Gouvernement Bayrou : « Suspendre la réforme des retraites, c’est sauter dans l’inconnu », prévient Vincent Jeanbrun  

Invité de la matinale de Public Sénat, le député LR du Val-de-Marne, Vincent Jeanbrun a détaillé la position de son groupe sur une éventuelle suspension de la réforme des retraites. Une ligne rouge pour la droite qui envisage néanmoins certaines modifications de la réforme de 2023, notamment sur les carrières longues.
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« On est encore dans la phase de discussion », relève le député et porte-parole de la droite républicaine, Vincent Jeanbrun. A la veille de la déclaration de politique générale de François Bayrou, les négociations entre la gauche et le gouvernement se poursuivent pour conclure un accord de non-censure. Au cœur des tractations, la suspension de la réforme des retraites de 2023, le temps de s’entendre sur des modifications à effectuer. Une démarche dangereuse pour la droite républicaine qui estime que le budget doit avant tout intégrer des économies. Le président de la droite républicaine à l’Assemblée nationale, Laurent Wauquiez a qualifié « d’irresponsable » une suspension de la réforme sans financement. 

Pour LR, la suspension serait une absurdité 

« Suspendre la réforme des retraites, c’est sauter dans l’inconnu d’un point de vue budgétaire », prévient le député du Val de Marne, Vincent Jeanbrun. Le président du Sénat, Gérard Larcher, s’est positionné contre toute suspension ou abrogation de la réforme des retraites évoquant le coût d’une telle suspension. En effet, la Caisse nationale d’assurance vieillesse estime à 3,4 milliards le coût d’une suspension en 2025. Un coût que le parti socialiste propose de compenser en mobilisant le Fonds de réserve pour les retraites, doté de plus de 20 milliards d’euros. « Suspendre la réforme, c’est envoyer un message dangereux », continue Vincent Jeanbrun qui prévient qu’il ne faut pas « tout donner à la gauche ». Selon le député du Val-de-Marne, s’accorder avec la gauche reviendrait à prendre un risque sur le long terme. « Survivre trois quatre mois de plus dans un pacte de non-censure pour plonger le pays sur le très long terme dans le chaos, ce serait une telle absurdité. Nous ne sommes pas ceux qui menaçons de censure », rappelle Vincent Jeanbrun alors que le PS a voté la censure du gouvernement de Michel Barnier. 

« Que la réforme des retraites qui avait été conduite de manière expéditive puisse être rediscutée, pas de problème » 

Malgré cela, le député de la Droite républicaine se dit ouvert à une modification de la réforme telle que votée en 2023. « On doit se rappeler à une humilité évidente, les Français n’ont donné de majorité à personne », rappelle Vincent Jeanbrun. « Que la réforme des retraites qui avait été conduite de manière expéditive puisse être rediscutée, pas de problème », pointe Vincent Jeanbrun qui évoque notamment la situation des carrières longues sur laquelle LR est prêt à soutenir une évolution. « Mais sans suspendre », conclut Vincent Jeanbrun, catégorique. 

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: JM Melenchon conference de presse comptes publics
8min

Politique

Présidentielle 2027 : avec la « Nouvelle France », Jean-Luc Mélenchon fait de l’écologie la clé de voûte de son programme

Avec 1 069 mesures, dont 238 nouvelles, La France insoumise dévoile vendredi 6 novembre une nouvelle édition de son programme présidentiel, L’Avenir en commun. Si les marqueurs historiques du mouvement sont largement reconduits, l’écologie en devient la porte d’entrée. Derrière ce changement de priorité, Jean-Luc Mélenchon cherche à imposer un nouveau récit, celui de la « Nouvelle France », qui succède à l’« union populaire » de 2022.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government
12min

Politique

Souveraineté et emplois : quelle est la feuille de route du gouvernement en matière d’intelligence artificielle ?

En quelques années, l’Intelligence artificielle est devenu un sujet politique majeur. Son émergence constitue un véritable bouleversement en matière de sécurité numérique, de compétitivité et d’emploi. Auditionnée par le Sénat le 4 novembre, Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique est revenue sur la stratégie du gouvernement en la matière.

Le