« Gilets jaunes »: Macron, au coeur de la crise mais invisible
Tous les regards se tournent vers lui mais il ne parlera pas avant la semaine prochaine: Emmanuel Macron a choisi de rester...

« Gilets jaunes »: Macron, au coeur de la crise mais invisible

Tous les regards se tournent vers lui mais il ne parlera pas avant la semaine prochaine: Emmanuel Macron a choisi de rester...
Public Sénat

Par Jérôme RIVET

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Tous les regards se tournent vers lui mais il ne parlera pas avant la semaine prochaine: Emmanuel Macron a choisi de rester silencieux et quasiment invisible toute la semaine, cherchant à l'Élysée une sortie à la crise qui menace la suite de son quinquennat.

Lancés par des "gilets jaunes", les oppositions et parfois des élus de la majorité, les appels se sont multipliés ces derniers jours pour que le chef de l'État s'exprime devant les Français.

Mais, "lucide sur le contexte et la situation", le président "ne souhaite pas mettre d'huile sur le feu et par conséquent n'a pas l'intention de s'exprimer avant samedi", a annoncé vendredi le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand à l'AFP.

Il sera "amené à s'exprimer" en "début de semaine prochaine", a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron "sait qu'il est ciblé personnellement" par les "gilets jaunes" et donc que ses propos sont susceptibles d'"attiser la colère des plus radicaux", souligne un membre de la majorité.

Le rejet de sa personne est en effet devenu l'un des moteurs de la contestation, avec le mot d'ordre "Macron démission" repris en coeur dans les rassemblements.

Président omniprésent depuis le début de son quinquennat, Emmanuel Macron ne s'est pas exprimé publiquement depuis samedi, lorsqu'il avait brièvement évoqué la crise en marge du G20 d'Argentine.

Il a laissé le Premier ministre Édouard Philippe se démultiplier devant le Parlement et les médias, une répartition des rôles qui obéit à la logique institutionnelle mais n'est pas jugée à la hauteur de la crise par ses opposants.

Le président des Républicains (LR) Laurent Wauquiez en a ainsi appelé jeudi "à la responsabilité du président pour qu'enfin il s'exprime lui-même". "Samedi, il pourrait ne plus y avoir de manifestants dans les rues si le Président daignait parler aux Français (...) et leur exprimait la considération qu'ils attendent", a tweeté Marine Le Pen.

L'absence du président est également critiquée par des "gilets jaunes". "C'est à Macron de parler. On a l'impression qu'il s'en fiche... La haine grandit parce qu'on ne l'entend pas", a lancé Marine Charrette-Labadie, manifestante de la première heure à Brive.

- Autocritique -

À l'Élysée, la crise est pourtant l'unique sujet de préoccupation du président, qui a vidé son agenda officiel, notamment en annulant une visite de deux jours en Serbie, pour multiplier les réunions et les consultations, selon son entourage.

Il accorde une attention toute particulière aux questions sécuritaires après les violences de samedi dernier. Il a ainsi constaté les dégâts autour de l'Arc de Triomphe, déjeuné avec des CRS dans une caserne parisienne avant d'effectuer mardi une visite surprise à la préfecture incendiée du Puy-en-Velay. En l'absence, à chaque fois, des caméras et des journalistes.

Dans la Haute-Loire, il a pu mesurer l'hostilité qu'il déclenchait lorsqu'il a été hué par des manifestants qui ont coursé son convoi.

Un tel climat d'agressivité devrait compliquer les prochains déplacements du président, lui qui avait confessé en septembre aux Antilles aimer "profondément être avec (s)es concitoyens, à portée de visage et d'embrassades ou d'explications".

Lors de sa semaine d'"itinérance" dans l'est et le nord en novembre, il s'était fait vivement interpeller oralement, parfois insulter, mais il n'y avait pas eu de violences. Or "depuis, le climat s'est nettement dégradé", s'inquiète un proche, en évoquant les menaces physiques proférées à son encontre.

À l'automne, Emmanuel Macron s'était aussi beaucoup exposé dans les médias. Il y a multiplié les mea culpa, admettant ne pas avoir "réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants" et promettant de gouverner "d'une manière différente".

Mais cela n'a pas permis à inverser son plongeon dans les sondages, où sa cote de popularité est tombée autour de 20%.

Face à une telle défiance, Emmanuel Macron "va devoir trouver les mots pour non seulement mettre fin à la crise mais aussi relancer de zéro ou presque son quinquennat", résume un membre de la majorité.

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