« Gilets jaunes »: la polémique continue entre Rome et Paris
La polémique continuait mardi après le soutien appuyé aux "gilets jaunes" des poids-lourds du gouvernement populiste italien,...

« Gilets jaunes »: la polémique continue entre Rome et Paris

La polémique continuait mardi après le soutien appuyé aux "gilets jaunes" des poids-lourds du gouvernement populiste italien,...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La polémique continuait mardi après le soutien appuyé aux "gilets jaunes" des poids-lourds du gouvernement populiste italien, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, avec une ministre française appelant à davantage de "respect" et M. Di Maio fustigeant l'"hypocrisie" française.

La ministre française pour les Affaires européennes, Nathalie Loiseau, avait invité lundi soir sur Twitter le gouvernement italien à "balayer devant sa porte", rappelant que la France se gardait bien de "donner des leçons".

Devant des journalistes mardi à Bruxelles, elle a insisté: "Je pense que la priorité du gouvernement italien c'est de s'occuper du bien-être du peuple italien, je ne suis pas sûre que de s'intéresser aux gilets jaunes a quoi que ce soit à voir avec le bien-être du peuple italien".

"J'ai beaucoup entendu le gouvernement italien demander le respect pour la manière dont il gouvernait l'Italie. Ce respect leur est dû, mais il est dû à n'importe quel pays, surtout quand on est voisins, alliés et amis", a-t-elle poursuivi.

"Que d'hypocrisies", a dénoncé mardi sur Facebook M. Di Maio, chef de file du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, anti-système), une des deux composantes de la majorité gouvernementale avec la Ligue (extrême droite) de M. Salvini.

Mme Loiseau, "peut-être, ne se souvient pas du président (français Emmanuel) Macron quand il nous comparait à la lèpre en parlant de notre gouvernement", a-t-il ajouté.

"Le peuple français demande le changement et une meilleure prise en compte de ses exigences. Je ne peux pas ne pas partager ces souhaits", a-t-il ajouté, critiquant au passage la politique "colonialiste" de la France en Afrique.

"Il est temps d'arrêter d'appauvrir l'Afrique avec des politiques colonialistes, qui provoquent des vagues migratoires vers l'Europe, que l'Italie s'est retrouvée à plusieurs reprises à devoir affronter seule", a-t-il ainsi assuré.

Lundi, MM. Di Maio et Salvini avaient spectaculairement apporté leur soutien aux "gilets jaunes", se réjouissant de cette "nouvelle Europe" en train de naître à quelques mois des élections européennes.

"Gilets jaunes, ne faiblissez pas !", avait ainsi écrit M. Di Maio sur le blog du M5S, mouvement politique atypique né en 2009 du rejet de la vieille classe politique par une partie des Italiens.

"Je soutiens les citoyens honnêtes qui protestent contre un président gouvernant contre son peuple", a déclaré M. Salvini, avant de souhaiter le départ du président français Emmanuel Macron: "Plus vite il rentrera chez lui, mieux ça vaudra!".

En Italie, l'opposition a cependant rappelé que la loi immigration et sécurité, voulue par M. Salvini et entrée en vigueur il y a un mois, rétablissait le délit de blocage routier -- une tactique phare des "gilets jaune" --, qui avait été dépénalisée en 1999 en Italie et est désormais passible de prison ferme.

Partager cet article

Dans la même thématique

France, Perpignan, October 13, 2026: High school and university students demonstrate with trade union support
7min

Politique

Vote à 16 ans : la jeunesse doit-elle avoir son mot à dire dans les urnes ?

Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.

Le

« Gilets jaunes »: la polémique continue entre Rome et Paris
3min

Politique

« Méthode détestable », « colère » : l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises des départements de France tend les élus

Alors que le gouvernement a prévu de ponctionner 1,8 milliard d’euros du budget des départements dans le projet de loi de finances pour 2027, l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises des départements de France a fortement déplu. Le Premier ministre a néanmoins invité les départements à le rencontrer le 16 novembre à Matignon, un report qui va « exacerber les tensions », a prévenu le président (centriste) des Départements de France, François Sauvadet. Une grande partie des élus ont quitté la salle quand la ministre des Collectivités s’est exprimée.

Le

« Gilets jaunes »: la polémique continue entre Rome et Paris
2min

Politique

En réponse à l’absence de Lecornu, les présidents de départements boycottent le discours de Françoise Gatel

Le Premier ministre a annulé hier soir sa venue aux Assises des départements de France et a convié à Matignon le 16 novembre les présidents des exécutifs locaux pour tenter de répondre à leurs inquiétudes sur le budget. En guise de protestation, les présidents de départements ont quitté la salle au moment du discours de la ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, Françoise Gatel.

Le

« Gilets jaunes »: la polémique continue entre Rome et Paris
3min

Politique

« À l’EHPAD ! » : pour Xavier Bertrand, le candidat à droite qui « fera élire l'un des deux extrêmes aura intérêt à essayer la chirurgie esthétique ou l’exil »

Xavier Bertrand est le nouvel invité de l'émission « À l’EHPAD ! ». Alors qu'il est lui-même candidat à l'élection présidentielle de 2027, il est d'emblée interrogé sur la multiplication des candidatures à droite par les habitants de la résidence. Une émission à voir dès maintenant sur publicsenat.fr et les chaînes YouTube de « À l’EHPAD ! » et Ouest-France.

Le