Gabriel Attal plus jeune premier ministre : « Les records sont faits pour être battus », sourit Laurent Fabius

Le président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius, est l’invité d’« Au bonheur des livres », ce vendredi, sur Public Sénat. L’ancien premier ministre de François Mitterrand, qui vient de se faire détrôner en tant que plus jeune politique nommé à Matignon, réagit à la nomination de Gabriel Attal.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Guillaume Durand reçoit cette semaine dans l’émission « Au bonheur des livres », sur Public Sénat, le président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius. L’ancien premier ministre socialiste y réagit à la nomination de Gabriel Attal à Matignon. Celui qui était devenu, à 37 ans, le plus jeune premier ministre de la Ve République, quand François Mitterrand le nomme à ce poste, en 1984, vient de se faire détrôner dans ce classement. Gabriel Attal est en effet devenu le plus jeune premier ministre jamais nommé, à seulement 34 ans.

« C’est assez amusant, car on m’a très gentiment mis sur mon bureau deux titres du journal Libération. L’un que j’ai vu récemment, où Libération titre, je crois, « Monsieur Macron se nomme à Matignon » (le titre exact est « Macron premier ministre », ndlr). Et ils ont fait exactement le même titre quand moi, j’ai été nommé, en disant « Mitterrand se nomme à Matignon » », commence Laurent Fabius.

« Le seul commentaire que je puis faire », continue le président du Conseil constitutionnel, « il paraît que jusqu’à la nomination de Monsieur Attal, j’étais recordman de la jeunesse. Et comme j’aime beaucoup le sport, je dirais – et cette phrase sera certainement méditée – les records sont faits pour être battus ». Il glisse cependant également que son directeur de cabinet « était Louis Schweitzer, que j’avais (déjà) comme directeur de cabinet ». Autrement dit, François Mitterrand ne lui avait pas imposé son directeur de cabinet, comme l’Elysée l’a fait aujourd’hui à Gabriel Attal, en la personne d’Emmanuel Moulin.

« On a conçu ensemble la formule « lui c’est lui, et moi c’est moi » »

Laurent Fabius revient au passage sur la genèse de la célèbre formule « lui c’est lui, et moi c’est moi ». « Je suis nommé, j’étais très jeune. J’avais été avant le directeur de cabinet de François Mitterrand. Les sondages crèvent le plafond. Et je fais une émission qui s’appelait « L’heure de vérité », avec François-Henri de Virieu. Avant d’aller à l’émission, j’ai un rendez-vous avec François Mitterrand. On discute, on était très proche, très amis. C’était au mois de septembre 1984, quelques mois après avoir été nommé. Je lui dis qu’il y a quand même un problème, c’est que les gens considèrent que je suis encore votre directeur de cabinet. Qu’est-ce qu’on pourrait faire ? », raconte l’ancien premier ministre socialiste.

« Je lui dis que je vais à l’émission « L’heure de vérité » et que, peut-être, on pourrait trouver une formule. Je vous suis très loyal, mais j’ai ma propre personnalité. Il était dans son bureau, il avait son stylo, il écrivait. Est-ce que c’est lui qui a écrit ? Ou moi qui ai écrit ? On a conçu ensemble la formule « lui c’est lui, et moi c’est moi ». Arrive l’émission, et ça fait partie des formules improvisées, qui ont été soigneusement préparées. Je crois que ça, ça n’a pas changé… » sourit Laurent Fabius.

La formule passe alors inaperçue. Elle ne ressort que quelques mois plus tard, lors de « l’affaire Jaruzelski, président polonais, qui était venu en France dans des conditions difficiles ». Laurent Fabius se souvient qu’il n’était pas « sur la même longueur d’onde par rapport à François Mitterrand. Ça a créé une petite tension ». Et « lui c’est lui, moi c’est moi » pris alors une autre perception.

Retrouvez la première diffusion de l’émission ce vendredi 12 janvier, à 23 heures, sur Public Sénat.

Partager cet article

Dans la même thématique

Gabriel Attal plus jeune premier ministre : « Les records sont faits pour être battus », sourit Laurent Fabius
2min

Politique

Présidentielle : « Il faudra que les sociaux-démocrates et les modérés de la droite républicaine se retrouvent, car ce sera la seule façon de s’opposer aux extrêmes », plaide Hervé Marseille

Le président du groupe Union centriste du Sénat, allié des LR à la Haute assemblée, ne ferme pas la porte à un rapprochement « à un moment donné » avec les sociaux-démocrates, tels que François Hollande ou Bernard Cazeneuve, « un homme tout à fait respectable », afin de battre « les extrêmes », avance le président de l’UDI.

Le

Gabriel Attal plus jeune premier ministre : « Les records sont faits pour être battus », sourit Laurent Fabius
3min

Politique

Crise chez Grasset : la ministre de la Culture ouvre la porte à la création d’une clause de conscience pour les auteurs

Interrogée par la sénatrice Sylvie Robert (PS), auteure d’une proposition sur le sujet, la ministre de la culture Catherine Pégard s’est dite favorable à étudier création d’une clause permettant aux auteurs de quitter avec plus de facilité leur maison d’édition en cas de changements imposés par la direction. Une réponse à la crise ouverte chez Grasset par le renvoi de son président Olivier Nora par la direction d’Hachette, aux mains de Vincent Bolloré.

Le

Gabriel Attal plus jeune premier ministre : « Les records sont faits pour être battus », sourit Laurent Fabius
3min

Politique

Audiovisuel public : les nouveaux contrats d’objectifs et de moyens « présentés à l’été au Parlement », affirme Catherine Pégard

Après une commission d’enquête tendue, à l’Assemblée, sur l’audiovisuel public, le président de la commission de la culture du Sénat, Laurent Lafon, regrette que le gouvernement ait abandonné son texte qui créait une holding de l’audiovisuel public. « Je ne crois pas au statu quo », lui a répondu la ministre de la Culture, Catherine Pégard.

Le

Gabriel Attal plus jeune premier ministre : « Les records sont faits pour être battus », sourit Laurent Fabius
2min

Politique

« Ils ont servi la France jusqu’au sacrifice suprême » : le Sénat rend hommage aux deux soldats français tués au Liban

A l’initiative de Gérard Larcher, le Sénat a observé ce mercredi une minute de silence en hommage à Florian Montorio et Anicet Girardin, les deux soldats français victimes d’une embuscade en tant que membres de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). L’occasion pour le président du Sénat de renouveler son soutien au gouvernement libanais.

Le