Fronde de Bayrou, symptôme d’un « glissement vers une droite radicale » du gouvernement, selon Cyrielle Châtelain

Invitée de Bonjour chez vous ce jeudi 8 février, la cheffe des députés écologistes a dénoncé une droitisation du gouvernement de Gabriel Attal et a appelé le Modem à travailler avec la gauche.
Stephane Duguet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

C’est une main tendue qui peut surprendre. Alors que le Premier ministre Gabriel Attal doit annoncer d’ici la fin de la semaine la composition définitive de son gouvernement, le patron du Modem, François Bayrou a affirmé mercredi avoir refusé de devenir ministre « faute d’accord profond sur la politique à suivre ». La cheffe des députés écologistes Cyrielle Châtelain, invitée de Bonjour Chez Vous ce matin, lui propose donc de travailler avec la gauche pour « mettre du poids » sur certains sujets. « Sur les questions démocratiques, la proportionnelle, le logement, les transports dans les collectivités territoriales, je suis sûre qu’on peut trouver un point d’entente », glisse l’ancienne secrétaire des Jeunes Verts.

La députée de l’Isère voit dans cette déclaration du maire de Pau le symptôme d’un « glissement vers une droite radicale » du gouvernement. « On avait dit en décembre que la loi immigration marquait la fin du en même temps. Je pense que c’est sa concrétisation, c’est profondément une querelle politique », avance-t-elle, accusant Gabriel Attal de « reprendre des conceptions du Rassemblement National » dans son discours de politique générale. Malgré les critiques de François Bayrou, le patron du Modem a confirmé sur Franceinfo ce jeudi que le Modem restera dans la majorité présidentielle.


L’attente du gouvernement au « détriment des politiques publiques »

François Bayrou a tout de même parlé d’une « démarche d’humiliation » de la part du président de la République et du Premier ministre mercredi soir. Des termes que comprend Cyrielle Châtelain pour qui Emmanuel Macron est « dans une jouissance de sa toute-puissance » en décidant « qui rentre qui sort » du gouvernement. Elle déplore surtout le temps pris par le président de la République entre la nomination du Premier ministre il y a un mois et l’officialisation de l’équipe gouvernementale complète. « Il se sait central, mais il prend son temps au détriment des politiques publiques », fustige la députée.

Sur le casting complet du gouvernement, Cyrielle Châtelain souhaite le départ d’Amélie Oudéa-Castéra de l’Education et des Sports. La nouvelle ministre avait entamé ses fonctions par une polémique sur l’école privée. « Elle aurait dû quitter le gouvernement il y a longtemps, sa crédibilité est entachée, sur le sport aussi », martèle la députée iséroise. L’ancienne garde des Sceaux Nicole Belloubet tiendrait la corde pour s’installer dans le fauteuil de ministre de l’Education nationale. Une nouvelle qui n’enchante pas l’écologiste, en désaccord avec la politique d’éducation de Gabriel Attal : « Ça fait des années qu’on a un gouvernement qui ne parie plus sur l’Éducation nationale et pousse les élèves à la concurrence », déplore-t-elle.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Meeting of Aurore Berge with parliamentary groups ahead of the bill to combat antisemitism
4min

Politique

Antisémitisme : après le retrait de la loi Yadan, vers un projet de loi plus général pour lutter « contre tous les racismes »

Après le retrait à l’Assemblée nationale de la proposition de loi portée par la députée Renaissance Caroline Yadan, la ministre déléguée chargée de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, recevait l’ensemble des groupes parlementaires en vue de l’élaboration d’un projet de loi contre « les formes contemporaines de l’antisémitisme ». Il a été convenu lors de cette réunion d’élargir le texte à la lutte contre toutes les formes de racisme.

Le

Fronde de Bayrou, symptôme d’un « glissement vers une droite radicale » du gouvernement, selon Cyrielle Châtelain
5min

Politique

« L’adoption de l’IA par nos entreprises est trop lente » : la ministre du numérique alerte sur le risque de décrochage face à la concurrence mondiale

Entendue ce mardi par la délégation aux entreprises du Sénat, Anne Le Hénanff s’est félicitée de la bonne santé de l’écosystème IA français, mais pointe le « retard » des entreprises françaises dans son utilisation. Plaidant pour une forte accélération en la matière, la ministre appelle faire émerger une « troisième voie de l’IA », française et européenne, face aux leaders américains et chinois.

Le