Gilets jaunes : les sénateurs examinent en priorité la suppression de la hausse de la taxe sur les carburants
Le Sénat a chamboulé l’ordre d’examen des articles du projet de loi de finances, en reprenant lundi après-midi par l’amendement de suppression de la hausse de la taxe sur les carburants. Une manière de couper l’herbe sous le pied d'Emmanuel Macron, qui parle mardi.

Gilets jaunes : les sénateurs examinent en priorité la suppression de la hausse de la taxe sur les carburants

Le Sénat a chamboulé l’ordre d’examen des articles du projet de loi de finances, en reprenant lundi après-midi par l’amendement de suppression de la hausse de la taxe sur les carburants. Une manière de couper l’herbe sous le pied d'Emmanuel Macron, qui parle mardi.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Surprise à la reprise de la séance, ce lundi après-midi, au Sénat. Les sénateurs ont décidé de reprendre l’examen du projet de loi de finances directement par l’article sur la hausse des taxes sur le carburant. La majorité sénatoriale LR-UDI va ainsi pouvoir adopter tout de suite l’amendement du rapporteur général du budget, le sénateur LR Albéric de Montgolfier, qui prévoit de supprimer la hausse de la taxe sur les carburants.

Les sénateurs veulent maintenir le niveau des taxes à celui de 2018. Ils refusent de prévoir plusieurs années à l’avance, comme le souhaite le gouvernement, la hausse des taxes. Comme l’année dernière, ils soulignent que l’évolution, notamment à la hausse, des prix du baril de pétrole, ne peut être anticipée. Ils préconisent plutôt un examen chaque année du niveau de la taxe.

Message aux gilets jaunes

Cette suppression de la hausse était prévue et annoncée par la majorité sénatoriale il y a 10 jours (voir notre article). Mais en examinant en priorité cet article 18 duodecies (c’est son nom), qui porte sur la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques, et non sur l’article 2, les sénateurs s’offrent un vote plus en accord avec le rythme de l’actualité, deux jours après une nouvelle mobilisation des gilets jaunes. Alors que la hausse des taxes sur le carburant a déclenché la fronde, les sénateurs envoient ainsi un message aux Français mobilisés contre le gouvernement.

La majorité sénatoriale coupe aussi l’herbe sous le pied à Emmanuel Macron, à la veille d’une prise de parole attendue du chef de l’Etat.

Tension avec l’exécutif

Ce coup des sénateurs arrive également dans un contexte de tension avec l’exécutif. Vendredi, la majorité sénatoriale a stoppé l’examen du budget en raison d’un tweet de Géralrd Darmanin. Le ministre accusait le Sénat d’avoir adopté une mesure permettant une « augmentation de 125% de la déduction fiscale des élus ». Bruno Retailleau, président du groupe LR, y avait vu « une incitation au populisme ». Gérard Larcher avait demandé le retrait du tweet incriminé avant de reprendre l’examen.

Le ministre n’a pas obtempéré. Mais ce matin, les sénateurs ont pourtant décidé de reprendre l’examen du texte, après un courrier d’apaisement envoyé par le premier ministre, Edouard Philippe, au président de la Haute assemblée. Mais alors que l’amendement des sénateurs peut être mal perçu par la population, les sénateurs vont en déposer une nouvelle version, en limitant la portée de l'amendement. Une nouvelle délibération sur l’article du projet de loi concerné permettra aux sénateurs d’adopter cet ajustement. La bataille politique passe aussi par le recours à tous les outils de la procédure parlementaire, qui a l’avantage d’être suffisamment flexible…

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le