Gabriel Attal : « Je suis lucide sur les difficultés de beaucoup de Français »

Pour ses premières questions d’actualité au gouvernement du Sénat, le nouveau Premier ministre Gabriel Attal a listé les grands défis qui l’attendent et déclare ne pas être « aveugle ou sourd aux difficultés que traversent les Français ».
Rédaction Public Sénat

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« Je ne vais pas faire ici ma déclaration de politique générale, mais vous voyez que j’avais des choses à vous dire ». Gabriel Attal a en effet fait une longue réponse au président du groupe socialiste, Patrick Kanner qui l’interpellait sur la conférence de presse du chef de l’Etat mardi soir. « Les propos du président de la République traduisent sa déconnexion avec le quotidien des Français […] Les Français, eux, n’ont rien oublié, ni l’injuste réforme des retraites, ni la stigmatisation des chômeurs, ni la xénophobie rampante de la loi immigration […] M. le Premier ministre, auriez-vous l’audace d’en tirer toutes les conséquences », l’a interrogé le sénateur du Nord.

« Les budgets e dédiés à l’hôpital public, on en aurait rêvé dans les précédentes majorités »

Gabriel Attal a, lui, indiqué avoir entendu « un président de la République lucide sur les difficultés de notre pays et sur les défis que nous avons à relever. Est-ce que ces difficultés doivent nous empêcher de reconnaître et de mettre en avant un certain nombre de progrès qui sont intervenus ces dernières années dans notre pays ? »

Et au Premier ministre de lister ces « progrès » pendant de longues minutes. « Un taux de chômage aussi bas que nous n’avions pas connu depuis un certain nombre d’années », « un million de jeunes qui chaque année sont en apprentissage », « l’ouverture de la PMA pour toutes les femmes » … « Je pourrai multiplier les exemples. Est-ce que ça me rend aveugle ou sourd aux difficultés que traversent les Français ? La réponse est non. Je suis lucide sur les difficultés, sur les angoisses, les doutes et les colères de beaucoup de Français ».

Sur la santé, Gabriel Attal qui fût conseiller de la ministre socialiste Marisol Touraine a insisté sur la hausse des budgets en œuvre depuis 2017. « Je le dis. Les budgets et les investissements qui ont été dédiés à l’hôpital public, au travers le Ségur de la Santé, mais pas seulement, on en aurait rêvé dans les précédentes majorités ».

« Je ne voudrais pas que ces soldats de l’an II se transforment en cavalier de l’apocalypse »

Au sujet de l’école, Gabriel Attal a rappelé son court bilan au ministère de l’Education nationale. « J’ai pris un certain nombre de décisions assez fermes et assez radicales. Sur la question de la laïcité qui ne doit jamais souffrir de contestation, sur l’exigence et l’excellence à tous les niveaux à l’école », a-t-il cité. Le Premier ministre a également rappelé les montants des deux lois de programmation pour la sécurité intérieure et la justice. Enfin, il a rappelé qu’il était en charge, comme sa prédécesseure de la planification écologique. « J’attends qu’on me montre un pays de l’Union européenne qui s’engage autant que nous, qui a réussi à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 4 % comme nous l’avons fait l’an dernier ? »

Une réponse qui n’a évidemment pas convaincu Patrick Kanner. « Ce n’est pas parce qu’on change le premier violon qu’on change la partition ». Puis le sénateur est revenu sur la phrase d’Emmanuel Macron à ses ministres la semaine dernière, les qualifiants de « soldats de l’an II du quinquennat ». « Je ne voudrais pas que ces soldats de l’an II se transforment en cavalier de l’apocalypse et qui permettront que l’extrême droite puisse s’installer dans notre pays. Et votre politique, malheureusement, est en train d’y concourir »

 

 

 

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