François Hollande quitte l’Elysée sans dire adieu à la politique
François Hollande transmet dimanche les clés de l'Elysée à son successeur Emmanuel Macron, mais ne compte pas pour autant dire...

François Hollande quitte l’Elysée sans dire adieu à la politique

François Hollande transmet dimanche les clés de l'Elysée à son successeur Emmanuel Macron, mais ne compte pas pour autant dire...
Public Sénat

Par Sabine WIBAUX

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François Hollande transmet dimanche les clés de l'Elysée à son successeur Emmanuel Macron, mais ne compte pas pour autant dire adieu à la vie politique même si ses projets restent encore flous.

Contrairement à son prédécesseur Nicolas Sarkozy, le président sortant s'est bien gardé d'annoncer son retrait de la scène politique.

"Il ne faut jamais dire jamais dans la vie", a observé celui qui sera officiellement retraité de la Cour des comptes lundi.

Tout juste a-t-il concédé une période de réserve "dans les prochains jours, les prochaines semaines", le temps de laisser le nouveau locataire de l'Elysée prendre ses marques.

Même si "la tentation d'intervenir peut être forte", pas question, a-t-il promis, d'"apparaître comme un conseiller, un mentor, ou pire encore" de jouer "la mouche du coche" durant les premiers pas de son ex-conseiller et ministre. Un ancien président doit "contribuer, aider mais sans gêner".

Dans l'immédiat, après quelques jours de vacances en France, M. Hollande s'installera dans ses nouveaux bureaux de la rue de Rivoli.

Le président sortant qui durant quasiment tout le quinquennat a vécu à l'Elysée, est également à la recherche, selon ses proches, d'un appartement à louer à Paris.

Mais ensuite?

François Hollande a certes eu le temps de préparer sa sortie depuis le 1er décembre lorsqu'il a renoncé, la mort dans l'âme, à briguer un nouveau mandat.

Mais lui-même avoue n'avoir pour l'heure "aucun projet construit".

La fondation "La France s'engage" dont il prendra la présidence à la rentrée ? Ce projet lui tient à coeur mais "ce n'est pas cela qui remplit la vie d'un homme".

Le Conseil constitutionnel? Certainement pas, "après c'est fini. On n'a pas d'activités autres. On ne peut pas parler", a-t-il déjà tranché.

- Sirènes des législatives -

Le Parti socialiste? Certes, il s'y rendra dimanche après avoir quitté l'Elysée, comme le fit en 1995 François Mitterrand au terme de son second septennat. Toutefois, "c'est une part de ma vie qui est terminée", considère l'ex-Premier secrétaire qui dirigea le PS pendant onze ans (1997 - 2008).

Briguer de nouveaux mandats? François Hollande, qui les a déjà pratiquement tous exercés en Corrèze - député (1988-1993, 1997-2012), maire de Tulle (2001 à 2008), président du conseil général (2008 à 2012) - n'entend pas suivre l'exemple de l'ex-président de Valéry Giscard d'Estaing qui après son échec en 1981, avait repris un parcours d'élu.

Alors que faire ? "Je me suis posé cette même question, qui revient sans cesse: comment puis-je être utile à mon pays ? Eh bien, c'est à cette question que je vais répondre maintenant, en réfléchissant, en travaillant, en produisant et en intervenant quand ça me paraîtra utile", a-t-il lui-même répondu, après son dernier discours officiel mercredi lors de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions.

Dans un premier temps, l'expert en stratégies électorales ne devrait pas résister aux sirènes des législatives des 11 et 18 juin.

Le 9, il sera à Tulle, pour le traditionnel hommage aux "99 pendus de Tulle" exécutés par la division Das Reich le 9 juin 1944.

Mais ce sera aussi l'occasion d'aller apporter son soutien à son ami, le maire PS de la ville, Bernard Combes, candidat dans la 1ère circonscription (Tulle-Ussel) qui fut la sienne pendant dix ans.

"C'est toujours en Corrèze que je me ressource, que je reprends des forces (...) Mes forces sont là", confiait récemment François Hollande, conscient du "sentiment de vide" qui pourrait s'emparer de lui.

Lorsque François Hollande s'est rendu à Tulle le 7 mai pour voter au second tour de la présidentielle, des amis lui cherchaient une maison dans sa ville d'adoption.

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