« Gilets jaunes »: Macron en terrain sensible jeudi dans la Drôme
Presque autant de manifestants à Valence qu'à Paris le 5 janvier: Emmanuel Macron se rend jeudi dans la Drôme, où les contrastes...

« Gilets jaunes »: Macron en terrain sensible jeudi dans la Drôme

Presque autant de manifestants à Valence qu'à Paris le 5 janvier: Emmanuel Macron se rend jeudi dans la Drôme, où les contrastes...
Public Sénat

Par Marjorie BOYET

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Presque autant de manifestants à Valence qu'à Paris le 5 janvier: Emmanuel Macron se rend jeudi dans la Drôme, où les contrastes géographiques et les disparités économiques constituent un terreau fertile pour le mouvement des "gilets jaunes".

"La mobilisation des +gilets jaunes+ est forte dans la Drôme et en Ardèche car ce sont les lanternes rouges de la région en termes de chômage et beaucoup de gens vivent avec des minima sociaux ou de faibles retraites", analyse le maire LR de Valence Nicolas Daragon, qui figurera parmi les rares élus à rencontrer le chef de l'Etat jeudi dans la Drôme.

Le taux de chômage dans la Drôme atteignait 11,1% en 2016, contre 8,7% en Auvergne-Rhône-Alpes, selon l'Insee. Ce département affiche aussi le taux de pauvreté le plus élevé de la région.

Les bassins de vie ruraux de Buis-les-Baronnies, Die, Nyons et Dieulefit "font partie des 10% des bassins de vie français où le taux de pauvreté est le plus élevé", précise l'institut statistique dans une étude d'avril 2018.

"La Drôme est un concentré de France avec un axe le long de la Vallée du Rhône, très ouvert et très dynamique, et à côté, des zones au fort taux de chômage en raison de l'inadéquation entre les besoins des employeurs, notamment dans l'industrie, et les formations des chômeurs", explique la députée LREM de la Drôme, Mireille Clapot.

Si les "+gilets jaunes+ ne représentent pas l'ensemble de la population", la députée se fera toutefois le porte-voix auprès de M. Macron de certaines de leurs revendications comme le "souhait de justice fiscale" ou la reconnaissance du vote blanc.

- "Cas d'école" -

Fermeture des services publics comme la maternité de Die, remplacement des trains au profit de cars, "la vallée de la Drôme est vraiment un cas d'école de cette ruralité", souligne la conseillère régionale du Rassemblement citoyen écologiste et solidaire et élue du Diois, Corinne Morel Darleux.

"La réalité, c'est que toutes les politiques gouvernementales nous poussent à prendre la voiture car tout s'éloigne de nous", ajoute-t-elle.

Mme Morel Darleux pointe la "grossière erreur politique" du gouvernement de ne pas avoir entendu plus tôt cette colère, qui gronde au delà des rond-points autour des centres commerciaux et des échangeurs le long de l'autoroute A7 car nombreux sont les gens solidaires du mouvement.

A l'image de Dominique Bernier, 60 ans, qui anime une page Facebook consacrée aux "gilets jaunes" en Drôme/Ardèche. "Il faut qu'on puisse vivre dignement", déclare cette femme exaspérée de payer "des taxes sur des taxes" avec son allocation adulte handicapé de 860 euros.

"La venue de Macron, je n'en attends absolument rien. Qu'il écoute et c'est tout : ce débat national, c'est plus une campagne pour les Européennes qu'autre chose. C'est pour endormir le peuple", fustige la sexagénaire, qui ne pardonne pas au président de la République ses "propos méprisants".

Début décembre, les manifestations de "gilets jaunes" dans le secteur avaient connu un pic de violences avec d'importantes échauffourées juste de l'autre côté du Rhône au Pouzin (Ardèche) et les coups portés à un commissaire divisionnaire à Valence.

Depuis, des manifestations déclarées en préfecture se déroulent sans accroc chaque samedi dans le centre ville de Valence, réunissant plusieurs milliers de personnes - 3.000 le 5 janvier, quand à Paris ils étaient 3.500, selon les chiffres officiels.

Leur initiateur, Alex, n'est pas forcément à l'unisson du mouvement: "Je voulais que Macron nous écoute. Le gouvernement a entrouvert une porte sur le dialogue, maintenant il faut lui laisser le temps de prendre les bonnes mesures".

Ce "gilet jaune" juge bonne la démarche du président de rencontrer des maires de petites communes. "Macron ne connaît pas la réalité. J'espère que les maires lui feront prendre conscience de ce que ressentent les habitants", ajoute-t-il.

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