Tous les députés de la France Insoumise, furieux que Clémentine Autain ait été coupée avant de finir sa question au gouvernement, ont quitté mercredi l'hémicycle après être restés massés un moment au pied du "perchoir", tenus à distance par des huissiers.
"Depuis le début de la semaine, votre gouvernement s'est lancé dans une fuite en avant autoritaire particulièrement dangereuse pour notre démocratie", a dénoncé dans son intervention l'élue de Seine-Saint-Denis, reprochant au gouvernement d'avoir provoqué "un triste désordre" à Notre-Dame-des-Landes et dans les universités, en brandissant "la matraque".
Le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon s'est exclamé sur son banc: "la chienlit, c'est vous!".
Dans une atmosphère chahutée, Mme Autain a aussi lancé à la majorité: "votre prétendu nouveau monde n'est qu'un régime bien ancien".
Le président de l'Assemblée, François de Rugy (LREM) lui a alors coupé le micro, son temps de parole étant épuisé, déclenchant la protestation de l'Insoumise. "Le temps de parole, madame la députée, est le même pour tout le monde, il est de deux minutes", a-t-il justifié, avant de donner la parole au ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.
Jean-Luc Mélenchon et Danièle Obono à l'Assemblée nationale, le 11 avril 2018
AFP
L'ensemble des Insoumis ont ensuite quitté leurs bancs pour se diriger vers le bas de l'hémicycle, protestant contre le président de l'Assemblée avec force gestes des bras. Plusieurs d'entre eux, dont Jean-Luc Mélenchon, se sont approchés du banc du gouvernement et du perchoir, bloqués à ce moment par un cordon d'huissiers.
Après un moment de flottement, où ils ont continué à manifester leur colère pendant l'intervention de Gérard Collomb, les LFI ont quitté l'hémicycle, rejoints momentanément par les communistes.
Le ministre a notamment lancé que "c'est ici que l'on débat et l'on n'envoie pas dans les facultés et à Notre-Dame-des-Landes un certain nombre de gens inconséquents", susceptibles de "déchaîner une violence que demain on ne pourra plus contenir".
"S'il n'y a pas la loi et l'ordre, il n'y a pas de pays qui tienne" et "l'opinion publique est massivement derrière nous pour une volonté de dialogue", a clamé M. Collomb, salué par une standing ovation de la majorité.
François de Rugy a alors appelé au "calme", soulignant qu'il faisait respecter les temps de parole depuis neuf mois, au point d'être "surnommé dans un journal le +serial-coupeur+".
Plusieurs LREM et MoDem ont condamné sur Twitter le comportement "honteux" d'Insoumis prêts à "faire le coup de poing", comme Barbara Pompili, "écoeurée" par ce "cirque", ou contre "une république de ZADistes où qu’elle soit!" (Benoît Simian).
La députée LFI Clémentine Autain et François Ruffin à l'Assemblée nationale, à Paris le 6 février 2018
AFP/Archives
Dans les couloirs, les Insoumis, au conflit croissant avec M. de Rugy, ont dénoncé un "mauvais président".
Mme Autain, qui comptait demander au Premier ministre s'il allait "participer à l'enterrement de mai 68 et (s')inscrire derrière ceux qui condamnaient la chienlit?", a dénoncé auprès de l'AFP une "volonté de museler l'opposition doublée d'une petite teinte machiste". Elle a observé qu'en février la ministre des Armées Florence Parly s'était vu couper la parole par M. de Rugy et que M. Collomb avait, lui, pu parler mercredi plus de 2 minutes.
A la reprise des débats sur la réforme ferroviaire, Jean-Luc Mélenchon est revenu sur l'incident, évoquant un soupçon de "prévention peut-être machiste" et la "mesure brutale" d'interruption, mais assurant que "naturellement" les LFI reprenaient les discussions.
Depuis le début de la législature, un autre incident majeur a eu lieu fin mars. Indignée par des propos de la ministre de la Justice Nicole Belloubet sur le droit d'amendement, la quasi totalité de l'opposition avait quitté l'hémicycle.
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En pleine séquence de canicule, le chef de file de La France insoumise relance son projet de « république écologique ». Le candidat à l’élection présidentielle propose, s’il accède à l’Élysée, de remplacer les régions actuelles par treize « écorégions » organisées autour des bassins versants. Une réforme institutionnelle ambitieuse, qui reste à ce stade une proposition de campagne.
Dans les colonnes du Figaro, le patron des députés de droite, Laurent Wauquiez semble avoir, une fois de plus, savonné la planche du candidat à la présidentielle de son parti, Bruno Retailleau, estimant, sans le nommer, qu'il devrait « savoir se retirer le plus tôt possible » au profit du candidat le mieux placé pour rassembler la droite et le centre, en l'occurrence Édouard Philippe. Si l'entourage de Laurent Wauquiez dément tout soutien au candidat Horizons, ses propos agacent mais ne surprennent pas vraiment le camp du Vendéen.
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