Front national se mue en Rassemblement national mais peine à fédérer
Le FN devrait se doter vendredi du nouveau nom, "Rassemblement national", proposé par Marine Le Pen et censé marquer l...

Front national se mue en Rassemblement national mais peine à fédérer

Le FN devrait se doter vendredi du nouveau nom, "Rassemblement national", proposé par Marine Le Pen et censé marquer l...
Public Sénat

Par Anne RENAUT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le FN devrait se doter vendredi du nouveau nom, "Rassemblement national", proposé par Marine Le Pen et censé marquer l'aboutissement de la refondation d'un parti qui doit trouver des alliés pour gagner, non sans difficultés.

L'événement pourrait être toutefois parasité par l'intervention la veille de sa nièce Marion Maréchal, qui s'exprimera sur Mai-1968, après avoir dévoilé son projet d'école à Lyon sans exclure de revenir ultérieurement en politique.

Consultés par courrier depuis le 9 mai, les militants du FN devraient adopter sans surprise le nouveau nom proposé par leur cheffe, qui annoncera les résultats du vote à Lyon vendredi soir, à l'issue d'un conseil national (parlement) élargi du parti.

Les militants étaient très partagés sur le principe d'un changement d'appellation, mais au congrès des 10 et 11 mars à Lille, "ils ont été rassurés parce qu'on garde la flamme et le mot +national+", explique un cadre du FN. "C'est le changement dans la continuité", renchérit le député du Nord Sébastien Chenu.

L'enjeu est de séduire les électeurs en vue des Européennes de l'an prochain face aux ambitions supposées d'Emmanuel Macron dépeint comme le chef des "mondialistes".

"Il fait l'alliance des mondialistes. A charge pour nous de faire l'alliance de ceux qui défendent la nation. Effectivement, si nous ne le faisons pas, alors nous lui donnerons un avantage considérable", a expliqué mardi Marine Le Pen.

- "Frein psychologique" -

Le nouveau nom fait écho au groupe parlementaire frontiste entre 1986 et 1988 appelé "Front national-Rassemblement national", qui comprenait trois députés CNIP.

Mais les alliances tardent à voir le jour. Le président de LR Laurent Wauquiez y oppose une fin de non-recevoir et les personnalités approchées, comme l'ancien ministre LR Thierry Mariani, n'ont pas encore donné de réponse.

Celle qui ne croit plus au clivage gauche-droite a certes appelé à voter lors d'une législative partielle à Mayotte pour le candidat LR, dans un contexte très particulier de crise migratoire. Mais l'essai ne s'est pas reproduit.

Même son ancien allié à la présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan, crédité de 7% aux européennes par Harris Interactive, semble vouloir lancer sa propre liste avec deux autres petits partis eurosceptiques, le Parti Chrétien-Démocrate et le CNIP.

Abandonner le mot "front", trop "militaire" aux oreilles de Marine Le Pen, lui permet de lever le "frein psychologique" à voter pour un parti régulièrement accusé de racisme et d'antisémitisme.

Marine Le Pen est allée jusqu'à exclure en 2015 son père du parti qu'il lui a légué, après ses propos polémiques sur la Shoah.

Mais le travail de dédiabolisation est loin d'être achevé. Le 22 mai, le FN a invité à l'Assemblée nationale un député égyptien qui tient régulièrement des propos antisionistes et complotistes.

- Petite musique -

Les rapprochements sont rendus d'autant plus hypothétiques que la ligne du FN de préférence nationale n'a, elle, pas changé, voire est devenue plus identitaire.

À défaut de concrétiser le rassemblement en France, Marine Le Pen a tenté de faire affiche commune à Nice le 1er mai avec ses alliés européens, et ne cesse de faire l'éloge de la Ligue italienne qui a conclu un accord de gouvernement avec les populistes du M5S.

Manque de chance, son ami chef de la Ligue Matteo Salvini, retenu par des tractations gouvernementales, n'a pas fait le déplacement. Autre invité de marque, le Néerlandais Geert Wilders, tenu par un procès pour incitation à la haine, s'est aussi désisté.

Le FN n'est pas le seul à changer d'appellation. L'ancienne députée Marion Maréchal a abandonné le nom Le Pen pour se consacrer à son projet d'école à Lyon --où les intervenants viennent de tous les courants de l'extrême droite-- fer de lance d'un combat d'idées qui pourrait à terme devenir électoral.

Sur une ligne plus identitaire et sociétale que sa tante, elle fera entendre sa petite musique jeudi soir à Paris pour expliquer que "le délire soixante-huitard est fini", comme elle le dit au journal Présent.

La présidente LR de l'Ile-de-France Valérie Pécresse met en garde: "Derrière la grand-mère (Marion) du Chaperon rouge, il y a toujours le loup" de l'extrême droite.

Partager cet article

Dans la même thématique

6min

Politique

Présidentielle : Raphaël Glucksmann, vainqueur de la primaire du PS, désormais face à la difficile question du rassemblement à gauche

Avec plus de 66% des suffrages, Raphaël Glucksmann s’offre une victoire suffisamment large pour enclencher une dynamique de rassemblement au sein du PS, où sa candidature était loin de faire l’unanimité. En revanche, rassembler au-delà du pôle social-démocrate risque de s’avérer plus compliqué pour le fondateur de Place Publique.

Le

RG
4min

Politique

« Ce soir, la bataille de France commence » : après sa victoire à la primaire de la gauche, Raphaël Glucksmann assure que « rien » ne le « fera lâcher »

Après sa victoire écrasante à la primaire de la gauche sociale-démocrate, Raphaël Glucksmann « mesure l’immense responsabilité que cela représente ». « Je suis aujourd’hui le candidat du Parti socialiste », soutient le leader de Place Publique, qui veut aussi être « le candidat de la rupture avec l’hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur la gauche française » et « le candidat qui pourra battre l’extrême droite ».

Le