Gouvernement Bayrou : « Il a raté ses premières 48 heures, plus personne ne comprend rien », tacle Marine Tondelier 

Invitée de la matinale de Public Sénat, la patronne des écologistes est revenue sur les consultations menées par le Premier ministre. Marine Tondelier regrette l’absence de propositions écologistes de la part de François Bayrou et estime que le Premier ministre « pave le chemin de sa propre censure ».
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Je suis arrivée inquiète, je suis sortie chamboulée », affirme la secrétaire nationale des écologistes, Marine Tondelier, à propos de son entretien avec le Premier ministre. Reçus hier à Matignon, les écologistes s’étonnent de l’absence de ligne politique pour le gouvernement. « Il ne sait pas où il va », soupire la cheffe des écologistes. Pourtant, les écologistes assurent s’être rendus à Matignon « de la manière la plus constructive possible ».  

« Il n’est plus crédible pour grand-chose »  

Malgré cette démarche constructive, François Bayrou n’a pas vraiment répondu aux attentes. Interrogé sur les politiques écologiques qu’il comptait mettre en place, Marine Tondelier rapporte que François Bayrou a évoqué la construction de pistes cyclables, à Pau. Des déclarations qui n’ont pas convaincu les écologistes, surtout après la polémique sur la participation de François Bayrou au conseil municipal de Pau. « Malheureusement, il n’est plus crédible pour grand-chose. On a besoin d’un Premier ministre à plein temps. Il a raté ses premières 48 heures, plus personne ne comprend rien », s’agace Marine Tondelier.  

Dans ces conditions, et alors qu’il compte reprendre le budget voté par le Sénat, François Bayrou s‘expose à la censure des députés écologistes. « Je n’ai aucun argument pour ne pas voter cette censure. Pour voter un budget qui va sabrer le budget des collectivités territoriales ? Qui va faire zéro euro sur les pistes cyclables ? Qui va sabrer la rénovation thermique des logements ? », énumère Marine Tondelier qui s’étonne que le Premier ministre n’ait pas davantage essayé de les convaincre de ne pas voter la censure.  

« Le choix de ce Premier ministre est un outrage » 

 Une censure que Marine Tondelier juge inévitable compte tenu du choix du Premier ministre et des conditions dans lesquelles ce choix a été fait. « Le choix de ce Premier ministre est un outrage, il a d’ailleurs dû se rouler dans le bureau du Président de la République pour obtenir le poste, ça en dit long », relève la patronne des écologistes. Cette dernière s’inquiète également de la composition du futur gouvernement que François Bayrou a commencé à évoquer, hier, avec Emmanuel Macron. « Le périmètre du gouvernement va être exactement le même que celui de Michel Barnier », s’insurge Marine Tondelier qui prédit que « les mêmes causes produiront les mêmes effets ». Par ailleurs, le maintien de Bruno Retailleau au ministère de l’intérieur fait office de repoussoir absolu pour la gauche. « Comment voulez-vous que nous soutenions un gouvernement qui mène la politique de l’extrême droite sur l’immigration ? » demande Marine Tondelier. Néanmoins, le principal intéressé estime pour l’instant que « les conditions ne sont pas réunies » pour une participation de LR au gouvernement 

Pour Marine Tondelier, il n’existe qu’une seule solution, que le Président de la République appelle la gauche à gouverner. Pour autant, la secrétaire nationale des écologistes n’appelle pas à la démission d’Emmanuel Macron, estimant qu’une élection présidentielle ne serait pas de nature à apaiser la situation politique. « Dans la situation d’urgence dans laquelle nous sommes, la seule solution c’est que le camp présidentiel accepte le résultat des élections », tranche Marine Tondelier. 

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: S. Lecornu protection debat democratique contre les ingerences
7min

Politique

Avant la présidentielle de 2027, le gouvernement muscle son arsenal contre les ingérences étrangères

Après les tentatives de manipulation détectées lors des élections municipales et face à la multiplication des campagnes de désinformation alimentées par les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle, le gouvernement présente un projet de loi destiné à renforcer la protection du débat démocratique. Le texte durcit les sanctions pénales, élargit les procédures judiciaires de retrait des fausses informations et crée une commission indépendante chargée d’alerter le public en cas d’ingérence étrangère. Une première réponse saluée par plusieurs parlementaires, qui la jugent néanmoins incomplète.

Le

Marine Le Pen Campaigns in Northern France to Support Local Candidates
7min

Politique

« Il faut pousser les murs » : comment le Sénat se prépare à l’arrivée possible d’un groupe RN après les sénatoriales de septembre

Le RN espère, après les sénatoriales, atteindre le seuil des dix sénateurs pour créer le premier groupe RN de l’histoire du Sénat. Un enjeu symbolique, de moyens sur le plan parlementaire, et politique pour Marine Le Pen. Elle pourrait jouer de cette dynamique pour la présidentielle. Les conséquences sont aussi très pratiques au sein du Palais du Luxembourg, où l’administration doit faire de la place pour se préparer à l’arrivée éventuelle d’un groupe RN.

Le

Capture d’écran du documentaire « Hossegor, histoires d’utopistes » de Guillaume Estivie
6min

Politique

Les « docus de l’été » : Hossegor, une cité balnéaire façonnée au fil des utopies

Voici 100 ans que l’histoire de la côte basque s’écrit, traversée par de multiples révolutions… culturelle, architecturale, ou encore sportive. Une communion entre les Hommes et la nature qui a permis à un petit quartier de la commune de Soorts de s’émanciper pour devenir la célèbre station balnéaire d’Hossegor, dans le département des Landes. Mais qui sont les écrivains qui décident de s’installer au bord du lac marin à l’aube du XXe siècle ? Quel héritage reste-t-il de ces amoureux de la côte basque ? "Hossegor, histoires d’utopistes", un documentaire de Guillaume Estivie à voir cet été sur Public Sénat.

Le