Gilles Platret : « Si Damien Abad veut être honnête avec les idées qu’il a défendues, il doit démissionner », de la présidence du groupe LR à l’Assemblée
Alors que la nomination du nouveau gouvernement est attendue dans les prochains jours, le LR Gilles Platret lance sur Public Sénat un avertissement aux membres de sa famille politique qui seraient tentés de rejoindre la majorité. En ligne de mire : Damien Abad, le président du groupe LR à l’Assemblée nationale, et dans la circonscription duquel aucun candidat Renaissance n’a été investi.

Gilles Platret : « Si Damien Abad veut être honnête avec les idées qu’il a défendues, il doit démissionner », de la présidence du groupe LR à l’Assemblée

Alors que la nomination du nouveau gouvernement est attendue dans les prochains jours, le LR Gilles Platret lance sur Public Sénat un avertissement aux membres de sa famille politique qui seraient tentés de rejoindre la majorité. En ligne de mire : Damien Abad, le président du groupe LR à l’Assemblée nationale, et dans la circonscription duquel aucun candidat Renaissance n’a été investi.
Romain David

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Élisabeth Borne a été nommée Première ministre lundi par Emmanuel Macron. À présent que le nom de la cheffe de gouvernement est connu, une seconde séquence devrait s’ouvrir rapidement, celle de nominations ministérielles. La valse des investitures pourrait semer la confusion chez une partie des oppositions, au regard des nombreux débauchages opérés durant la campagne présidentielle, en particulier dans les rangs des Républicains. « Je sais bien que des approches ont été faites », a confié mardi matin le maire LR de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret, qui était invité de notre matinale, « Bonjour chez vous ».

« J’ai toujours souhaité la clarté. Nous sommes dans une démocratie, on a le droit d’avoir des idées différentes des uns et des autres. Mais on a un devoir : arrêter d’en changer toutes les 5 minutes en fonction des opportunités. On peut vivre une vie extraordinaire sans devenir ministre ! », s’agace cet élu. En mémoire : l’entrée au gouvernement, en 2017, de trois poids lourds de la droite : Edouard Philippe, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin. Faut-il s’attendre à une nouvelle fuite des cerveaux alors que des personnalités comme Éric Woerth, Christian Estrosi, Renaud Muselier, Catherine Vautrin ou encore Natacha Bouchart, ont déjà apporté leur soutien au chef de l’Etat ?

« Je le dis à certains des miens qui sont souvent tentés de faire des contorsions gymniques, pour arriver à se contredire, à être en cour et ainsi rentrer au gouvernement : cela leur fera une ligne sur leur fiche Wikipédia, mais n’apportera rien au débat politique », avertit Gilles Platret. « Quand on a un ralliement de ce genre, il faut voir les effets désastreux que cela produit sur nos compatriotes », observe-t-il. « La prise de guerre donne l’image d’une absence de conviction et d’une démocratie qui est en train de se déliter. […] Je sais que la tentation est grande, j’espère qu’ils n’y céderont pas. Ils vont jouir d’une gloire éphémère, mais porteront surtout un opprobre qui va durer longtemps. »

Le cas Damien Abad dans le viseur des LR

Cet avertissement est-il adressé à Damien Abad, le président du groupe LR à l’Assemblée nationale ? « Entre autres », admet Gilles Platret. Le député de l’Ain est suspecté par sa famille politique de négocier une place dans le futur gouvernement depuis qu’il a rencontré l’ex-LR Thierry Solère, l’un des conseillers politiques d’Emmanuel Macron. Lundi, c’est le député Aurélien Pradié qui a sonné la charge contre son collègue. « Je lui demande à lui, comme aux autres, de cesser de prendre ses amis, ses collègues, et les Français, pour des imbéciles, ça ferait du bien à la démocratie […] Arrêtons d’avoir le cul entre deux chaises », a-t-il lancé au micro d’ « Audition publique » sur Public Sénat / LCP-Assemblée nationale. En cause : l’absence de candidat Renaissance (ex-LREM) dans la circonscription de Damien Abad, un choix assumé par la majorité sortante.

Gilles Platret rappelle pour sa part que Damien Abad et Philippe Juvin ont refusé de voter en faveur de la ligne d’indépendance que Les Républicains ont choisi d’adopter pour les législatives. « Je pense qu’à ce titre-là, ne suivant pas une ligne d’indépendance, il ne peut pas rester président du groupe des députés », martèle le maire de Chalon-sur-Saône. « Qu’est-ce qu’on attend, qu’il rentre au gouvernement pour que les gros titres soient : ‘le président du groupe LR rejoint Monsieur Macron ?’ », s’agace-t-il. « Tant qu’il n’a pas franchi le pas, il n’a pas besoin d’être exclu, mais il y a des questions de logique politique et d’honnêteté intellectuelle. S’il veut être honnête avec les idées qu’il a défendues, les électeurs et les militants qu’ils l’ont aidé à être là où il est, il doit démissionner. Cela aurait déjà dû être fait », conclut Gilles Platret.

Partager cet article

Dans la même thématique

France Fighting Fake News
3min

Politique

La chroniqueuse pro-russe Xenia Fedorova visée par un arrêté d’expulsion du territoire français

La chroniqueuse prorusse Xenia Fedorova, ancienne patronne de la chaîne d'État russe RT en France et accusée d'être la voix du Kremlin dans des médias français, s'est vu remettre mercredi un arrêté ministériel d'expulsion, a indiqué à l'AFP la place Beauvau, confirmant une information de Libération. Selon l’AFP, cette dernière va “immédiatement former un recours” contre cet arrêté d’expulsion.

Le

FRA – PARIS – CONSEIL CONSTITUTIONNEL
6min

Politique

Aide à mourir : les sénateurs socialistes présentent leurs observations au Conseil constitutionnel 

Après l’adoption de la loi sur la fin de vie par le Parlement et les multiples saisines du conseil constitutionnel, les sénateurs socialistes ont adressé leurs observations juridiques au Conseil constitutionnel. A travers leurs arguments, les sénateurs défendent le texte tel qu’il est sorti de la navette parlementaire et son respect des droits fondamentaux.

Le

Capture d’écran du documentaire « Michel Debré et La Réunion, dérives d’une ambition républicaine » d’Alice Cohen
4min

Politique

Les « docus de l’été » : L’histoire oubliée de l’île de La Réunion

C’est un chapitre méconnu de l’histoire de France : la politique menée par Michel Debré à La Réunion entre 1963 et 1988. Pendant vingt-cinq ans, l’ancien Premier ministre du général de Gaulle mettra tout en œuvre pour contenir les velléités autonomistes qui traversent l’île, notamment celles portées par les communistes réunionnais. Traumatisé par l’indépendance de l’Algérie, inquiet de la montée des mouvements anticoloniaux et frappé par la misère qui touche alors une grande partie de la population, il engage une politique volontariste de modernisation fondée sur de grands travaux, des investissements massifs mais aussi des mesures beaucoup plus contestées, comme le transfert de milliers de mineurs vers la métropole. Cette période complexe et controversée de l’histoire réunionnaise est au cœur du documentaire d’Alice Cohen, "Michel Debré et La Réunion", dérives d’une ambition républicaine à voir cet été sur Public Sénat.

Le