François Hollande : « La gauche, ce n’est pas rien dans le pays aujourd’hui »
François Hollande était l’invité d’Extralocal ce vendredi, pour présenter son nouveau livre Affronter. À l’approche de l’élection présidentielle, l’ancien Président de la République « regrette l’état de la situation politique du pays. »

François Hollande : « La gauche, ce n’est pas rien dans le pays aujourd’hui »

François Hollande était l’invité d’Extralocal ce vendredi, pour présenter son nouveau livre Affronter. À l’approche de l’élection présidentielle, l’ancien Président de la République « regrette l’état de la situation politique du pays. »
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Quand François Hollande publie un livre – et c’est devenu une habitude depuis qu’il a quitté l’Elysée en 2017 – on n’est souvent pas déçu par les anecdotes ou les petites phrases qu’il a à l’encontre des acteurs de la vie politique française. « C’est plus facile quand on n’est plus en exercice » concède-t-il bien volontiers. Mais dans Affronter, l’ancien Président de la République est un peu plus politique qu’à son habitude, développant des idées qui pourraient presque faire penser à un programme de campagne présidentielle. Faut-il y voir le signe d’un regret de ne pas s’être représenté en 2017 ? « C’est plutôt le moment que j’ai regretté » explique-t-il en affirmant ne pas regretter le fond de sa décision : « En décembre 2016 j’ai considéré qu’il y avait une primaire qui ne correspondait pas à ce qu’était l’esprit de la Vème République et j’ai pensé en responsabilité à ne pas ajouter de la division à la division qui aurait laissé une place sérieuse à la droite et à l’extrême droite. »

Anaphore et social-démocratie

Faut-il y voir alors une tentative de revenir dans le jeu politique, voire de se présenter à la prochaine élection présidentielle ? « Je ne suis pas sortant, je n’ai pas de mandat électif et le parti qui est le mien a choisi Anne Hidalgo, donc je ne vois pas ce que je viendrais faire là-dedans. » Ça a le mérite d’être clair. Si François Hollande à un regret, c’est « l’état de la situation politique du pays, le désordre, la confusion qui font que les populistes trouvent des brèches. » L’ancien locataire de l’Elysée n’a pas perdu la main et enchaîne avec une anaphore, on se croirait presque en mai 2012 : « Ce que je regrette c’est que les grands partis ne soient plus à la hauteur de leur histoire et de ce qu’attend le pays. Ce que je regrette c’est qu’il n’y ait pas d’incarnation, avec une présidentielle avec beaucoup de candidats mais peu de véritables offres politiques. Ce que je regrette c’est que dans un monde dangereux, il faut avoir une vie politique ardente, une démocratie vivante et ce n’est pas le cas aujourd’hui. »

D’après François Hollande, la campagne électorale qui s’ouvre repose trop sur la « multiplication de promesses de toutes sortes. » Or « les Français ne se déterminent pas sur une ou deux promesses mais sur un ou deux changements profonds. La politique ce n’est pas une succession de réponses à tous les thèmes que l’actualité charrie. » C’est d’ailleurs un peu le reproche que François Hollande fait à Anne Hidalgo dans son livre, notamment sur ses propositions à propos du salaire des enseignants, même si celui-ci tient à rectifier : « C’est valable pour Anne Hidalgo comme pour tous les autres. » Il n’empêche, ce livre est selon ses propres dires une tentative de « reformuler la social-démocratie » et « d’inventer quelque chose avec les méthodes sociales-démocrates » afin de construire un logiciel de gouvernement pour la gauche. L’ancien Président de la République préfère y voir un « conseil » à la maire de Paris : « Le conseil que je lui donne, c’est de ne pas multiplier ces mesures catégorielles. »

Et Anne Hidalgo en aura besoin de conseils, parce que la gauche est au plus bas actuellement dans les sondages. Mais tout n’est pas perdu pour François Hollande : « La gauche n’est pas rien dans le pays d’aujourd’hui. Si on faisait une addition, cela fait près de 30 %. » Il l’admet aussi, « ce n’est pas beaucoup ». Mais plutôt que d’y voir un échec de la social-démocratie qu’il chérit tant, l’ancien Président de la République met en avant l’attitude de la gauche radicale, celle « qui ne veut pas gouverner » : « Ce que je mets en cause c’est la gauche qui ne veut pas gouverner, je cite notamment Jean-Luc Mélenchon, qui fait un programme qui empêche même l’alliance avec le reste de la gauche. C’est un programme qui n’est pas de rupture mais qui est en séparation. » Mais alors, comment la gauche pourrait-elle gagner ? « Je pense que le pays attend une personnalité, un programme de gauche crédible, ce qui n’empêche pas l’audace. » Du « en même temps », en somme

Partager cet article

Dans la même thématique

François Hollande : « La gauche, ce n’est pas rien dans le pays aujourd’hui »
4min

Politique

Déserts médicaux : « Il existe des différences d’espérance de vie entre les départements » alerte Karine Daniel sénatrice socialiste de Loire-Atlantique

Au Clos-Toreau, quartier populaire du sud de Nantes, les habitants se battent depuis deux ans pour obtenir l’ouverture d’un centre de santé. A l’approche des élections municipales, la question des déserts médicaux s’impose dans la campagne comme un sujet de préoccupation récurrent, comme en témoigne cet habitant de Nantes dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
6min

Politique

Référendum sur l’immigration, primauté du droit national : le projet de Bruno Retailleau est-il faisable ?

En annonçant sa candidature à la présidentielle, le patron des Républicains a promis de « renverser la table » en redonnant la parole aux Français par des référendums sur l’immigration et la justice ou encore en redonnant la primauté du droit national sur les normes internationales. Un programme qui nécessite de réviser la Constitution. Il y a quelques années, le sénateur de Vendée avait déposé une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, avant de la retirer faute d'avoir pu réunir une majorité au Sénat.

Le

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite
7min

Politique

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite

La déclaration de candidature de Bruno Retailleau est loin de solder le problème complexe de la stratégie à adopter pour l’élection de 2027. Le groupe de travail sur le départage doit remettre ses travaux début mars. Plusieurs membres recommandent de ne pas se limiter à un processus de sélection trop resserré au seul parti LR.

Le

François Hollande : « La gauche, ce n’est pas rien dans le pays aujourd’hui »
3min

Politique

Bruno Retailleau candidat à l'Elysée : « Il a été le ministre de l’immigration et de l’insécurité, maintenant il fait le beau et il parade », raille Laurent Jacobelli (RN)

Sur un positionnement très conservateur, la candidature de Bruno Retailleau à l’Elysée pourrait ramener dans le giron des LR les électeurs tentés par l’extrême droite. Le RN Laurent Jacobelli, invité de la matinale de Public Sénat, veut rappeler que le Vendéen a fait alliance avec les macronistes. Il épingle également son bilan sécuritaire et migratoire en tant que ministre de l’Intérieur.

Le