Giscard/ Macron : « Ce sont des personnalités de rupture, qui ont apporté de la nouveauté dans le paysage institutionnel »
La sénatrice d’Ille-et-Vilaine liste les similitudes qu’il existe entre Valéry Giscard d’Estaing et Emmanuel Macron, mais estime qu’il reste au Président « un apprentissage à mener », notamment sur sa manière d’appréhender le Parlement.

Giscard/ Macron : « Ce sont des personnalités de rupture, qui ont apporté de la nouveauté dans le paysage institutionnel »

La sénatrice d’Ille-et-Vilaine liste les similitudes qu’il existe entre Valéry Giscard d’Estaing et Emmanuel Macron, mais estime qu’il reste au Président « un apprentissage à mener », notamment sur sa manière d’appréhender le Parlement.
Public Sénat

Par Marylou Magal

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Un accès au pouvoir très jeunes, une grande volonté de réformer. Au lendemain de la mort de Valéry Giscard d’Estaing, nombreux sont les commentateurs qui établissent un parallèle entre les profils de l’ancien président de la République et de l’actuel chef de l’Etat Emmanuel Macron. C’est le cas de la sénatrice UDI, Françoise Gatel, qui liste les similitudes qu’elle a pu retrouver entre les deux hommes d’Etat. « Ils se ressemblent », soutient-elle. « Ils ont tous les deux été ministre de l’Economie et des Finances, ils ont connu des moments de crise, et ont entrepris tous les deux des réformes sociales assez conséquentes. Ce sont des personnalités de rupture, qui ont apporté un peu d’air frais ou de la nouveauté dans le paysage institutionnel. »

Le septennat de Valéry Giscard d’Estaing, marqué par de grandes réformes sociétales, comme le passage de la majorité à 18 ans, la légalisation de l’IVG, ou le divorce par consentement mutuel, lui vaut sa réputation de réformateur moderne, désireux de faire bouger les lignes du pays qu’il dirigea. Une force réformatrice que Françoise Gatel retrouve aujourd’hui chez Emmanuel Macron. « Valéry Giscard d’Estaing a conduit et mené un certain nombre de réformes importantes », rappelle-t-elle. « Le président de la République en a mené certaines, et tend à vouloir en conduire d’autres. Ils ont cette même volonté de faire bouger la France, de la sortir d’une sorte de train-train, et en même temps il faut avoir la capacité à réussir cela, et c’est là où ils sont un peu différents » estime la sénatrice.

Un apprentissage à mener sur le Parlement pour Emmanuel Macron

 

Car si les deux chefs de l’Etat ont des points communs, il existe bien des différences dans leurs profils, notamment dans la manière de mener ces réformes, selon la sénatrice d’Ille-et-Vilaine. « Valéry Giscard d’Estaing était issu de cet univers de l’action publique, dont il maîtrisait les difficultés et les subtilités. Emmanuel Macron, c’est plutôt Bonaparte devant le pont d’Arcole, il fonce tête baissée. Alors que l’on voit bien que pour que ces importants changements sociétaux soient acceptés, il faut pouvoir conduire ce changement, et Emmanuel Macron n’a pas cette culture de l’univers qu’il veut bouleverser. C’est là où il a un apprentissage à faire ».

Autre différence entre les deux hommes, selon l’élue de la Haute assemblée : leurs différentes manières d’appréhender le Parlement. « Valéry Giscard d’Estaing connaissait l’univers du Parlement, il n’en sous-estimait pas l’importance et savait que pour réussir ses réformes il devait emmener les autres avec lui », analyse Françoise Gatel. « Le Président ne méprise pas le Parlement, mais il est dans une logique du « ça passe ou ça casse » et n’a pas compris que dans ce pays il fallait respecter et fédérer tous ceux qui ont la capacité de diriger. Et cet apprentissage doit être accéléré aujourd’hui. »

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Giscard/ Macron : « Ce sont des personnalités de rupture, qui ont apporté de la nouveauté dans le paysage institutionnel »
3min

Politique

« Soit je quittais l’Afghanistan, soit j’étais morte » : le récit bouleversant de la fuite de cette para-athlète de son pays

Désormais, Zakia Khudadadi concourt sous les couleurs de la France. Un épilogue heureux pour cette championne de para-taekwondo qui a fui son pays en 2021 lors de la prise de pouvoir des talibans. Un récit émouvant, ainsi qu’un combat personnel mené aussi bien sur les tapis que dans la vie, qu’elle raconte au micro de Caroline Delage dans Sport etc… sur Public Sénat.

Le

Giscard/ Macron : « Ce sont des personnalités de rupture, qui ont apporté de la nouveauté dans le paysage institutionnel »
6min

Politique

Breturn : « La porte est ouverte, ils n'ont qu'à revenir ! » lance cet eurodéputé espagnol

Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Le

FRA – VOEUX DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
11min

Politique

Marine Le Pen demande la démission de Richard Ferrand : le président du Conseil constitutionnel est-il vraiment sorti de sa réserve ?

Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.

Le