Gouvernement Barnier : « Nous le plaçons sous surveillance », prévient Sébastien Chenu, député Rassemblement national  

Invité de la matinale de Public Sénat, le député du Nord et porte-parole du Rassemblement national Sébastien Chenu a réitéré ne pas vouloir censurer « a priori » le gouvernement Barnier et le placer « sous surveillance ».  
Camille Romano

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Pas de censure de Michel Barnier « a priori » pour le Rassemblement National : Sébastien Chenu invité de la matinale de Public Sénat a tenu la ligne déjà énoncée par Marine Le Pen et Jordan Bardella. Le porte-parole du parti a répété attendre le « discours de politique générale » du nouveau Premier ministre : « Nous le plaçons sous surveillance, c’est assez classique : le Parlement surveille et contrôle l’action du gouvernement. » « On lui laisse sa chance de changer de cap, de nous montrer qu’il est capable de changer de logiciel et de faire évoluer diamétralement la politique menée par Emmanuel Macron. », a-t-il poursuivi, sans pour autant indiquer donner un blanc-seing au nouveau locataire de Matignon : « A partir du moment où nous avons accepté de ne pas censurer immédiatement, nous allons être particulièrement exigeants sur la suite et nous gardons la possibilité de le censurer dans les semaines et les mois qui suivent. »

Vigilance sur la proportionnelle

 

Sébastien Chenu a énoncé plusieurs sujets sur lesquels le Rassemblement national mettra « sous surveillance » Michel Barnier. Parmi les priorités pour le parti, l’introduction d’un scrutin à la proportionnelle : « Il faut sortir de ce blocage institutionnel et pour en sortir, c’est la proportionnelle à un tour », a asséné le député. « On peut ouvrir le dossier et voir quel type de scrutin on fait : est-ce que c’est une proportionnelle départementale, où se situe le seuil, est – ce que c’est une dose de proportionnelle ? » ouvrant plusieurs pistes de réflexion sur ce serpent de mer institutionnel.

 

« Il n’y a pas de censure a priori, il n’y a pas de motion de censure « spontanée ». Mais il peut l’être demain sur son budget, il peut l’être sur un certain nombre de textes. », répète Sébastien Chenu, tout en concédant à Oriane Mancini que le premier « test » de Michel Barnier sera le budget, dont le projet doit être déposé à l’Assemblée nationale avant le 1er octobre.  « Michel Barnier va construire un budget, il va poser des actes politiques importants, nous montrant qu’il change de politique, et on va voir si sur l’immigration, la sécurité, le pouvoir d’achat des Français, il y a des gestes forts. », a développé le porte-parole du RN.

 

Une censure du budget ?

Pourraient-ils voter ce premier budget Barnier ? Rien n’est moins sûr : « Nous n’avons jamais voté un budget de la Macronie et Michel Barnier est un adversaire politique… », réplique Sébastien Chenu. Et de nuancer : « Ne pas voter le budget, cela va déclencher probablement un 49-3 et ensuite il y aura des motions de censure. Cela ne veut pas dire voter la censure immédiatement, ne pas voter le budget. Vous savez que quand on vote la censure, ne sont pris en compte que ceux qui la votent… On va voir comment [Michel Barnier] manœuvre… »

Le député du Nord a écarté la possibilité de censurer le gouvernement sur l’unique base de sa composition : « Ce serait très malvenu que Michel Barnier compose un gouvernement qui recyclerait les macronistes battus. Si l’idée c’est de remettre les Darmanin, Dati, […] c’est se moquer des Français. On ne censure pas un premier ministre sur la base de son gouvernement, mais sur la base de sa politique. Mais cela donne une indication de la direction dans laquelle il souhaite travailler » a-t-il conclu.

 

 

 

 

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Assemblee Nationale – Questions au Gouvernement
4min

Politique

Sénatoriales 2026 : La France insoumise lance ses troupes à l’assaut d’un Sénat qui lui échappe encore

À deux mois des élections sénatoriales du 27 septembre, La France insoumise dévoile ses 90 têtes de liste dans les départements concernés par le renouvellement de la moitié de la Haute Assemblée. Sans aucun sénateur à ce jour, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon espère transformer sa percée aux municipales en premiers sièges au Palais du Luxembourg.

Le

L Assemblee adopte l’interdiction des reseaux sociaux aux moins de 15 ans
5min

Politique

Réseaux sociaux : députés et sénateurs s’accordent sur une interdiction totale aux moins de 15 ans

Réunis en commission mixte paritaire ce lundi, les sept députés et sept sénateurs se sont mis d’accord sur l’interdiction de tous les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Elle s’applique à toutes les plateformes, sans opérer de distinction comme le souhaitait initialement le Sénat. Emmanuel Macron veut appliquer le texte dès la rentrée, mais sa portée pourrait être limitée puisque la Commission européenne cherche à reprendre la main sur le sujet.

Le

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le