Gilberte Brossolette

Gilberte Brossolette, résistante et première femme vice-présidente du Sénat

Il y a 80 ans, le 29 avril 1945, les femmes françaises votaient pour la première fois. Parmi elles, Gilberte Brossolette est l’une des premières femmes sénatrices. Elle a été la première femme vice-présidente du Sénat en 1946.
Mathilde Nutarelli

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le 29 avril 1945, les femmes françaises votaient pour la première fois. Gilberte Brossolette, résistante et femme politique, est entrée à l’Assemblée consultative provisoire de 1944 avant même de pouvoir voter. Elle siège au Sénat comme élue de la Seine, l’ancien département de Paris, jusqu’en 1958. C’est la première femme vice-présidente du Sénat.

Une grande résistante

Gilberte Brossolette est journaliste quand l’armistice de 1940 est signé et que Vichy lui interdit d’exercer son métier. Avec son mari, Pierre, ils organisent dès l’automne des réunions secrètes chez eux. Dans leur librairie rue de la Pompe, elle met en place une « boîte aux lettres » clandestine pour les Résistants.

En 1942, après plusieurs perquisitions à leur domicile et l’interrogatoire de leur fils par les autorités, Gilberte et Pierre Brossolette décident de partir pour Londres. Une fois en Angleterre, elle s’occupe de faire le lien entre le Commissariat à l’Intérieur de la France Libre et la BBC.

Après la mort de son mari en 1944, elle rentre en France et reprend son activité de journaliste à la Radiodiffusion française. Elle reçoit la médaille de la Résistance pour ses activités en Angleterre et devient chevalier de la Légion d’Honneur.

La première femme vice-présidente du Sénat

Elle est active à la Fédération Socialiste de l’Aube dans les années 1930. En 1944 et 1945, Gilberte Brossolette siège à l’Assemblée consultative provisoire puis est élue à la seconde Assemblée Constituante pour la SFIO. C’est dans ce cadre qu’elle demande l’inéligibilité des porteurs de la Francisque, la décoration attribuée par le régime de Vichy marquant l’estime du Maréchal Pétain.

En 1946, elle fait partie des vingt et une femmes élues au Conseil de la République, l’ancêtre du Sénat. Elle en est élue vice-présidente la même année, faisant d’elle la première femme à présider une séance au Sénat et à y prendre la parole. Dotée d’une « capacité naturelle à présider », d’après son fils Claude, elle reste à ce poste jusqu’en 1954.

Contre la Constitution de 1958

Siégeant au sein de la commission des affaires étrangères et de la presse, domaine présenté comme masculin, elle s’engage sur des sujets européens comme le statut du Conseil de l’Europe ou encore la Communauté européenne du charbon et de l’acier.

En 1958, elle vote contre les pleins pouvoirs au Général de Gaulle et contre la révision constitutionnelle qu’il porte. C’est durant la même année qu’elle renonce à se présenter de nouveau au Sénat.

Gilberte Brossolette reprend par la suite ses activités de journaliste à la radio et tient une chronique sur la politique étrangère. Elle meurt en 2004, à l’âge de 98 ans.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Gilberte Brossolette, résistante et première femme vice-présidente du Sénat
5min

Politique

Cyberattaque contre le ministère de l’Intérieur : Laurent Nunez va généraliser « la double identification » pour l’accès aux applications 

Un mois après le piratage des serveurs informatiques du ministère de l’intérieur, Laurent Nuñez était auditionné devant la commission des lois du Sénat pour faire le point sur les mesures de sécurité prises depuis. Le ministre a également été interrogé sur l’application de la loi visant à lutter contre le narcotrafic, entrée en vigueur il y a 6 mois. 

Le

6min

Politique

Désinformation en santé : l’exécutif dévoile une stratégie nationale de riposte

Face aux risques pour la santé publique, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a dévoilé lundi les premiers axes d’une stratégie nationale de lutte contre la désinformation médicale. « Priorité stratégique de l’État », cette riposte reposera sur différents outils, dont un Observatoire de la désinformation et un dispositif d’infovigilance réactif. Sans toutefois prévoir de volet sanction.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
4min

Politique

Budget : le gouvernement réévalue le déficit à la hausse, à 5,4 %, suite à la non-adoption du texte à la fin de l’année

En tenant compte des conséquences fiscales de la non-adoption par le Parlement du budget avant le 31 décembre 2025, le gouvernement revoit sa prévision de déficit public en 2026, avec un solde dégradé de 0,1 point, le portant à – 5,4 % du PIB. De quoi compliquer la tâche des députés, avant même le début de l’examen du budget en nouvelle lecture…

Le