Glyphosate : il n’est pas question de « lâcher du lest », affirme Brune Poirson
En visite au salon de l’agriculture ce mardi, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Écologie défend la nouvelle position du gouvernement sur le glyphosate. Certains secteurs pourraient se voir accorder un délai plus long pour stopper l’utilisation du désherbant. Le détail des dérogations sera annoncé à la fin du mois de mars, selon elle.  

Glyphosate : il n’est pas question de « lâcher du lest », affirme Brune Poirson

En visite au salon de l’agriculture ce mardi, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Écologie défend la nouvelle position du gouvernement sur le glyphosate. Certains secteurs pourraient se voir accorder un délai plus long pour stopper l’utilisation du désherbant. Le détail des dérogations sera annoncé à la fin du mois de mars, selon elle.  
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Le monde agricole doit vivre une transition qui est très importante », affirme la secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire. Au micro de Saveria Rojek, elle soutient que l’agriculture française doit « passer du stade d’exploitations agricoles productivistes à une agriculture qui soit plus respectueuse de l’environnement » en adéquation avec « les attentes des consommateurs ».

Une entreprise qui peut s’avérer périlleuse, comme en témoignent les récentes polémiques autour de l’interdiction du glyphosate. En dépit des crispations que suscite le débat sur les pesticides, Brune Poirson veut croire « qu’il y a une vraie prise de conscience dans le monde agricole », et d’assurer que le gouvernement sera « aux côtés des agriculteurs pour les accompagner » vers une transition écologique.  

« À la fin du mois de mars, il y a un plan qui va être annoncé (…) et c’est vrai qu’il y a peut-être des secteurs dans lesquels ça va être plus difficile, il faudra peut-être un peu plus de temps »

Le président de la République, qui a milité pour la sortie du glyphosate, a récemment édulcoré sa position. Cette substance, présente dans le désherbant le plus vendu au monde, a fait scandale après qu’une agence de l’Organisation mondiale de la santé l’a classée dans la catégorie des « cancérogènes probables ». Emmanuel Macron avait assuré que l’interdiction de cette substance serait effective dans 3 ans – soit deux années plus tôt que l’exige l’Union européenne – mais des dérogations devraient être mises en place.

Il n’est pas question de « lâcher du lest », se défend Burne Poirson qui justifie la nouvelle position du gouvernement. Selon elle, l’objectif consiste à parvenir « pragmatiquement à sortir peu à peu du glyphosate, ça ne se fait pas du jour au lendemain ». Le président de la République n’a pas précisé les modalités de ces dérogations. « À la fin du mois de mars, il y a un plan qui va être annoncé (…) et c’est vrai qu’il y a peut-être des secteurs dans lesquels ça va être plus difficile, il faudra peut-être un peu plus de temps », renseigne la secrétaire auprès du ministre de l’Écologie.  

Nicolas Hulot « s’est exprimé dans le Journal du dimanche et il va continuer à le faire »

Interrogée sur l’absence remarquée de Nicolas Hulot au salon de l’agriculture, la secrétaire d’État s’empresse de défendre son ministre de tutelle. « Nicolas Hulot est quelqu’un qui a des convictions, pour qui les questions agricoles et les questions de transition écologique dans le monde agricole sont absolument essentielles », assure Brune Poirson qui explique que ce dernier reçoit beaucoup d’acteurs du monde agricole au ministère. Les polémiques entourant Nicolas Hulot et son manque de popularité auprès du monde agricole expliquent sans doute son absence et la rareté de sa parole. « Il s’est exprimé dans le Journal du dimanche et il va continuer à le faire », assure toutefois Brune Poirson.              

[Edit] Après cette interview, le ministre de la Transtion écologique et solidaire s'est finalement rendu au salon de l'agriculture en compagnie de la ministre de l'enseignement supérieur, Frédérique Vidal. 

Partager cet article

Dans la même thématique

Glyphosate : il n’est pas question de « lâcher du lest », affirme Brune Poirson
3min

Politique

« Scroller sur son téléphone tue l’empathie, on est anesthésié », Tina Kieffer

Journaliste de renom passée par « Frou Frou » et les rédactions engagées de « Marie Claire » et « DS Magazine », elle a mis l’engagement humanitaire au cœur de sa vie après la rencontre bouleversante d’une petite fille cambodgienne. Une petite fille qui deviendra sa fille adoptive et qui donnera son nom à l’école « Happy Chandara ». L’établissement fête cette année ses 20 ans, il est aujourd’hui un campus et il forme des milliers de filles, petites et grandes, qui participent activement à la reconstruction d’un pays meurtri par le génocide et la dictature des Khmers rouges. Cette semaine, Tina Kieffer est l’invitée de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard.

Le

Glyphosate : il n’est pas question de « lâcher du lest », affirme Brune Poirson
3min

Politique

« Soit je quittais l’Afghanistan, soit j’étais morte » : le récit bouleversant de la fuite de cette para-athlète de son pays

Désormais, Zakia Khudadadi concourt sous les couleurs de la France. Un épilogue heureux pour cette championne de para-taekwondo qui a fui son pays en 2021 lors de la prise de pouvoir des talibans. Un récit émouvant, ainsi qu’un combat personnel mené aussi bien sur les tapis que dans la vie, qu’elle raconte au micro de Caroline Delage dans Sport etc… sur Public Sénat.

Le

Glyphosate : il n’est pas question de « lâcher du lest », affirme Brune Poirson
6min

Politique

Breturn : « La porte est ouverte, ils n'ont qu'à revenir ! » lance cet eurodéputé espagnol

Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Le