Fusion TF1/M6 : « On ne veut pas qu’elle se fasse à nos dépens », s’inquiètent les producteurs français
La commission d’enquête du Sénat sur la concentration des médias a auditionné les principaux producteurs de l’audiovisuel français. Au menu des questions des sénateurs, leurs rapports avec les plateformes et les diffuseurs français au moment où se profile la fusion TF1/M6.

Fusion TF1/M6 : « On ne veut pas qu’elle se fasse à nos dépens », s’inquiètent les producteurs français

La commission d’enquête du Sénat sur la concentration des médias a auditionné les principaux producteurs de l’audiovisuel français. Au menu des questions des sénateurs, leurs rapports avec les plateformes et les diffuseurs français au moment où se profile la fusion TF1/M6.
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Ce sont les fleurons de la production audiovisuelle française, Banijay (Touche pas à mon poste, Koh Lanta, Versailles), Mediawan (10 pour cent, Bac nord, C dans l’air) et Fédération Entertainement (Bureau des légendes, The Father)

Chacun se présente comme une « fédération de producteurs indépendants avec 100 % de liberté éditoriale », et malgré un rayonnement à l’international, ce sont « les parents pauvres » du marché de l’audiovisuel français, comme l’a expliqué Stéphane Courbit, le président de Banijay.

Concurrencés par les grands studios américains, ceux des plateformes et les productions internes des chaînes françaises, les producteurs peuvent néanmoins bénéficier d’une législation favorable avec la transposition en droit français de la directive européenne SMA (services de médias audiovisuels). Elle impose notamment aux plateformes SVOD d’investir 20 % de leur chiffre d’affaires réalisés en France dans la production indépendante française. Les plateformes doivent également restituer aux producteurs les droits des œuvres au bout de trois ans.

« Il faut absolument qu’on garde ce respect, des créateurs et des producteurs qui sont un maillon essentiel de la créativité »

« Le business model européen est un business où on partage. Les plateformes partagent. Les diffuseurs français ont commencé à partager. Il faut absolument qu’on garde ce respect, des créateurs et des producteurs qui sont un maillon essentiel de la créativité, de la diversité et du génie français », a indiqué Pascal Breton soulignant que les obligations des chaînes françaises étaient moindres que celles des plateformes vis-à-vis des producteurs.

A ce sujet la perspective d’une fusion entre M6 et TF1 inquiète les producteurs. Ce sujet est revenu fréquemment lors de leur audition devant la commission d’enquête. Pascal Breton a reconnu que les diffuseurs (les chaînes) étaient dans l’obligation de se rapprocher pour monétiser davantage leurs contenus à condition « qu’ils respectent les règles du jeu ».

Stéphane Courbit abonde : « Il y a 4 000 producteurs en France, mais on a réellement six ou sept clients. Si jamais la fusion TF1/M6 se fait, on aura un vrai duopole. Il y aura le service public qui a sa spécificité. Et dans le secteur privé, TF1/M6 qui représentera 90 % des achats de programmes […] Donc, pour certains types de programmes vous n’aurez qu’un seul client. On ne peut pas dire que ça ne nous inquiète pas. Quand vous n’avez qu’un seul client, c’est lui qui fixe les règles […] On ne veut pas que ce soit fait à nos dépens ».

D’autant que les producteurs ne peuvent pas se concentrer uniquement vers les plateformes qui achètent peu de flux (talkshows), très générateurs d’emplois en France. Pour les trois producteurs auditionnés, les plateformes ne représentent que 10 % de leur chiffre d’affaires.

« Pour l’instant, ils ne veulent pas discuter »

Les producteurs se tournent alors vers le législateur et l’Arcom pour fixer les règles « d’une concentration maîtrisée » des diffuseurs. Parmi leurs propositions, faire passer de 12 % à 15 % du chiffre d’affaires, l’obligation des chaînes d’investir dans les productions indépendantes des garanties sur leurs achats de flux, ou encore un accord « gagnant gagnant » dans le partage des droits de diffusions. « Ce sont trois points clés d’une discussion simple qu’on peut avoir et qu’on soutiendra. Mais pour l’instant, ils ne veulent pas discuter », explique Pascal Breton.

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