« Gilets jaunes »: Macron rejette « la démocratie de l’émeute »
Emmanuel Macron s'est élevé mardi contre "la démocratie de l'émeute", en opposant les "samedis de violence" au grand débat, alors...

« Gilets jaunes »: Macron rejette « la démocratie de l’émeute »

Emmanuel Macron s'est élevé mardi contre "la démocratie de l'émeute", en opposant les "samedis de violence" au grand débat, alors...
Public Sénat

Par Jérôme RIVET et Ingrid BAZINET

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Emmanuel Macron s'est élevé mardi contre "la démocratie de l'émeute", en opposant les "samedis de violence" au grand débat, alors qu'une petite majorité des Français souhaite désormais que le mouvement des "gilets jaunes" s'arrête.

"Il faut maintenant dire que lorsqu'on va dans des manifestations violentes, on est complice du pire", a jugé le chef de l'Etat lors d'un débat avec les élus du Grand Est à l'Elysée.

Pour lui, il s'agit d'être "clair" après 15 samedis de suite de manifestations des "gilets jaunes", qui ont parfois dégénéré en heurts avec les forces de l'ordre. "Il n'y a pas toujours eu cette clarté", a-t-il regretté.

Le chef de l'Etat répondait à une interpellation du président de la région Grand Est, Jean Rottner (LR), qui a appelé l'Etat à une plus grande fermeté pour "arrêter ce climat d'émeute hebdomadaire".

"Vous faites preuve de conviction, de dialogue, nous avons besoin aussi de preuve d'autorité. La force de la République doit s'imposer aujourd'hui", a-t-il déclaré en s'adressant au chef de l'Etat.

"Nous ne pouvons, de manière raisonnable, pas interdire les manifestations", lui a répondu Emmanuel Macron, en citant notamment le droit constitutionnel à descendre dans la rue.

Insistant sur "la grande difficulté" du maintien de l'ordre, il a salué "le travail remarquable" des policiers et gendarmes mobilisés, car "c'est un miracle qu'après autant de samedis avec cette violence, il n'y ait eu aucun mort à déplorer de la part des forces de l'ordre".

Les "gilets jaunes" pointent du doigt les blessures provoquées par les forces de l'ordre et les armes controversées qu'elles utilisent. Le 3 décembre à Marseille, une femme de 80 ans était morte après avoir été blessée au visage par des éléments d'une grenade lacrymogène, qui l'avaient heurtée alors qu'elle fermait ses volets. Selon le parquet, le "choc facial" subi du fait du projectile n'avait pas été à l'origine de son décès.

- "Réponse démocratique" -

Emmanuel Macron a insisté sur le fait qu'avaient été "pleinement reconnus" la "vitalité, la force, le caractère incontestable de la demande légitime de millions de Français qui ont pu participer ou être sympathisants" des "gilets jaunes". "Je l'ai reconnu moi-même le 10 décembre", dans un discours au cours duquel il a annoncé plus de 10 milliards d'euros d'aide aux plus démunis.

"Jamais l'Etat ne s'est autant collectivement mobilisé face à un mouvement de ce type", a-t-il assuré, en évoquant le grand débat qu'il a lancé le 15 janvier et qui doit se poursuivre jusqu'au 15 mars.

"Je crois qu'aujourd'hui la place doit être au débat, à la réponse démocratique, et elle sera ensuite dans les urnes", selon lui.

Selon plusieurs sondages successifs, une majorité de Français souhaite désormais l'arrêt du mouvement des "gilets jaunes": 56% le 13 février pour Elabe, 52% le 17 février pour Ifop, et enfin 55% selon Odoxa lundi.

Le 7 février, ils étaient encore une courte majorité (52%) à souhaiter la poursuite du mouvement pendant le grand débat selon une étude YouGov, déjà bien loin des quelque 70% de soutien enregistrés en novembre 2018.

"Ce mouvement est en train de se dégrader (...) Aujourd'hui, on sombre dans une forme de pur nihilisme où il s'agit de détruire pour détruire", a dénoncé François-Xavier Bellamy, la tête de liste LR aux Européennes, lundi dans l’émission Audition publique sur LCP et Public Sénat, en partenariat avec l’AFP et Le Figaro.

Dans un tweet, le député Insoumis Eric Coquerel a dénoncé les derniers propos présidentiels: "Sous Macron celles et ceux qui exercent leur droit fondamental de manifester sont donc complices du pire! Quand les droits des opposants sont ainsi menacés est-on toujours en démocratie?"

"Avec ce genre de phrase méprisante et liberticide, je sens qu’il va y avoir encore plus de #complicesdupire samedi prochain", a pour sa part réagi Florian Philippot (Les Patriotes).

Partager cet article

Dans la même thématique

« Gilets jaunes »: Macron rejette « la démocratie de l’émeute »
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

« Gilets jaunes »: Macron rejette « la démocratie de l’émeute »
3min

Politique

Industrie musicale : « il n’y a plus de coup de cœur, on regarde le nombre de followers », La Grande Sophie

Trente ans de carrière, artiste inclassable, la Grande Sophie se tourne aujourd’hui vers la comédie musicale avec un nouveau spectacle inspiré de son premier livre « Tous les jours Suzanne ». Une nouvelle aventure qui caractérise à merveille son envie insatiable de créer. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle se livre sur son passé, son rapport à l’industrie musicale et sa relation particulière avec Françoise Hardy.

Le

« Gilets jaunes »: Macron rejette « la démocratie de l’émeute »
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le