François Hollande quitte l’Elysée sans dire adieu à la politique
François Hollande transmet dimanche les clés de l'Elysée à son successeur Emmanuel Macron, mais ne compte pas pour autant dire...

François Hollande quitte l’Elysée sans dire adieu à la politique

François Hollande transmet dimanche les clés de l'Elysée à son successeur Emmanuel Macron, mais ne compte pas pour autant dire...
Public Sénat

Par Sabine WIBAUX

Temps de lecture :

4 min

Publié le

François Hollande transmet dimanche les clés de l'Elysée à son successeur Emmanuel Macron, mais ne compte pas pour autant dire adieu à la vie politique même si ses projets restent encore flous.

Contrairement à son prédécesseur Nicolas Sarkozy, le président sortant s'est bien gardé d'annoncer son retrait de la scène politique.

"Il ne faut jamais dire jamais dans la vie", a observé celui qui sera officiellement retraité de la Cour des comptes lundi.

Tout juste a-t-il concédé une période de réserve "dans les prochains jours, les prochaines semaines", le temps de laisser le nouveau locataire de l'Elysée prendre ses marques.

Même si "la tentation d'intervenir peut être forte", pas question, a-t-il promis, d'"apparaître comme un conseiller, un mentor, ou pire encore" de jouer "la mouche du coche" durant les premiers pas de son ex-conseiller et ministre. Un ancien président doit "contribuer, aider mais sans gêner".

Dans l'immédiat, après quelques jours de vacances en France, M. Hollande s'installera dans ses nouveaux bureaux de la rue de Rivoli.

Le président sortant qui durant quasiment tout le quinquennat a vécu à l'Elysée, est également à la recherche, selon ses proches, d'un appartement à louer à Paris.

Mais ensuite?

François Hollande a certes eu le temps de préparer sa sortie depuis le 1er décembre lorsqu'il a renoncé, la mort dans l'âme, à briguer un nouveau mandat.

Mais lui-même avoue n'avoir pour l'heure "aucun projet construit".

La fondation "La France s'engage" dont il prendra la présidence à la rentrée ? Ce projet lui tient à coeur mais "ce n'est pas cela qui remplit la vie d'un homme".

Le Conseil constitutionnel? Certainement pas, "après c'est fini. On n'a pas d'activités autres. On ne peut pas parler", a-t-il déjà tranché.

- Sirènes des législatives -

Le Parti socialiste? Certes, il s'y rendra dimanche après avoir quitté l'Elysée, comme le fit en 1995 François Mitterrand au terme de son second septennat. Toutefois, "c'est une part de ma vie qui est terminée", considère l'ex-Premier secrétaire qui dirigea le PS pendant onze ans (1997 - 2008).

Briguer de nouveaux mandats? François Hollande, qui les a déjà pratiquement tous exercés en Corrèze - député (1988-1993, 1997-2012), maire de Tulle (2001 à 2008), président du conseil général (2008 à 2012) - n'entend pas suivre l'exemple de l'ex-président de Valéry Giscard d'Estaing qui après son échec en 1981, avait repris un parcours d'élu.

Alors que faire ? "Je me suis posé cette même question, qui revient sans cesse: comment puis-je être utile à mon pays ? Eh bien, c'est à cette question que je vais répondre maintenant, en réfléchissant, en travaillant, en produisant et en intervenant quand ça me paraîtra utile", a-t-il lui-même répondu, après son dernier discours officiel mercredi lors de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions.

Dans un premier temps, l'expert en stratégies électorales ne devrait pas résister aux sirènes des législatives des 11 et 18 juin.

Le 9, il sera à Tulle, pour le traditionnel hommage aux "99 pendus de Tulle" exécutés par la division Das Reich le 9 juin 1944.

Mais ce sera aussi l'occasion d'aller apporter son soutien à son ami, le maire PS de la ville, Bernard Combes, candidat dans la 1ère circonscription (Tulle-Ussel) qui fut la sienne pendant dix ans.

"C'est toujours en Corrèze que je me ressource, que je reprends des forces (...) Mes forces sont là", confiait récemment François Hollande, conscient du "sentiment de vide" qui pourrait s'emparer de lui.

Lorsque François Hollande s'est rendu à Tulle le 7 mai pour voter au second tour de la présidentielle, des amis lui cherchaient une maison dans sa ville d'adoption.

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – VOEUX DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
11min

Politique

Marine Le Pen demande la démission de Richard Ferrand : le président du Conseil constitutionnel est-il vraiment sorti de sa réserve ?

Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.

Le

France, Perpignan, October 13, 2026: High school and university students demonstrate with trade union support
7min

Politique

Vote à 16 ans : la jeunesse doit-elle avoir son mot à dire dans les urnes ?

Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.

Le

François Hollande quitte l’Elysée sans dire adieu à la politique
3min

Politique

« Méthode détestable », « colère » : l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises des départements de France tend les élus

Alors que le gouvernement a prévu de ponctionner 1,8 milliard d’euros du budget des départements dans le projet de loi de finances pour 2027, l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises des départements de France a fortement déplu. Le Premier ministre a néanmoins invité les départements à le rencontrer le 16 novembre à Matignon, un report qui va « exacerber les tensions », a prévenu le président (centriste) des Départements de France, François Sauvadet. Une grande partie des élus ont quitté la salle quand la ministre des Collectivités s’est exprimée.

Le

François Hollande quitte l’Elysée sans dire adieu à la politique
2min

Politique

En réponse à l’absence de Lecornu, les présidents de départements boycottent le discours de Françoise Gatel

Le Premier ministre a annulé hier soir sa venue aux Assises des départements de France et a convié à Matignon le 16 novembre les présidents des exécutifs locaux pour tenter de répondre à leurs inquiétudes sur le budget. En guise de protestation, les présidents de départements ont quitté la salle au moment du discours de la ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, Françoise Gatel.

Le