Gérard Larcher envoie un message d’apaisement après les tensions avec l’exécutif
Gérard Larcher calme le jeu après la journée d’intense tension entre le Sénat et l’exécutif, suite à la décision des sénateurs sur l’affaire Benalla. « Le propre des crispations, c’est d’être en capacité de tenir son cap » dit le président du Sénat, qui « ne doute pas » qu’il « retrouvera » Richard Ferrand « dans d’autres débats ».

Gérard Larcher envoie un message d’apaisement après les tensions avec l’exécutif

Gérard Larcher calme le jeu après la journée d’intense tension entre le Sénat et l’exécutif, suite à la décision des sénateurs sur l’affaire Benalla. « Le propre des crispations, c’est d’être en capacité de tenir son cap » dit le président du Sénat, qui « ne doute pas » qu’il « retrouvera » Richard Ferrand « dans d’autres débats ».
Public Sénat

Par F.V. (interview vidéo : Quentin Calmet et Jonathan Dupriez)

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le jour d’après. Au lendemain de la décision du bureau du Sénat de transmettre à la justice les cas de trois proches collaborateurs d’Emmanuel Macron, suite à la commission d’enquête sur l’affaire Benalla, Gérard Larcher sembler vouloir faire redescendre le niveau de tension.

Jeudi, l’exécutif et la majorité présidentielle ont attaqué avec force la Haute assemblée après sa décision. Une crise politique qui s’est notamment exprimée par l’annulation, par Richard Ferrand, président LREM de l’Assemblée nationale, de son déplacement prévu ce vendredi, à Sciences Po Lille, avec son homologue LR du Sénat. Le député a employé des mots forts, regrettant l’utilisation « des fonctions de contrôle parlementaire à des fins politiques », ce qui revient à « abaisser » le Parlement. Dans Le Figaro, il a ensuite dénoncé « une attaque d'une agressivité inédite ».

« Je ne doute pas qu’on se retrouvera dans d’autres débats ensemble »

Le président du Sénat n’a pas cherché à répondre à ces attaques. Et Gérard Larcher a malgré tout maintenu son déplacement. « J’avais proposé à Richard Ferrand, qui l’avait accepté, qu’on puisse le faire ensemble, (…) que nous puissions ensemble parler de la démocratie représentative » raconte cet après-midi à Public Sénat le président de la Haute assemblée, dans le TGV qui le mène à Lille, sans Richard Ferrand.

« L’actualité, avec ses crispations – mais c’est la démocratie – en a décidé ainsi. Je ne doute pas qu’on se retrouvera dans d’autres débats ensemble » tempère le deuxième personnage de l’Etat.

« Essayer de tracer à un moment un cap ensemble »

Le sénateur des Yvelines compte bien parler devant les étudiants de la démocratie, qu’elle soit « représentative », « participative » ou « directe ». « Cette semaine, nous avons beaucoup avancé autour du droit de pétition et nous avons beaucoup affiné nos réflexions sur l’évolution du référendum, notamment du référendum d’initiative partagée, pour que les citoyens, sans mettre des seuils impossibles à atteindre, puissent en lien avec un nombre de parlementaires, là aussi à des seuils pas très difficiles à atteindre, interpeller et proposer ». Le Sénat pourrait proposer de baisser le seuil nécessaire autour de 2 millions de signatures (lire notre article sur le sujet).

Malgré la tension des dernières heures, Gérard Larcher envoie ce message : il ne dévie pas et ne veut pas couper les ponts, alors qu’il devra discuter de la réforme des institutions avec le chef de l’Etat. « Le propre des crispations, c’est d’être en capacité de tenir son cap. C’est comme en marine. Quand il y a un peu plus de vent, on adapte » explique cet amateur de voile. Il ajoute : « Mais je crois qu’on a une mission. Les crispations c’est une chose. Sortir de la crise dans laquelle est notre pays nécessite qu’on soit en capacité, dans le respect de nos différences, de nos missions, d’essayer de tracer à un moment un cap ensemble ». Le vent tourne vite d’un jour à l’autre.

Partager cet article

Dans la même thématique

5min

Politique

Soumission chimique : « Il y a une volonté collective d’avancer sur le sujet, il faut maintenant trouver le bon véhicule législatif »

Hier, l’ex-sénateur Joël Guerriau a été condamné à quatre ans de prison ferme, pour avoir drogué la députée Sandrine Josso, en vue de la violer. La sénatrice Véronique Guillotin, à l’origine d’un rapport sur la soumission chimique avec Sandrine Josso, exhorte le gouvernement à mettre en place des « mesures concrètes pour protéger les femmes ».

Le

Voiture auto ecole
7min

Politique

Fin du financement du permis de conduire par le CPF : retour sur un amendement voté en catimini au Sénat

Dans le 49.3 sur le budget, le gouvernement a conservé des amendements issus de sénateurs PS, RDSE et des Indépendants, votés par le Sénat, qui réservent le financement du permis de conduire via le compte personnel de formation aux seuls demandeurs d’emploi. Votée en catimini et de nuit, la mesure a été soufflée par les représentants du secteur du monde de la formation, qui s’alarmaient que les bilans de compétences ne soient plus initialement financés par le CPF.

Le

Gérard Larcher envoie un message d’apaisement après les tensions avec l’exécutif
2min

Politique

Immigration : « Nous sommes le pays, en Europe, qui reconduit le plus de manière forcée vers les pays tiers », assure Laurent Nunez

Selon les chiffres de la Direction générale des étrangers en France (DGEF), diffusés mardi, le nombre de primodélivrances de titres de séjour a augmenté de 11 % en 2025. Interrogé sur ce sujet par le sénateur RN, Aymeric Durox, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez a mis en valeur la politique très offensive de reconduite forcée du gouvernement.

Le

Gérard Larcher envoie un message d’apaisement après les tensions avec l’exécutif
2min

Politique

Contrat de Capgemini avec l’ICE : « Une entreprise française ne peut se soustraire de sa responsabilité éthique », rappelle le gouvernement

Lors des  questions d’actualité du Sénat, le gouvernement a été interpellé sur le contrat liant le groupe d’informatique français Capgemini avec la police fédérale américaine de l’immigration (ICE), mise en cause dans la mort de deux citoyens américains et de nombreuses violations de droits humains.

Le