Fraude fiscale: saisi par Thomas Thévenoud, le Conseil constitutionnel se prononce vendredi
Saisi par l'ancien ministre Thomas Thévenoud, qui cherche à obtenir l'annulation de sa condamnation pénale pour fraude fiscale,...

Fraude fiscale: saisi par Thomas Thévenoud, le Conseil constitutionnel se prononce vendredi

Saisi par l'ancien ministre Thomas Thévenoud, qui cherche à obtenir l'annulation de sa condamnation pénale pour fraude fiscale,...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Saisi par l'ancien ministre Thomas Thévenoud, qui cherche à obtenir l'annulation de sa condamnation pénale pour fraude fiscale, le Conseil constitutionnel doit dire vendredi si son "omission" de déclarer ses revenus peut bien lui valoir une double sanction, administrative et judiciaire.

Les "Sages", chargés de contrôler la conformité des lois avec la Constitution, sont saisis d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par la défense de Thomas Thévenoud et son épouse.

Ce recours vise la combinaison de deux articles du code général des impôts autorisant le cumul de sanctions pénales et fiscales s'agissant de l'omission volontaire "de faire sa déclaration dans les délais prescrits".

Thomas Thévenoud, éphémère secrétaire d'État au Commerce extérieur en 2014, avait été condamné en appel le 31 janvier à 12 mois de prison avec sursis et trois ans d'inéligibilité, comme son épouse.

La justice reprochait au couple de ne pas avoir déclaré ses revenus en 2012 et d'avoir, de 2009 à 2013, rempli sa déclaration en retard malgré plusieurs relances et mises en demeure de l'administration fiscale.

Ils avaient par ailleurs régularisé leur situation en 2014 et s'étaient acquittés de 20.500 euros de pénalités de retard.

La défense de Thomas Thévenoud soutient que cette double sanction pénale et fiscale est anticonstitutionnelle.

Les "Sages" avaient déjà été saisis en 2016 de telles contestations du cumul des poursuites administratives et pénales en matière de fraude fiscale.

Le Conseil constitutionnel avait alors rejeté les recours de l'ancien ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, et de la famille de marchands d'art Wildenstein en autorisant ce cumul dans les cas "les plus graves de dissimulation frauduleuse de sommes soumises à l'impôt". Cette gravité pouvant résulter "du montant des droits fraudés, de la nature des agissements de la personne poursuivie ou des circonstances de leur intervention".

La défense des époux Thévenoud considère que cette décision s'appliquait uniquement "à la dissimulation" frauduleuse, et soutient qu'omettre de remplir sa déclaration est moins grave.

La dissimulation implique "une volonté de tromper avec des manœuvres plus ou moins sophistiquées pour cacher ces avoirs", mais pas la simple "omission" de déclarer ses revenus, qui ne saurait donc faire l'objet d'une double sanction, soulignait leur avocat, Patrice Spinosi, au cours de l'audience le 13 novembre.

La Cour de cassation devra tirer les conséquences de la décision des "Sages".

Moqué pour avoir invoqué une "phobie administrative", Thomas Thévenoud avait démissionné le 4 septembre 2014, neuf jours seulement après sa nomination, en raison de cette affaire.

Partager cet article

Dans la même thématique

6min

Politique

Municipales 2026 : les prisons privées du vote par correspondance

Conformément à la loi promulguée en juillet 2025, les détenus ne pourront plus voter par correspondance aux scrutins locaux, dans le souci d’éviter toute distorsion électorale. Au mois de mars, les municipales seront les premières élections concernées par ce changement.

Le

image prétexte écran ordinateur
5min

Politique

 « Où va ma France ? » : Guillaume Gontard, président du groupe écologiste au Sénat, juge l’initiative « totalement scandaleuse et illégale ».

La députée écologiste Sabrina Sebaihi a dénoncé, lundi 5 janvier sur le réseau social X, le site « Où va ma France ? », qu’elle accuse de constituer un « fichage dangereux ». La plateforme cartographiant mosquées, quartiers dits « sensibles » et hébergements pour migrants, fait désormais l’objet de plusieurs saisines judiciaires.

Le

Le Senat, Paris.
5min

Politique

Fin de vie : « Un référendum sur le texte inopérant du Sénat, n’aurait pas de sens », considère Olivier Falorni

Cette semaine, la commission des affaires sociales du Sénat a restreint la portée de la proposition de loi établissant « un droit à l’aide à mourir », le remplaçant par une « assistance médicale à mourir ». L’auteur de la proposition de loi, le député Olivier Falorni, juge la version du Sénat « inopérante » et espère « un dernier mot » de l’Assemblée avant l’été. Le chef de l’Etat a rappelé qu’il était prêt à aller au référendum si la navette parlementaire était interrompue.

Le