Francophonie : Emmanuel Macron veut doubler les heures de français pour les réfugiés
Doubler les heures de français pour les réfugiés, faire du château de Villers-Cotterêts « un laboratoire de la francophonie ou encore un hommage aux « héros » que sont les profs de français… Devant l’Académie française, Emmanuel Macron a présenté son plan pour promouvoir la langue française et le plurilinguisme.

Francophonie : Emmanuel Macron veut doubler les heures de français pour les réfugiés

Doubler les heures de français pour les réfugiés, faire du château de Villers-Cotterêts « un laboratoire de la francophonie ou encore un hommage aux « héros » que sont les profs de français… Devant l’Académie française, Emmanuel Macron a présenté son plan pour promouvoir la langue française et le plurilinguisme.
Public Sénat

Par Public Sénat avec l'AFP

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Ce mardi 20 mars, à l’occasion de la journée de la francophonie, Emmanuel Macron a donc prononcé un discours devant l’Académie française. « La dernière fois que j’en ai parlé (de francophonie) c’était dans une université à Ouagadougou (…) J’avais face à moi, des jeunes étudiants et des jeunes étudiantes, qui  de manière évidente ne comprenaient pas ce que je disais » a-t-il relaté. C’est donc « avec beaucoup d’humilité » que cette fois-ci, le chef de l’État a reproduit l’exercice.

Le président de la République a commencé par rendre  hommage à « ces héros bien particuliers qu'on appelle les profs de français ». En référence à son épouse, ancienne professeure de français, il a concédé avoir « une forme de conflit d'intérêts biographique qui pourrait conduire à fausser (s)on jugement ». « Je ne pourrai le nier. Mais je veux néanmoins dire que l'Histoire de notre pays fut constituée par ces héros que sont les professeurs de français » a-t-il conclu.

Dans cette même veine, Emmanuel Macron a énoncé  les fondamentaux qu'il veut voir enseignés à l'école, où « la lecture sera au cœur de l'apprentissage ».

Entrant dans le détail, il a demandé « des exercices multipliés, de la dictée à la pièce d'éloquence, de la lecture à voix haute à la chanson, de la récitation à la réflexion sur la racine des mots, qui passe par la revitalisation résolue des langues anciennes ». « Nous ne pouvons être davantage ce pays où ces reculs avaient été admis », a-t-il critiqué.

« Je veux que la littérature française retrouve toute sa place aux dépens des succédanés dont trop souvent on s'est satisfait et je veux que les élèves renouent avec les œuvres intégrales trop souvent découpées en extraits, avec le plaisir de lire, (...) qui accepte qu'on se perde dans des longueurs », a-t-il réclamé.

Il a aussi souhaité que soient lus davantage d'écrivains étrangers en langue française et que la journée du 20 mars soit « dédiée à la connaissance des littératures en langue française à l'école ».

En guise d’annonces, Emmanuel Macron a fixé l'objectif de doubler le nombre d'élèves dans les lycées français à l'étranger, qui accueillent actuellement près de 350.000 jeunes dans 500 établissements à travers le monde.

Le chef de l'État a également insisté sur la nécessité d'améliorer l'accès au français pour les réfugiés en France, qui ont droit actuellement à 250 heures d'apprentissage. « Je vous défie d'apprendre le français en 250 heures », a-t-il reconnu, en annonçant que le volume de cours gratuits serait porté à « 400 heures, voire à 600 heures » pour ceux qui ne maîtrisent ni la lecture ni l'écriture.

Grâce au dynamisme démographique de l'Afrique, la francophonie est l'espace linguistique à la plus forte croissance: +143% prévu entre 2015 et 2065 (+62% pour l'anglais), selon l'ONU. D'ici à 2065, un milliard de personnes devraient parler français, soit cinq fois plus qu'en 1960, au deuxième rang des langues internationales derrière l'anglais et au troisième des langues les plus parlées.

Le français est actuellement cinquième après le mandarin, l'anglais, l'espagnol et, suivant les estimations, l'arabe ou l'hindi, selon l'Organisation internationale de la francophonie (OIF).

Enfin, Le château « en ruine » de Villers-Cotterêts, ville de naissance d’Alexandre Dumas et de l’édit de François 1er sur la langue française, sera « transformé en laboratoire de la francophonie. « Ce sera un lieu d’échanges, de création, d’écriture, de spectacles, de résidences d’artistes. Il apportera un élan nouveau à un territoire qui doit retrouver l’espoir et l’esprit de conquête » a-t-il annoncé. Depuis 2014, Villers-Cotterêts est dirigée par le Front national.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris Caf Nationale inauguration
8min

Politique

Politique familiale, allocations, crèches : que proposent les candidats à la présidentielle ?

Alors qu’Edouard Philippe met sur la table la création d’une allocation familiale unique de 350 euros, Gabriel Attal se penche sur les familles monoparentales, quand Bruno Retailleau propose un revenu familial de 240 euros par mois dès le premier enfant, et Marine Le Pen la préférence nationale pour les familles françaises candidate à un HLM. L’écologiste Marine Tondelier propose elle un congé d’allaitement choisi et indemnisé. Revue de détails.

Le

Paris : Socialist Party Primary Debate Ahead of France’s 2027 Presidential Election
6min

Politique

Le vote du premier tour de la primaire du PS perturbé par une cyberattaque

Alors que quelque 140 000 électeurs sont invités à exprimer leur préférence pour le premier tour de la primaire organisée à gauche, les opérations de vote sont perturbées depuis l’ouverture du scrutin ce vendredi matin. Les organisateurs font état d’une cyberattaque visant à saturer la plateforme de connexion. Les trois partis à l’origine de cette primaire, dont le Parti socialiste et Place publique, ont saisi la justice.

Le

Paris: Marine Le Pen presentation contre budget
5min

Politique

Préférence nationale : la proposition du RN de taxer l’embauche de travailleurs étrangers inquiète les entrepreneurs

Dans le contre-budget du RN présenté cette semaine par Marine Le Pen et Jordan Bardella, figure une mesure passée relativement inaperçue. Elle vise à taxer l’embauche d’un étranger extra-communautaire de 1 000 euros par an. La mesure a suscité un fort rejet de la part des syndicats patronaux qui rappellent au RN le principe de réalité du marché du travail.

Le