« Gérard Larcher s’est montré virulent et en leader d’opposition » juge François Patriat
Sans surprise, la conférence de presse de Gérard Larcher jeudi dernier n’est pas passée inaperçue dans les rangs des sénateurs LREM. Et pour cause, celui-ci s’est montré très offensif vis-à-vis de l’exécutif.

« Gérard Larcher s’est montré virulent et en leader d’opposition » juge François Patriat

Sans surprise, la conférence de presse de Gérard Larcher jeudi dernier n’est pas passée inaperçue dans les rangs des sénateurs LREM. Et pour cause, celui-ci s’est montré très offensif vis-à-vis de l’exécutif.
Public Sénat

Par Louis Mollier-Sabet / Interview - Image : Quentin Calmet

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Lors de sa conférence de presse devant les journalistes parlementaires jeudi dernier, Gérard Larcher s’est montré très critique à l’égard du gouvernement et de sa gestion de la réforme des retraites : « Les Français sont passés, en un an, du scepticisme à la défiance ». Le ton très politique du président du Sénat n’a pas manqué de faire réagir les sénateurs LREM, et notamment leur chef de file, François Patriat, interrogé par Public Sénat ce matin.

« Gérard Larcher s’est montré virulent, en leader d’opposition »

Le sénateur de la Côte d’Or regrette le « changement de ton » du président du Sénat, qui d’après François Patriat est sorti du rôle d’arbitre qu’il avait lui-même conçu et qui était même sa marque de fabrique, au détriment du « travail de la majorité [présidentielle] » :  « Nous ne demandons pas un changement de ton, mais nous constatons que Gérard Larcher s’est montré virulent, en leader d’opposition et non pas président d’une Assemblée qu’il est censé mettre en avant, ce qu’il fait d’habitude très bien. »

Le président du groupe La République En Marche au Sénat ajoute : « Le président du Sénat sort de son rôle habituel, de l’image qu’il a lui-même donné par le passé, pour s’engager dans le combat électoral de façon véhémente et offensive. » François Patriat dresse un bilan sans équivoque de la conférence de presse de Gérard Larcher : « Il n’a pensé qu’à être dans la critique, la politique et la polémique. » Rappelons que le ton devrait être tout autre ce soir lors des vœux de Gérard Larcher aux sénateurs : le Président du Sénat devrait de nouveau endosser le rôle institutionnel et rassembleur qu’on lui connaît habituellement.

« Le fait de demander un report est politique et électoraliste »

François Patriat : "Le fait de demander un report [de la réforme des retraites] est manifestement politique et électoraliste"
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Devant les journalistes parlementaires, Gérard Larcher a demandé le report de l’examen au Parlement de la réforme des retraites : « Je demande au gouvernement d’attendre les résultats, qu’ils soient positifs ou négatifs, de la conférence de financement avant de saisir le Parlement d'un projet de loi. »

Pour François Patriat cette demande n’est pas incongrue, mais contraste encore une fois avec les habitudes du Président du Sénat : « Il ne sort pas de son rôle, mais il est dans une démarche d’obstruction avec l’opposition nationale. » D’après lui, cette demande n’est pas légitime puisqu’il s’agit de « repousser le projet pour pouvoir annoncer des reculades. […] Le fait de demander un report est manifestement politique et électoraliste. »

« On ne pourra pas éviter les mesures d’âge, c’est évident »

François Patriat sur le financement des retraites : "On ne pourra pas éviter des mesures d'âge, c'est évident"
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Au sujet de l’abandon provisoire de l’âge pivot, François Patriat estime que « le gouvernement a parfaitement joué le compromis avec les syndicats réformistes, il n’y a ni vainqueurs, ni vaincus dans ce texte. » Pour lui le gouvernement a renoncé à franchir la ligne rouge et les syndicats réformistes ont admis la nécessité de mesures de financement. Mais quelles mesures de financement ? « Ce n’est pas à moi de préjuger de ce que décideront les membres de cette conférence de financement » répond d’abord prudemment le sénateur de la Côte d’Or, avant tout de même de rappeler que « le gouvernement a mis des limites : on ne peut pas augmenter les cotisations ou diminuer les pensions ». Une fois ces hypothèses écartées, le président du groupe LREM au Sénat précise les conséquences du raisonnement : « On ne pourra pas éviter les mesures d’âge, c’est évident ».

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