Gérard Larcher « assume » son rôle d’opposant à Emmanuel Macron
Le président LR du Sénat entend « incarner une volonté et une détermination » dans la reconstruction de la droite, qu’il imagine avec le centre. Il assume aussi son ouverture à la PMA pour toutes, tout comme son rôle de « contre-pouvoir » à Emmanuel Macron.

Gérard Larcher « assume » son rôle d’opposant à Emmanuel Macron

Le président LR du Sénat entend « incarner une volonté et une détermination » dans la reconstruction de la droite, qu’il imagine avec le centre. Il assume aussi son ouverture à la PMA pour toutes, tout comme son rôle de « contre-pouvoir » à Emmanuel Macron.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Dans le champ de ruines de la droite post-européennes, il y a des disparus, des survivants – certains sont restés, d’autres sont partis – puis il y a un Palais de la République qui tient toujours. C’est le Sénat. A sa tête, Gérard Larcher entend profiter de son rôle de « contre-pouvoir ». Pour sa conférence de presse de rentrée, ce mercredi 4 septembre (voir les temps forts), le président LR du Sénat a rappelé l’ambition qu’il a pour son camp : « Reconstruire un espace politique à droite et au centre, un espace qui part des territoires », avec « le local qui inspire le national ». Pas encore un programme, mais un projet de reconstruction.

S’il rappelle que le Sénat vote « 70% des textes », il multiplie les critiques à l’égard de la politique du chef de l’Etat : renoncement « à baisser l’endettement », sur les relations avec les élus locaux, il faut « passer des déclarations aux actes ». Il souhaite que « cette saison 2 du quinquennat ne ressemble pas à la précédente sur l’Europe et la politique migratoire ». Sur la réforme des institutions, il se dit « disponible » tout en refusant l’exigence de l’exécutif d’un accord « préalable », avant d’inscrire le texte à l’agenda parlementaire. « C’est ignorer le Parlement » met-il en garde, tout en constatant, non sans un peu de malice, que « tout peut évoluer », comme sur « la réforme des retraites ».

« J’ai une responsabilité, comme président du Sénat, d’assumer »

Face à un certain vide à droite, Gérard Larcher est-il l’opposant numéro 1 à Emmanuel Macron ? « Je vais répondre par une formule totalement ambitieuse et biblique : je suis celui qui suit. Je suis ce que je suis, avec les valeurs qui sont les miennes. J’ai une responsabilité, comme président du Sénat, d’assumer. Car ce pays ne peut pas rester sans contre-pouvoir. Une démocratie sans contre-pouvoir termine un jour dans la fragilité la plus absolue (…). Donc, j’assume » lâche le deuxième personnage de l’Etat, qui ne veut pas d’un « choix binaire » entre Macron et l’extrême droite. Il ajoute : « Je n’incarne rien. J’incarne une volonté et une détermination ».

S’il prend le flambeau de l’opposition, ce serait presque par devoir à l’entendre. C’est pourtant bien volontairement qu’il s’est lancé, début juin, dans son tour de France pour rassembler la droite et le centre. « Il reste sept conventions », avant « le 10 octobre, une convention nationale de la France des territoires » avec à la clef « une plateforme » qui posera « les principes du rassemblement de nos territoires ». Parfait pour les municipales, qui seront essentielles en vue des sénatoriales. Gérard Larcher l’a bien en tête. Et il ne compte pas s’arrêter là : « Ça ne veut pas dire que tout s’arrêtera pour moi le 10 octobre » prévient le sénateur des Yvelines…

Larcher « assez ouvert » à la PMA pour toutes

Alors que la droite est divisée sur certaines questions de société, celui qui cherche généralement un certain consensus assume sa position sur la PMA pour les couples de femmes. « Je suis assez ouvert sur ce sujet-là » dit-il, « ces sujets-là méritent autre chose que des manifestations dans la rue ». Il préfère « un débat » au Parlement, attendu en janvier au Sénat. Au premier rang, le président du groupe LR, Bruno Retailleau, écoute. Lui est opposé à la PMA, même s’il n’ira « pas manifester », tout en comprenant « parfaitement » les manifestants.

Après la conférence, Bruno Retailleau, qui cache de moins en moins ses ambitions nationales, pour ne pas dire présidentielles, se montre sur la même ligne : « On a la chance d’avoir Gérard Larcher qui assume ce rôle institutionnel ». Si, en réalité, des divergences de fonds et stratégiques existent entre les deux hommes, l’heure est à l’entente cordiale. Bruno Retailleau sera lundi dans sa région des Pays de la Loire pour la convention de Gérard Larcher sur la jeunesse. « Heureusement qu’il y a Gérard Larcher » lance le sénateur de Vendée. A droite, aujourd’hui, difficile de faire sans le président du Sénat.

Partager cet article

Dans la même thématique

Debate on France’s role in preventing international political crises
9min

Politique

Sous pression de Boris Vallaud, Olivier Faure mise sur un « comité présidentiel » pour tenter de sortir le PS de la crise interne

La tension continue au PS, où le patron des députés PS, Boris Vallaud, demande que les militants socialistes désignent « avant l’été » leur candidat à la présidentielle. En réponse, Olivier Faure promet un vote « avant juin » sur le « processus présidentiel ». Reste à définir l’objet précis du vote. Pour les amis de Boris Vallaud, la désignation du candidat et la stratégie vont de pair. Mais pour ceux d’Olivier Faure, ça ne va pas de soi…

Le

Gérard Larcher « assume » son rôle d’opposant à Emmanuel Macron
3min

Politique

Propos racistes à l’encontre de Bally Bagayoko : « Si une plainte était déposée, le préfet viendra se constituer partie civile »

Depuis son élection au premier tour à la mairie de Saint-Denis, Bally Bagayoko subit une vague d’attaques racistes de la part de l’extrême droite sur les réseaux sociaux. Une étape supplémentaire a été franchie ce week-end sur la chaîne CNews où des chroniqueurs ont comparé l’édile Insoumis à un singe et à un chef de tribu. le ministre auprès du ministre de l'Intérieur, Jean-Didier Berger a indiqué que si le maire déposait plainte, le préfet viendra se constituer partie civile. Bally Bagayoko a annoncé, depuis, le dépôt d'une plainte.

Le

Gérard Larcher « assume » son rôle d’opposant à Emmanuel Macron
2min

Politique

Agressions sexuelles dans le périscolaire parisien : le ministre de l’Education écarte la possibilité pour l’Etat de se porter partie civile, pour des raisons juridiques

Interpellé aux questions d’actualité au gouvernement par la sénatrice LR de Paris Agnès Evren sur la possibilité pour l’Etat de se porter partie civile dans les affaires d’agressions sexuelles sur mineurs dans le périscolaire, le ministre de l’Education, Édouard Geffray a écarté cette possibilité pour des raisons juridiques.

Le