pas le candidat de l’establishment et je n’ai pas l’intention de le devenir » assure-t-il à son auditoire, estimant, comme lors de la campagne des primaires de la droite, que « les grilles de lecture du microcosme ne sont plus celles de cette France silencieuse et fiévreuse ».

«Sang et larmes» «purge», «casse sociale», et pourquoi pas l’apocalypse ! »

Quelque peu malmené ces derniers temps suite à ses propos sur les fonctionnaires de France Télécom, sur sa foi chrétienne ou encore par les mots de Bachar Al Assad à son égard, François Fillon estime que « la radicalité et la franchise » de son projet l’exposent « aux critiques et aux caricatures de ceux qui sont mous et flous ».  Sa campagne se fera sans « zigzags » martèle-t-il. « La démocratie, ça n’est pas un programme pour les primaires, un autre pour les présidentielles et pourquoi pas encore un programme pour les législatives ? » éclaircit-il, sans pour autant revenir sur le fond de son projet. Comme la nouvelle répartition des remboursements de l’assurance maladie ou la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires qu’il souhaite mettre en œuvre. Deux mesures qui ont suscité la polémique et les couacs au sein de son équipe de campagne. « Contre le redressement national, mes adversaires ont rédigé leurs tracts : «sang et larmes» «purge», «casse sociale», et pourquoi pas l’apocalypse ! » se contente-il d’ironiser.

Bilan « médiocre » du quinquennat

Offensif sur le bilan du quinquennat « médiocre » de François Hollande, il considère que « l’occasion d’accélérer a été ratée » alors même que, selon lui, « les planètes étaient alignées : euro moins fort, prix de l’énergie en baisse, taux d’intérêts très bas ».

Pendant que les candidats à la primaire de gauche fourbissent leurs armes, François Fillon tranche avant même le résultat du scrutin : « quel que soit le vainqueur de ces primaires, il y aura bien, entre nous, une différence de fond et d’intensité : moi, je veux redresser la France ; à gauche, on veut l’assister dans son déclin ».

L’invocation habituelle du général de Gaulle

Pas de référence à sa foi chrétienne, ce mardi, tout juste évoque-t-il les « racines » et les « valeurs françaises ». Figure tutélaire du candidat Fillon, le général de Gaulle aura, par contre, droit de citation. « Redressement du pays, relance de l’Europe, influence internationale : vaste programme !  dirait le général de Gaulle » invoque l’ancien Premier ministre, et, veut-il croire, « il se peut, si les électeurs en décidaient ainsi, qu’un gaulliste prenne les commandes au mois de mai ». « Je veux incarner l’orgueil d’une nation qui ne se laisse pas abattre » conclut-il. « Vaste programme » dirait le général de Gaulle ?

Partager cet article

Dans la même thématique

François Fillon promet une campagne sans « zigzags »
3min

Politique

Alain Duhamel : « Les Français sont dans un état de défiance que je trouve totalement disproportionné »

Il a connu Pompidou, interviewé Valéry Giscard d’Estaing, mis sur le grill François Mitterrand et, pour ainsi dire, vu naître politiquement tous les autres présidents de la Cinquième République. Voilà cinquante ans qu’Alain Duhamel ausculte la politique française avec une tempérance devenue sa marque de fabrique. La retraite ? Impensable pour l’éditorialiste qui publie Les Politiques, portraits et croquis (éditions de l’Observatoire) dans lequel sont scrutées 63 personnalités politiques avec beaucoup de franchise. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde un regard, il revient sur les souvenirs marquants de sa carrière et analyse le climat politique des dernières années.

Le

6min

Politique

Royaume-Uni : Keir Starmer face à « la défiance » de son propre camp, après de nouvelles révélations entre Jeffrey Epstein et l’ancien ambassadeur britannique à Washington

Le Premier ministre essuie les conséquences de sa décision de nommer Peter Mandelson en tant qu’ambassadeur à Washington en 2024, alors que ses liens avec Jeffrey Epstein étaient déjà connus. Après la publication de nouveaux fichiers sur le financier américain, la pression s’accentue contre Keir Starmer, déjà fragilisé depuis le début de son mandat.

Le

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?
8min

Politique

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?

Le ministère de l’Intérieur a déclenché les foudres des Insoumis en classant ce mouvement pour la première fois à l’extrême gauche, dans une circulaire adressée aux préfets en vue de la catégorisation des candidats et des listes. Ce n’est pas la première fois que la place Beauvau est critiquée pour ses choix.

Le