Face au mouvement des "gilets jaunes", Emmanuel Macron a annoncé vouloir limiter l'impact des taxes sur les carburants et organiser une "grande...
« Gilets jaunes »: Macron veut aider « les fins de mois » difficiles mais maintient le cap
Face au mouvement des "gilets jaunes", Emmanuel Macron a annoncé vouloir limiter l'impact des taxes sur les carburants et organiser une "grande...
Par Jérôme RIVET, Marc PRÉEL
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Face au mouvement des "gilets jaunes", Emmanuel Macron a annoncé vouloir limiter l'impact des taxes sur les carburants et organiser une "grande concertation", sans toutefois renoncer à sa stratégie sur l'environnement et le nucléaire, avec la fermeture de 4 à 6 réacteurs d'ici à 2030.
Le chef de l'État a confié au ministre de la Transition écologique François de Rugy le soin de recevoir des représentants du mouvement, ce que ce dernier a fait dans la soirée, recevant pendant près de deux heures au ministère Eric Drouet et Priscillia Ludosky, deux des "porte-parole" d'une délégation mise sur pied lundi, qui en compte huit.
Lesquels sont ressortis plutôt remontés de la rencontre: "Les Français n'ont pas du tout été convaincus" par les annonces d'Emmanuel Macron, a lancé Eric Drouet, relayant un nouvel appel à manifester samedi prochain sur les Champs-Élysées.
François de Rugy leur a dit pour sa part que son gouvernement était "prêt à organiser des débats dans tous les départements où les citoyens qui sont impliqués dans les +gilets jaunes+ pourront venir s’exprimer".
Le discours très attendu d'Emmanuel Macron avait été rejeté plus tôt dans la journée par plusieurs de ces Français en colère ainsi que par l'opposition, qualifié de "vide absolu" par Marine Le Pen, de "désespérant" par les Républicains, et jugé "hors-sol" par l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon qui a dénoncé la "totale soumission au lobby nucléaire" du président.
Principales annonces d'Emmanuel Macron sur la transition écologiques, mardi à Matignon
AFP
"Fin du monde" ou "fin du mois", "nous allons traiter les deux et nous devons traiter les deux", a assuré M. Macron lors d'un discours à l'Élysée pour la présentation de la programmation pluriannuelle de l'énergie, en référence à la nécessité de concilier les enjeux climatiques et sociaux, pointée par l'ex-ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot.
Après dix jours de grogne des "gilets jaunes" contre la perte de pouvoir d'achat et la hausse des taxes sur les carburants, le président de la République a annoncé que leur fiscalité serait adaptée aux fluctuations des prix afin d'en limiter l'impact pour les Français qui utilisent beaucoup leur voiture.
"En cas de nouveau pic des prix, le gouvernement pourra décider de suspendre ou réduire la hausse de fiscalité intervenue en début d'année, pour ne pas aggraver inutilement la hausse déjà forte du prix à la pompe. En application de ce mécanisme, la hausse de la fiscalité aurait été suspendue entre juillet et octobre 2018, réduisant le prix à la pompe", a expliqué Matignon.
Le président Emmanuel Macron (c), le Premier ministre Edouard Philippe (5e g), le ministre de l'Ecologie François de Rugy (2e d) et le ministre des Finances Bruno Le Maire (d), lors d'une réunion sur la "Programmation pluriannuelle de l'énergie, le 27 novembre 2018 à l'Elysée, à Paris
POOL/AFP
Le chef de l'État a en outre annoncé une "grande concertation de terrain sur la transition écologique et sociale", rassemblant associations, élus et "représentants des gilets jaunes" pour, "dans les trois mois qui viennent", élaborer des "solutions", des "méthodes d'accompagnement".
Édouard Philippe est chargé de mener des consultations cette semaine pour définir l'organisation de cette concertation.
"Ceux qui disent que ce sont, au fond, toujours les mêmes qui font les efforts", "ont raison", a-t-il ajouté, fustigeant "40 ans de petites décisions" et les discours incitant "depuis des années" les Français à s'installer en périphérie des villes ou à rouler au diesel.
Mais si "nous devons entendre les protestations d'alarme sociale", ce sera "sans renoncer à nos responsabilités" car "il y a aussi une alarme environnementale", a toutefois réaffirmé le chef de l'État.
- Compromis nucléaire -
Sur l'épineuse question du nucléaire, Emmanuel Macron a choisi la voie du compromis en annonçant de 4 à 6 nouvelles fermetures de réacteurs d'ici à 2030, en plus des deux de Fessenheim, moins que ce qu'espéraient les écologistes, et un essor des énergies renouvelables.
L'exécutif veut fermer 14 des 58 réacteurs nucléaires français d'ici 2035 a annoncé mardi Emmanuel Macron
AFP
Il tranche entre les voeux du ministre de la Transition écologique François de Rugy - et de son prédécesseur Nicolas Hulot -, qui voulaient six arrêts supplémentaires d'ici à 2028, et Bercy, qui voulait repousser les fermetures à l'après 2029, tout comme EDF.
Emmanuel Macron a confirmé que la part du nucléaire serait ramenée à 50% de la production d'électricité à l'horizon 2035, contre un objectif initial à 2025 dans la loi de transition énergétique.
Des "gilets jaunes" ont immédiatement rejeté ce discours. "Macron garde le cap, nous aussi", clamaient mardi une cinquantaine de "gilets jaunes" installés dans leur nouveau "quartier général", sur un rond-point de Trégueux (Côtes-d'Armor).
Côté politique, seul le MoDem saluait le "nouveau prisme" donné par le président "pour regarder notre avenir".
A droite, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, a dénoncé un discours "à côté de la plaque" avec une "concertation pipeau".
L'écologiste Yannick Jadot, un des rares politiques à soutenir la hausse de la fiscalité des carburants proposée par le gouvernement, s'est dit "stupéfait" du manque d'annonces sociales.
Au sein de la majorité, le député LREM Mathieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, s'est dit "déçu" qu'aucune nouvelle mesure d'accompagnement social n'ait été annoncée mardi, alors que "les solutions sont connues".
"Ce que nous voulons c'est que personne ne soit laissé seul face à la transition écologique", a de nouveau plaidé le Premier ministre Édouard Philippe lors des questions au gouvernement, à l'Assemblée.
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