Gérard Larcher, un 4e mandat à la tête du Sénat
Élu de terrain, figure de la droite, deuxième personnage de l’État, à 71 ans Gérard Larcher est élu pour un 4e mandat à la présidence du Sénat par 231 voix sur 324 suffrages exprimés. Retour sur son parcours, son profil, son bilan politique.

Gérard Larcher, un 4e mandat à la tête du Sénat

Élu de terrain, figure de la droite, deuxième personnage de l’État, à 71 ans Gérard Larcher est élu pour un 4e mandat à la présidence du Sénat par 231 voix sur 324 suffrages exprimés. Retour sur son parcours, son profil, son bilan politique.
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Par Fanny Conquy

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Originaire de Normandie, vétérinaire de profession spécialisé dans les chevaux, Gérard Larcher s’engage auprès des jeunes gaullistes et adhère au RPR dès sa création en 1976, il a alors 27 ans.

Il s’engage dans la vie politique locale et est élu maire de Rambouillet dans les Yvelines en 1983. Il sera alors réélu à chaque scrutin, jusqu’en 2004. Et retrouvera son poste de 2007 à 2014. Il ira même jusqu’à obtenir 71 % des voix dès le premier tour lors du vote de 2001. Au total, ce sont donc près de trente années qu’il passe à la tête de la ville.

Sénateur des Yvelines pendant près de 35 ans

À 36 ans, il découvre un autre mandat, celui de sénateur. Élu dans les Yvelines, il entre d’ailleurs au Palais du Luxembourg en même temps que Jean-Luc Mélenchon âgé lui de 35 ans, ils sont alors les benjamins de la Haute assemblée.

Le parcours de Gérard Larcher est donc marqué par ce fort ancrage local, ces presque 35 années de mandat de sénateur, mais aussi par des fonctions ministérielles qu’il occupe entre 2004 et 2007, comme ministre du Travail au sein des gouvernements de Jean-Pierre Raffarin puis de Dominique de Villepin, sous la présidence de Jacques Chirac.

Deuxième personnage de l’État

Élu pour la première fois à la présidence du Sénat en 2008, Gérard Larcher devient ainsi le deuxième personnage de l’État dans l’ordre constitutionnel. Et le troisième dans l’ordre protocolaire, derrière le Président de la République et le Premier ministre.

Cependant en 2011, pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, le palais du Luxembourg connait l’alternance. La gauche remporte les sénatoriales et c’est Jean-Pierre Bel, président du groupe PS, qui devient président de la Chambre haute. Courte parenthèse, dès les élections de 2014, la droite récupère la majorité et Gérard Larcher son siège au plateau. Il est réélu en octobre 2017.

Ancrage local et défense des territoires

A la Présidence du Sénat, Gérard Larcher défend sa vision de la Chambre haute : un réel rôle de contre-pouvoir. Une perception de la fonction que souligne d’ailleurs le titre de son ouvrage autobiographie publié l’année dernière (« Contre- pouvoir », Gérard Larcher- Marion Mourgue, éditions de l’Observatoire). Très attaché au rôle du Parlement, Gérard Larcher n'a de cesse de défendre l'institution et le bicamérisme.

L’autre fonction majeure du Sénat défendue par l’élu des Yvelines, c’est la représentation des collectivités territoriales. Des territoires justement, que Gérard Larcher ne cesse de parcourir tout au long de l’année.

Soutien de François Fillon lors de la primaire de la droite pour la présidentielle de 2017, ancré sur une ligne gaulliste sociale, il est aujourd’hui l’un des piliers pour le parti Les Républicains. Incarnation de l’«ancien monde » dans la nouvelle ère macroniste, opposant assumé à Emmanuel Macron, il obtient sa revanche sur le terrain politique.

Lors de la crise des gilets jaunes en effet, il rappelle et illustre le rôle essentiel des élus de terrain, des collectivités territoriales, et des corps intermédiaires, largement oubliés du premier acte du quinquennat Macron.

Affaire Benalla et réforme constitutionnelle

Autre dossier sensible : la réforme constitutionnelle promise par Emmanuel Macron lors de sa campagne. Au programme : baisse du nombre de parlementaires, dose de proportionnelle, non cumul des mandats, accélération du travail parlementaire. Mais pour Gérard Larcher certaines lignes rouges ne doivent pas être franchies. Nécessitant une majorité des 3/5e des parlementaires réunis en congrès, le soutien du Sénat est essentiel pour l’aboutissement de cette réforme, qui a donc peu de chances d’aboutir d’ici la fin du quinquennat.

Mais c’est surtout la commission d’enquête chargée de l’affaire Benalla qui ancre le Sénat en institution de contrôle, voire d’opposition. La tension monte avec l’Elysée. Gérard Larcher défend l’indépendance de Palais du Luxembourg sur ce dossier. Les relations sont alors plus que froides avec le chef de l’Etat. Avec cet épisode politique et parlementaire, l’utilité de la Chambre haute souvent remise en question, gagne alors en légitimité aux yeux du grand public.

Avec les élections sénatoriales, la majorité de droite et du centre obtient à nouveau la majorité, confortant ainsi le poids politique du Président de la Chambre haute. Mais au-delà de la majorité politique au sein du palais du Luxembourg, Gérard Larcher bénéficie également de l’estime des partis d’opposition qui apprécient à la fois sa disponibilité, son ouverture d’esprit, mais aussi sa méthode de gouvernance.

 

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