« François Hollande veut l’union des centres, nous voulons l’union de la gauche », estime Clémentine Autain

Invitée de notre matinale, Clémentine Autain a lancé un ultimatum au Parti socialiste, et appelle le PS à « trancher » sur sa participation ou non à la primaire de la gauche « non-mélenchoniste. » Si la primaire ne se tient pas, la cofondatrice du parti l’Après n’entend pas être « la candidate de la division » et n’exclut « aucune hypothèse », même un ralliement à Jean-Luc Mélenchon.
Louis Mollier-Sabet

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Alors que les atermoiements et les divisions au Parti socialiste fragilisent la primaire de la gauche « non-mélenchoniste », Clémentine Autain veut croire dans la « dynamique » que produirait une primaire avec « des millions » de participants. « Seule cette union peut permettre une dynamique populaire et créer une candidature capable de devenir le vote utile du peuple de gauche », détaille la cofondatrice de l’Après.

Les attaques de « l’aile droite du PS » – et notamment de François Hollande ce dimanche – n’ont pas vraiment surpris la députée de Seine-Saint-Denis : « Le projet de François Hollande, et maintenant peut-être de Boris Vallaud, c’est l’union des centres. Le mien, c’est l’union des gauches. Ils veulent aller chercher le MoDem et les macronistes, moi je pense que cette primaire doit rassembler le cœur du peuple de gauche. » Clémentine Autain va même jusqu’à estimer qu’un socialiste « ne peut pas incarner » ce rassemblement, mais estime que « c’est au peuple de gauche de trancher » par cette fameuse primaire.

« Je suis prête à perdre parce que c’est la condition du rassemblement », conclut-elle, tout en rappelant cette « blessure dans le peuple de gauche » que constitue le quinquennat de François Hollande et qui explique d’après elle les scores de Jean-Luc Mélenchon aux deux dernières présidentielles.

« Le spectacle que l’on donne est un cirque »

D’après Clémentine Autain, au-delà de la primaire, se pose une question d’orientation stratégique. « On a vu au Royaume-Uni ce que donne la ligne travailliste d’une tiédeur absolue. C’est la gauche qui ne tire pas la leçon de l’impasse dans laquelle est la social-démocratie depuis 40 ans, depuis qu’elle s’est moulée dans l’ordre néolibéral », tacle-t-elle.

« Le spectacle que l’on donne est un cirque », regrette la cofondatrice de l’Après, qui formule une sorte d’ultimatum au Parti socialiste : « Il faut que le PS tranche. Ils se débrouillent sur la méthode, je ne suis pas au Parti socialiste. Mais il faut qu’ils arrêtent de nous prendre en otage avec leur congrès permanent. J’appelle les militants socialistes à prendre leurs responsabilités et à sortir de l’ambiguïté. Nous sommes à un an de la présidentielle. »

Clémentine Autain fixe une date butoir à « l’été » pour statuer sur cette primaire : « Jusqu’à l’été, je me battrai bec et ongles pour que cette primaire existe. Si elle n’a pas lieu, cela sera la séquence d’après l’été. Ensuite, je ne serai pas une candidate de la division, on verra ce qui est possible de faire. » L’ancienne cadre de LFI « n’exclut rien » dans cette hypothèse, même un ralliement à Jean-Luc Mélenchon. « Je chercherais avec mes camarades de l’Après quelle est la solution, dans un contexte qui n’est pas idéal, pour voir ce qui nous permettra d’être le plus haut », estime-t-elle.

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