Gérard Larcher et les sénateurs LR appellent Éric Ciotti à démissionner de la présidence du parti
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Gérard Larcher et les sénateurs LR appellent Éric Ciotti à démissionner de la présidence du parti

L’appel d’Éric Ciotti à constituer une alliance avec le Rassemblement national suscite la stupéfaction dans les deux groupes parlementaires du parti. Au Sénat, Gérard Larcher et les sénateurs LR demandent à Éric Ciotti de démissionner de ses fonctions de président du parti.
Guillaume Jacquot

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Jour 2 après la dissolution de l’Assemblée nationale, une déflagration politique majeure ébranle la droite. Les propos d’Éric Ciotti à la mi-journée ont fait l’effet d’une bombe. « Nous avons besoin d’une alliance, en restant nous-mêmes, […] avec le Rassemblement national et avec ses candidats », a appelé le président de LR, à trois semaines du premier tour des législatives.

« J’estime qu’il ne peut plus présider notre mouvement »

Au Sénat, où la droite était réunie comme chaque mardi matin, les parlementaires LR ont non seulement fermé la porte à tout accord de ce type, ils ont aussi appelé Éric Ciotti à quitter la tête du parti. « J’estime qu’il ne peut plus présider notre mouvement et doit se démettre de son mandat de président des Républicains », a réagi sur X (ex-Twitter) Gérard Larcher, le président du Sénat.

« J’ai eu Éric Ciotti au téléphone à plusieurs reprises lundi et je l’ai même rencontré, il ne m’a rien dit. Un parti politique, ce n’est pas seulement une personne », a dénoncé également Bruno Retailleau, le président du groupe LR. Son homologue à l’Assemblée nationale, Olivier Marleix, a aussi indiqué qu’Éric Ciotti « n’engage que lui ».

Départs du parti

De nombreux sénateurs LR, abasourdis, ont fait part de leur consternation sur X. « Les positions personnelles d’Éric Ciotti sont irresponsables et n’ont pas été approuvées par nos instances LR qui gardent leur ligne d’indépendance et d’autonomie ! » a exigé le sénateur Marc-Philippe Daubresse.

Des sénateurs de premier plan sont prêts à claquer la porte du parti. « S’il ne quitte pas de lui-même le parti, je n’hésiterais pas, comme beaucoup de mes collègues sénateurs, à rendre ma carte », a ainsi fait savoir Jean-François Rapin, président de la commission des affaires européennes et proche de Xavier Bertrand. Ancienne présidente de la commission des affaires économiques, Sophie Primas a déjà pris sa décision. « Au regard des déclarations de M. Éric Ciotti, à contrecœur, et après des années au RPR puis à l’UMP puis aux Républicains, je quitte ce mouvement. L’occasion pour la droite de se reconstruire et d’écrire une nouvelle histoire », a considéré la sénatrice des Yvelines. Le rapporteur général du budget, Jean-François Husson, rend lui aussi sa carte.

« Ce président est obnubilé par ses intérêts personnels »

« J’appelle à la démission immédiate d’Éric Ciotti. Les Républicains ne lui appartiennent pas. Nous sommes les héritiers du gaullisme et de Jacques Chirac. Pas la peste brune », s’est exclamée la sénatrice Marie-Claire Carrère-Gée, ancienne secrétaire générale adjointe de l’Élysée sous la seconde présidence de Jacques Chirac.

Philippe Bas, autre chiraquien historique, a aussi formulé la même demande. « Éric Ciotti ne peut plus rester le président du parti créé par Jacques Chirac pour unir la droite et le centre après sa victoire de 2002 contre Jean-Marie Le Pen. Il ne peut plus parler en notre nom. »

« Ce président est obnubilé par ses intérêts personnels. Il a oublié la grande histoire de notre parti, héritier du gaullisme. Éric Ciotti doit quitter la présidence de LR et le parti », a écrit Michel Bonnus, sénateur LR du Var.

À l’Assemblée nationale, les réactions sont de la même teneur. « Nous savons désormais qu’en juin 1940, Éric Ciotti n’aurait jamais traversé la Manche », a grincé le député Julien Dive.

Interrogé en direct devant le siège du parti, Éric Ciotti a refusé tout départ de ses fonctions. « Je ne céderai pas », a tonné le député des Alpes-Maritimes, soulignant tenir son mandat « des militants ».

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