Frappes américaines en Syrie : les sénateurs réagissent
La nuit dernière, le président des Etats-Unis Donald Trump a ordonné de bombarder une base de l’armée syrienne, en représailles à l’attaque chimique de mardi, perpétrée dans le nord-est de la Syrie et imputée au régime de Bachar Al-Assad. Réactions des sénateurs de la commission des affaires étrangères.

Frappes américaines en Syrie : les sénateurs réagissent

La nuit dernière, le président des Etats-Unis Donald Trump a ordonné de bombarder une base de l’armée syrienne, en représailles à l’attaque chimique de mardi, perpétrée dans le nord-est de la Syrie et imputée au régime de Bachar Al-Assad. Réactions des sénateurs de la commission des affaires étrangères.
Public Sénat

Par Alice Bardo

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Trump a fait ce que tout le monde avait envie de faire », estime Nathalie Goulet, vice-présidente (UDI) de la commission des affaires étrangères. La décision de Donald Trump est un revirement total dans la diplomatie américaine à l’égard de la crise syrienne. Pendant sa présidence, Barack Obama s’en était tenu à une position diplomatique après l’attaque chimique près de Damas, pendant l’été 2013, qui avait fait plus d’un millier de morts.

Seulement cette nuit, le nouveau président américain a agi seul, sans consulter le Congrès et hors du cadre de l’Organisation des Nations-Unies (ONU). De quoi inquiéter Hélène Conway-Mouret, sénatrice (PS) représentant les Français établis hors de la France, elle aussi membre de la commission des affaires étrangères : « Le problème c’est que si Trump s’entête à agir de façon unilatérale, la Russie risque de s’impliquer dans le camp adverse. » L’ancienne ministre craint notamment « une escalade entre deux présidents aussi imprévisibles l’un que l’autre ». Michelle Demessine, vice-présidente (PCF) de la commission des affaires étrangères du Sénat, redoute elle aussi une « escalade militaire » et voit dans la décision de Donald Trump « une forme d'inconscience ».

« Il fallait réagir »

Certains commencent d’ailleurs à évoquer la possibilité d’une « guerre froide », près de vingt-cinq ans après l’effondrement du bloc soviétique. Hélène Conway-Mouret parle, elle, d’une « guerre mondiale ». « Il suffirait d’une étincelle pour que le feu se propage ». « Le coup d’après peut fragiliser la région ou fragiliser Bachar », considère quant à elle Nathalie Goulet. Pour autant, la vice-présidente de la commission des affaires étrangères est « soulagée que quelque chose se passe enfin et qu’on arrête les menaces ». « Il faut arrêter d’aboyer, il y a un moment où il faut mordre », conclut-elle.

Jean-Pierre Masseret, sénateur de la Moselle, admet qu’ « il fallait réagir » après l’attaque chimique de mardi dernier, qu’il qualifie de « crime contre l’humanité ». Mais pour lui, « l’intervention militaire est quelque chose d’ultime ». Il appelle à un « accord diplomatique » et à « chercher en même temps la solution politique qui, à terme, devrait mettre hors de course le président Assad ». Le plus important reste que cela se fasse « dans le cadre de l’ONU ». Michelle Demesssine partage son avis et rappelle le « rôle incoutournable des Nations-Unies ». François Hollande préfère également cette solution, mais « si c’est possible ».

Finalement, tous sont partagés entre la nécessité de réagir et les conséquences d’une telle intervention. « Je ne sais si c’était la bonne réaction au bon moment. Mais l’émotionnel a pris le pas », confie Nathalie Goulet.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

6min

Politique

Présidentielle : Raphaël Glucksmann, vainqueur de la primaire du PS, désormais face à la difficile question du rassemblement à gauche

Avec plus de 66% des suffrages, Raphaël Glucksmann s’offre une victoire suffisamment large pour enclencher une dynamique de rassemblement au sein du PS, où sa candidature était loin de faire l’unanimité. En revanche, rassembler au-delà du pôle social-démocrate risque de s’avérer plus compliqué pour le fondateur de Place Publique.

Le

RG
4min

Politique

« Ce soir, la bataille de France commence » : après sa victoire à la primaire de la gauche, Raphaël Glucksmann assure que « rien » ne le « fera lâcher »

Après sa victoire écrasante à la primaire de la gauche sociale-démocrate, Raphaël Glucksmann « mesure l’immense responsabilité que cela représente ». « Je suis aujourd’hui le candidat du Parti socialiste », soutient le leader de Place Publique, qui veut aussi être « le candidat de la rupture avec l’hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur la gauche française » et « le candidat qui pourra battre l’extrême droite ».

Le