« Gilets jaunes »: Macron condamne les violences et les silences « complices »
Emmanuel Macron a condamné lundi soir "le nihilisme de la violence" de ceux qui selon lui "ont perverti" le mouvement des "gilets jaunes", ainsi...

« Gilets jaunes »: Macron condamne les violences et les silences « complices »

Emmanuel Macron a condamné lundi soir "le nihilisme de la violence" de ceux qui selon lui "ont perverti" le mouvement des "gilets jaunes", ainsi...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Emmanuel Macron a condamné lundi soir "le nihilisme de la violence" de ceux qui selon lui "ont perverti" le mouvement des "gilets jaunes", ainsi que "les voix qui se taisent et deviennent complices", après les violences de samedi lors du premier anniversaire du mouvement.

"Lorsque la haine s'abat et qu'au nom d'idéaux la destruction se joue dans la rue, trop de voix se taisent et deviennent alors complices, trop de voix laissent confondre des idéaux avec le nihilisme de la violence", a-t-il dit, sans plus de précision, lors d'une remise de décoration à l'ex-dirigeant communiste Robert Hue.

Il a en revanche loué la "fraternité sur les ronds-points" au début du mouvement, en décorant cette fois le président de l'Association des maires ruraux de France, Vanik Berbérian.

Évoquant "la colère drapée dans le jaune de la détresse", il a salué un ami qui a su percevoir "l'aspiration française de nos concitoyens à la communauté" dans "ce mouvement spontané".

"Au-delà des revendications où nous devons apporter des réponses, les Français en sortant de chez eux, en se réunissant sur les ronds-points, ont retrouvé en bien des endroits la chaleur des liens, la fraternité, l'entraide". Même si "d'aucun ont perverti cela et recherchent l'anomie, la violence", a dit le chef de l’État à Vanik Berbérian.

Dimanche, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye avait déploré que le mouvement des "gilets jaunes" soit depuis plusieurs mois "gangrené par des ultras" de l'extrême gauche.

Le numéro 2 de la France Insoumise Adrien Quatennens a lui déploré "un désordre sinon organisé, au moins maintenu" par le gouvernement qui a conduit, selon lui, aux violences samedi à Paris.

Le vice-président du Rassemblement national Jordan Bardella, a lui dénoncé un gouvernement qui "laisse les milices d'extrême gauche pourrir le mouvement des +gilets jaunes+", réclamant leur "dissolution".

Avant d'ouvrir mardi le Congrès des maires de France, Emmanuel Macron décorait lundi soir quatre hommes politiques de tous bords qui l'ont soutenu, avec pour point commun leur mandat de maire allant de 19 à 32 ans: le communiste Robert Hue, les centristes Jean Arthuis et Vanik Berberian et l'ex-socialiste Dominique Baert.

Emmanuel Macron décore (de G à D) de la Légion  d'Honneur Robert Hue, à l'Elysée le 18 novembre 2019
Emmanuel Macron décore (de G à D) de la Légion d'Honneur Robert Hue, à l'Elysée le 18 novembre 2019
POOL/AFP

C'est à Robert Hue qu'il a réservé son plus vibrant hommage, évoquant avec transport un communisme français bercé par Jean Ferrat et Aragon sans céder au "mirage soviétique".

"Nous manquons de dirigeants comme vous aujourd'hui", lui a-t-il lancé, le félicitant d'avoir "mené toute les luttes en ayant chevillé au corps ce qu'implique la République, la lutte contre la haine, le refus de la violence".

"Vous vous êtes rendu compte plus tôt que la plupart d'entre nous que le manège des partis (...) tournait à vide". "En 2014, dans votre livre, vous disiez +les partis vont mourir et il ne le savent pas+", a relevé le chef de l’État.

En 2002, vous avez vu ceux qui dans "l'électorat populaire se détournaient du communisme pour donner leur voix au Font national, apporter leur suffrage à un candidat d'extrême droite négationniste, et vous l'avez dénoncé", a-t-il dit.

"Cela a renouvelé votre détermination (...) de dépasser les clivages pour faire front à mes côtés lors de la campagne de 2017", a-t-il ajouté.

Il a également remercié Jean Arthuis, ex-sénateur et ex-député européen, qui a été l'un des premiers hommes politiques français à le soutenir, affirmant devoir beaucoup à sa "capacité de prendre des risques".

Pour la petite histoire, Jean Arthuis avait invité à la réception le compositeur-chanteur Laurent Voulzy dont il a été... le comptable.

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS. Marine Le Pen prostest in front of French senat
8min

Politique

Sénatoriales 2026 : le RN veut « tripler » son nombre de sénateurs et rêve de créer un groupe

Le RN se prépare dès maintenant pour les sénatoriales de septembre 2026. « Nous avons la volonté de doubler voire de tripler notre nombre de sénateurs », annonce à publicsenat.fr Ludovic Pajot, nommé directeur de campagne, soit frôler les dix sénateurs, permettant de créer un groupe. Mais avant cela, le parti devra réussir les municipales. Il entend, cette fois, éviter les « brebis galeuses ». Il cherche des candidats présentables, capables de « gérer une ville ».

Le

« Gilets jaunes »: Macron condamne les violences et les silences « complices »
3min

Politique

« Je ne souhaite pas participer aux ravages sociaux et écologiques en cours » assume cet étudiant qui a bifurqué 

En 2022, Théophile Duchateau, élève dans l’école d’ingénieur Agro ParisTech, fait partie du groupe de « bifurqueurs », surnommés ainsi après avoir annoncé publiquement lors de la remise de leur diplôme qu’ils préféraient renoncer à une carrière toute tracée dans un grand groupe. Théophile Duchateau, ancien élève ingénieur d’Agro ParisTech partage aujourd’hui sa vie entre son métier dans l’agroforesterie et l’engagement dans une ferme collective. Au micro de Quentin Calmet et face aux sénateurs, il assume une nouvelle forme de « travail » dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

« Gilets jaunes »: Macron condamne les violences et les silences « complices »
4min

Politique

« L’IA, j’y crois beaucoup » : le préfet de police de Paris défend son utilisation pour la surveillance vidéo des rodéos urbains et des manifestations

Auditionné au Sénat sur la sécurité de l’espace public, le préfet de police de Paris Patrice Faure a défendu le recours à la surveillance vidéo algorithmique pour détecter certains délits et encadrer les manifestations. « Donnez-nous le cadre législatif pour utiliser les moyens technologiques qui existent », a-t-il exhorté devant les sénateurs.

Le