François-Xavier Bellamy ne ferme pas la porte à la participation d’Éric Zemmour au congrès LR
Invité de la matinale de Public Sénat, François-Xavier Bellamy est revenu sur le futur congrès des Républicains qui désignera le candidat de sa famille politique. Le député européen regrette de ne pas être passé par une procédure « plus ouverte » et ne ferme pas la porte à la participation d’Éric Zemmour.

François-Xavier Bellamy ne ferme pas la porte à la participation d’Éric Zemmour au congrès LR

Invité de la matinale de Public Sénat, François-Xavier Bellamy est revenu sur le futur congrès des Républicains qui désignera le candidat de sa famille politique. Le député européen regrette de ne pas être passé par une procédure « plus ouverte » et ne ferme pas la porte à la participation d’Éric Zemmour.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Zemmour or not Zemmour ? Difficile pour Les Républicains d’esquiver la question de leur rapport au polémiste, au moment où la droite s’apprête à désigner son candidat pour la prochaine élection présidentielle. La direction du parti semble vouloir écarter la possibilité d’un rassemblement des droites sous les bannières du chantre du « suicide français. » Mais, à entendre François-Xavier Bellamy, tout le monde n’est pas de cet avis au sein de LR.

« Qui d’autre que les électeurs de droite peuvent dire s’il partage les valeurs de la droite ? »

Sur la procédure, le député européen aurait préféré « passer par des primaires plus ouvertes. » Mais François-Xavier Bellamy fait contre mauvaise fortune bon cœur et reconnaît que le vote en congrès permettra « d’avoir un vrai débat, c’est le plus important. » Ouvrir le débat, très bien, mais jusqu’à quel point ? Jusqu’à Éric Zemmour ?

« Je ne vois pas ce qui empêcherait cela » confesse le député européen, en répétant que les LR ont « besoin du débat le plus ouvert et le plus large possible. » Mais Éric Zemmour partage-t-il les valeurs de la droite et du centre, comme l’exigent les nouveaux statuts du parti pour participer à la procédure de désignation du congrès ? « Qui d’autre que les électeurs de droite peuvent dire s’il partage les valeurs de la droite ? » interroge en retour François-Xavier Bellamy.

« Éric Zemmour a le mérite de poser une question fondamentale, celle de ce qui fait que nous sommes Français. »

Au niveau de ces valeurs, précisément, Éric Zemmour « a le mérite de poser une question fondamentale, qui est celle de la capacité que nous aurons de préserver ce qui nous lie, nous unit, ce qui fait que nous sommes Français. » Pour François-Xavier Bellamy, la France est en effet à la croisée des chemins et le salut passe par le rassemblement des droites : « Nous sommes à la veille d’une élection vitale de notre pays. C’est un défi de civilisation qui nous attend, on ne peut pas réduire l’espace de la discussion. » Le « suicide français » n’est pas loin.

Le député européen dresse ainsi le portrait d’un pays qui traite l’islamisme avec « lâcheté » et « complaisance » en citant l’exemple de fonds de recherche européens « utilisés par des officines proches des Frères musulmans pour financer des programmes qui, sous couvert de luttes contre les discriminations, sont en réalité une porte ouverte à cette idéologie de mort. »

Face à cette menace, la vision du champ politique de la tête de liste des Républicains aux dernières élections européennes et les alliances potentielles qui s’offre à son parti sont claires : « Emmanuel Macron n’est pas de droite, les titres de séjour diffusés en France n’ont jamais été aussi importants. […] Éric Zemmour a un discours de droite, on peut l’apprécier ou pas. » La question étant, François-Xavier Bellamy fait-il partie de ceux qui l’apprécient ? Et surtout, combien au sein des Républicains considèrent, comme lui, que « le dialogue le plus ouvert et le plus large possible » comprend « le discours de droite » du polémiste ?

Partager cet article

Dans la même thématique

Heat Wave in the North
5min

Politique

La justice ordonne le démantèlement de « mégabassines » en Charente-Maritime : les agriculteurs condamnés invoquent la loi d’urgence agricole et font appel

Neuf agriculteurs ont été condamnés par la justice, jeudi 23 juillet, à démanteler quatre retenues d’eau qu’ils utilisent illégalement depuis dix-sept ans. Ils ont annoncé faire appel et se fondent sur le prétendu « décalage » entre cette décision et la loi d’urgence agricole tout juste adoptée, très favorable au développement de ces « bassines ».

Le

PARIS, Conseil constitutionnel, Constitutional Council, Palais Royal
7min

Politique

Le Conseil constitutionnel est-il devenu un arbitre sursollicité ?

Longtemps perçu comme le gardien discret de la Constitution, le Conseil constitutionnel s’impose aujourd’hui comme l’un des acteurs incontournables de la vie politique. Jamais autant saisi sur les lois votées par le Parlement depuis une quinzaine d’années, il est devenu le passage obligé des textes les plus sensibles. Loin d'un dysfonctionnement, cette hyper-activité traduit les nouvelles dynamiques du pouvoir sous l'ère de la « majorité relative ».

Le

France Wildfires
2min

Politique

La France a demandé l’activation du mécanisme de protection civile de l’UE : en quoi consiste ce dispositif ?

Face à la multiplication des feux en France, en particulier en Gironde et dans les Landes, le président de la République Emmanuel Macron a demandé l’activation du mécanisme de protection civile européen hier soir. Déjà utilisé par le passé à Mayotte ou en Ukraine, ce dispositif permet « de proposer une réponse d’urgence » face aux incendies sur le sol européen.

Le

France Extreme Weather Heat
3min

Politique

Incendie au Cap-Ferret : 10 000 hectares parcourus, 80 maisons brûlées et 40 000 personnes évacuées, « le feu continue de progresser », annonce Laurent Nuñez

Le ministre de l’Intérieur a fait un point de situation, ce vendredi matin, sur « le plus feu gros de la saison » qui menace dangereusement le Cap-Ferret, en Gironde. « Le feu n’est pas maitrisé et continue de progresser », alerte Laurent Nuñez. Au total, 50 000 hectares ont brûlé depuis le début de l’année, « quasiment trois fois » plus que l’an dernier.

Le